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Ses patients avaient en moyenne 23 couronnes: un dentiste de la Côte d'Azur poursuivi pour soins imaginaires et mutilations

Mis à jour le 09/04/2021 à 14:44 Publié le 09/04/2021 à 13:41
Le dentiste niçois déclarait poser douze fois plus de couronnes que la moyenne de ses collègues.

Le dentiste niçois déclarait poser douze fois plus de couronnes que la moyenne de ses collègues. Photo Franck Fernandes

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Ses patients avaient en moyenne 23 couronnes: un dentiste de la Côte d'Azur poursuivi pour soins imaginaires et mutilations

La caisse d’assurance maladie estime son préjudice à 700.000 euros. Eric Osquinarena obtenait des remboursements pour des soins imaginaires. Il est par ailleurs mis en examen pour des mutilations.

C’était le roi de la couronne. Le Dr Eric Oquinarena, 59 ans, chirurgien-dentiste rue Pastorelli à Nice, en posait douze fois plus que la moyenne de ses confrères. Mieux, il en demandait le paiement à la Sécurité sociale pour ses patients bénéficiaires de la CMU sans même parfois les poser.

Des soins fictifs (près de 500 en 2013) et des remboursements indus évalués par Me Benoît Verignon, avocat de la CPAM des Alpes-Maritimes, à 705.000 euros entre 2012 et 2016!

Devant le tribunal correctionnel, vendredi matin, l’ex-dentiste, actuellement interdit d’exercer par son conseil de l’ordre, a du mal à justifier ses pratiques douteuses. "Après 2010, il n’y avait plus besoin de demande d’entente préalable pour faire les soins. Un jour, j’ai eu un refus de règlement pour un motif administratif. J’ai alors eu une mauvaise réaction", explique le prévenu, l’air contrit.

"J’ai tout perdu en trois mois", poursuit-il. "Vous avez aussi gagné beaucoup d’argent avec cette fraude massive", coupe le président Guillaume Saint-Cricq.

"Vos patients avaient en moyenne 23 couronnes!", ajoute le magistrat. Des assurés sociaux souvent étrangers, maîtrisant mal le français et bénéficiaire de la couverture médicale universelle.

"Où est cet argent?"

Le dentiste véreux s’est reconverti comme naturopathe en Italie: "J’aimerais rembourser la CPAM mais ce n’est pas possible avec les revenus que j’ai".

La procureure Meggie Choutia s’interroge: "Il y a le cas d’une dame que vous avez vue une fois et dont la Carte Vitale est passée à seize reprises. Mais où est cet argent? L’argent de tous les contribuables."

"J’ai fait de la surfacturation ou des factures par anticipation mais il n’y a pas eu d’enrichissement personnel", affirme le prévenu, sans convaincre les magistrats.

"Monsieur a abusé d’un système généreux, pas infaillible, basé sur la confiance des professionnels de santé", s’insurge Me Verignon qui insiste sur "la vraie dangerosité" du Dr Oquinarena, par ailleurs mis en examen pour des mutilations.

Six de ses anciens patients ont déposé plainte l’accusant d’avoir dévitalisé ou arraché des dents saines. Ce que le dentiste dément farouchement. Un juge d’instruction enquête depuis deux ans sur cette affaire.

A la défense de ce singulier dentiste, Me Jean-Louis Paganelli regrette que ce second dossier vienne "polluer" les débats. "Nous sommes sereins sur cette procédure et l’innocence de mon client sera reconnue."

Quant au délit de déclaration fausse pour obtenir une prestation indue, passible d’un maximum de deux ans de prison, pour lequel le dentiste comparaît, "mon client reconnaît très clairement une grave négligence, de la désinvolture, souligne Me Paganelli. Si des actes facturés à l’avance n’ont pas toujours été réalisés c’est souvent parce que le patient ne revenait pas à son cabinet."

Devant la gravité des agissements de ce professionnel de santé, le tribunal a condamné Eric Oquinarena à deux ans de prison, une peine néanmoins aménageable et cinq ans d’interdiction d’exercer. Le préjudice présenté par la CPAM sur la base d’une extrapolation a été ramené à 200.000 euros. Mais les ennuis judiciaires du dentiste niçois sont encore loin d’être terminés.

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