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Robert Gelli, le directeur des Services judiciaires veut "un nouveau chapitre dans la sérénité"

Mis à jour le 29/01/2020 à 10:49 Publié le 29/01/2020 à 10:47
Robert Gelli :

Robert Gelli : Photo Michael Alesi / DirCom

Robert Gelli, le directeur des Services judiciaires veut "un nouveau chapitre dans la sérénité"

Le directeur des Services judiciaires a profité de ses vœux pour remercier le souverain et appeler à une justice "forte et indépendante" au sortir de "turbulences" et à l’orée de grands "défis".

L’invitation à la presse est tombée la veille au soir.A la dernière minute.Mais le propos, vendredi midi au Palais de justice, n’avait rien d’une improvisation.Pour ses premiers vœux en tant que directeur des Services judiciaires, Robert Gelli a choisi d’être transparent sur son – ambitieuse – feuille de route.

Premier enseignement de ce discours d’un quart d’heure, le successeur de Laurent Anselmi se veut rassembleur.Une unité qu’il a d’ailleurs choisi de prêcher devant l’ensemble des services judiciaires. "Car la justice, c’est vous.Des hommes, des femmes, qui avaient choisi de mettre vos compétences, votre expérience, votre créativité et votre temps, votre énergie, votre force, au service de cette noble institution."

"Préserver de toutes pressions et influences"

Magistrats, agents du greffe, personnel de l’administration pénitentiaire, Robert Gelli s’est adressé "à ceux qui font pleinement partie de la vie judiciaire et qui partagent au quotidien la mission de garantir les droits fondamentaux et la dignité humaine". Sans oublier les absents, "ceux qui contribuent à l’efficacité de la justice pénale avec loyauté et compétences, qui ne sont pas là aujourd’hui, la police judiciaire".

Quittant son pupitre du regard pour chercher le bâtonnier Régis Bergonzi dans la salle, Robert Gelli a passé un message sans équivoque aux avocats, "ceux dont le rôle est essentiel pour rendre une bonne justice". "Je vous demande, M.le bâtonnier, de témoigner de mon attachement profond au droit de la défense."

Un devoir d’exemplarité que le directeur des Services judiciaires entend incarner. "Je vais toujours m’employer à remplir avec conviction et constance les missions que les textes, par la volonté du Prince, ont assignées au directeur des Services judiciaires.Il m’appartient de veiller à l’indépendance de la justice et de préserver ceux qui la rendent de toutes pressions et influences.Cette indépendance est, et doit, être totale.Et parce qu’elle est absolue, elle oblige ceux qui l’incarnent, elle les invite au professionnalisme, à l’humilité, la modestie et la confidentialité. Par respect du serment prêté, par souci d’efficacité de l’enquête, par respect de la présomption d’innocence, par respect de la vie privée et par attention à l’égard de celles et ceux qui sont confrontés à la justice."

"La justice monégasque fonctionne bien"

Assurer le bon fonctionnement de l’institution judiciaire, "une tâche qui, pour moi, n’est pas si compliquée que ça, a ajouté Robert Gelli. Puisque depuis mon arrivée, j’ai pu constater que la justice monégasque fonctionne bien.Fortes compétences, des magistrats de grande qualité – disposant de moyens qui font défaut à la justice du pays voisin –, la justice monégasque rend des décisions dans des délais maîtrisés et tout à fait raisonnables à tous les niveaux, que ce soit au Tribunal de première instance comme au Tribunal suprême et à la Cour de révision."

Des satisfactions entachées ces dernières années par la curée médiatique née des scandales et autres soubresauts de l’affaire Bouvier-Rybolovlev.Un sujet non éludé par le directeur des Services judiciaires. "Je vous suis à tous d’autant plus reconnaissant que l’année dernière notre institution a connu des turbulences, des moments difficiles qui ont pu conduire à des tensions en interne comme avec l’extérieur.Une nouvelle page s’ouvre, elle est symbolisée par l’arrivée de deux nouveaux juges d’instruction, MM.Leclerc et Vouaux, de grands professionnels très rapidement appréciés de tous.Un nouveau chapitre s’écrit dans la sérénité, la confiance, mais toujours avec la même détermination totale pour faire émerger la manifestation de la vérité."

"Le Prince qui m’a choisi"

Une quête menée, en Principauté, au nom du prince Albert II. "Je suis très reconnaissant à l’égard du Prince qui m’a choisi.Je le dis, qui m’a choisi, contrairement à ce qui a été écrit dans des articles de presse, et qui m’a fait confiance pour diriger l’ensemble des services judiciaires.Une mission, certes complexe et difficile, mais qui est passionnante.Je le remercie publiquement de me permettre de porter la parole d’une justice forte, efficace et indépendante. Indépendance dont le prince a récemment réaffirmé qu’elle était un principe intangible et au respect duquel il est très attentif."

Poursuivre les réformes

"La justice monégasque se doit d’accompagner les évolutions du monde dans lequel nous accomplissons notre mission", estime Robert Gelli, qui a ainsi annoncé sa volonté de poursuivre le travail d’intégration des normes européennes "imposées par les textes ou recommandées par le Conseil de l’Europe. Tout en préservant bien entendu les spécificités monégasques".

À la suite des recommandations émises par le Groupe d’États contre la corruption (Greco), organe du Conseil de l’Europe, au terme du 4e cycle d’évaluation de la Principauté sur le thème "Prévention de la corruption des
parlementaires, juges et procureurs", le Garde des Sceaux monégasque s’est félicité de la concrétisation "d’avancées importantes pour l’indépendance de la justice, ainsi que la déontologie et l’éthique des juges et procureurs.Avancées qui ont d’ailleurs été saluées par l’Assemblée plénière du Greco".

"L’année qui s’ouvre, avant un nouvel examen de conformité, doit nous permettre d’affiner encore certains textes pour mettre en œuvre les recommandations non encore totalement mises en œuvre. Une session de formation sur la déontologie des magistrats est programmée très prochainement."

Alors que le dépoussiérage des textes de loi entrepris par la Commission de réforme des Codes a pris un peu de retard, Robert Gelli a formulé le vœu que le travail en matière de procédure pénale se poursuive et "inspire" le législateur.

Plus d'espace et de sécurité

"Le Palais de justice est un peu à l’étroit"
"La progression de l’activité judiciaire et le rôle grandissant de la Direction des Services judiciaires, sur le plan interne et au niveau international, imposent une réflexion et des mesures pour adapter le cadre et les moyens. Incontestablement, le Palais de justice est un petit peu à l’étroit pour y faire face et donc il faudra réfléchir, voir si on peut faire des propositions pour répondre à cette problématique immobilière.C’est devenu une nécessité. "

"Il y a des postes disponibles"
"Des renforts doivent être certainement envisagés au niveau de la direction comme de la juridiction. D’ores et déjà, il y a des postes disponibles et je crois qu’ils doivent être exploités, ce sera le cas auprès du directeur et aussi au niveau de la cour d’appel, avec la création d’un poste de conseiller supplémentaire, pour lequel un appel à candidature vient d’être lancé en interne."

"Un dispositif en cas d’attaque terroriste"
"La sécurisation des bâtiments est un dossier que je souhaite ouvrir.La Principauté n’est pas à l’abri des menaces qui planent dans le monde et, sans créer de panique, il faut mettre en place des dispositifs aptes à prévenir toutes ces menaces, y compris la terroriste.Mettre en place des dispositifs qui permettent de gérer une situation de crise, nous l’envisageons avec le procureur général avec laquelle nous travaillons sur la mise en place d’un dispositif en cas d’attaque terroriste."

Le numérique : "Une mission prioritaire"
"Les nouvelles technologies s’imposent à tous les professionnels, la justice doit les maîtriser pour qu’elles ne s’imposent pas à elle par d’autres voies. C’est pourquoi, il conviendra de développer le numérique, la dématérialisation. En parallèle, il faudra renforcer la sécurisation du système en lien avec les organismes nationaux chargés de celle-ci."

Un concours pour les Monégasques
"Nous avons la responsabilité de susciter des vocations et former les nouvelles générations pour qu’elles soient les juges de demain. J’ai donc décidé d’organiser un concours de recrutement de magistrats et d’accès à l’École nationale pour la magistrature pour des Monégasques."


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