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Repérages à vélo et en camion, selfies... L'attentat de Nice était-il vraiment l’acte d’un loup solitaire?

Mis à jour le 13/07/2020 à 13:10 Publié le 13/07/2020 à 07:00
Le 19 tonnes n’a pas été loué sur un coup de tête. Depuis le 25 mars, Bouhlel se renseignait sur les locations de poids lourds… 

Le 19 tonnes n’a pas été loué sur un coup de tête. Depuis le 25 mars, Bouhlel se renseignait sur les locations de poids lourds…  Photo Franck Fernandes

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Repérages à vélo et en camion, selfies... L'attentat de Nice était-il vraiment l’acte d’un loup solitaire?

Quatre ans d’enquête s’achèvent sur la perspective d’un procès l’an prochain... Qui sont ceux susceptibles de comparaître, quelles sont les dernières révélations, qui était le tueur de Nice? Notre dossier.

Le 5 juillet 2016, Bouhlel se rend dans une agence de location proche de la gare Thiers à Nice. Il y réserve un véhicule utilitaire de 20 m3 pour le 13 juillet. Quelques jours après, il annule sa réservation. Le 11 juillet, il ira à Saint-Laurent-du-Var, cette fois, louer un 19 tonnes. Et repartira avec. Et le terroriste de Nice informe Mohamed Ghraieb par SMS. Il lui indique qu’il est à Saint-Laurent, "parce que c’était trop cher à Villeneuve". Le 19 tonnes n’a pas été loué sur un coup de tête. Depuis le 25 mars, Bouhlel se renseignait sur les locations de poids lourds… 

Mûri, réfléchi, préparé

Ensuite, son 19 tonnes – qu’il stationnait régulièrement à l’angle des rues Chapel et Verany – est aperçu onze fois sur la Prom' jusqu’au 14 juillet. De multiples repérages, des allers-retours, des arrêts. Le tout, sous l’œil des caméras de vidéosurveillance du centre de supervision (CSU) de Nice.

Ça commence le 11 juillet au matin: en revenant de Saint-Laurent, Bouhlel monte sur le trottoir côté mer et réalise plusieurs manœuvres. Entre midi et deux, après avoir textoté à Ghraieb, "je suis en bas", les caméras de surveillance de la ville montrent une deuxième personne dans le camion. Une photo datée de ce jour-là est d’ailleurs retrouvée dans le smartphone de Bouhlel.  En mode selfie, dans l’habitacle, lui et Ghraieb font un doigt d’honneur à l’objectif. 

Des repérages, encore, le 12 juillet. Le poids lourd enchaîne les allers-retours sur la Prom avec de nombreuses haltes au niveau de la scène installée en face d’Albert-1er. Le terroriste prend une photo de la pergola qu’il a manifestement identifiée comme un obstacle dans son projet de tuerie de masse. 

L’enquête démontrera qu’en même temps, Bouhlel consulte sur Internet des vidéos violentes. Notamment une voiture fonçant dans la foule, comme en témoignera l’analyse de son ordinateur personnel.

Une préméditation plus que manifeste? Oui, l’attentat de Nice était un acte mûri, réfléchi et ultra-préparé.

Bouhlel, début juillet, fait également des recherches sur l’adresse d’une armurerie niçoise.Et ce jour-là encore, il se prend en photo devant le camion.Avec Hamdi Zagar, cette fois. Son ex-beau-frère qui lui servira d’intermédiaire pour l’achat, rue Miollis, d’un pistolet automatique à un truand d’origine albanaise.

Préparatifs obsessionnels

Cette préparation obsessionnelle se poursuit le 13 juillet. Dans la matinée, au volant de son camion, le terroriste essaie de passer sous la pergola. Manœuvre infructueuse. Il occupera le reste de sa journée en faisant de nouvelles recherches sur la "Prom Party Nice 2016". Tout en abreuvant de messages les téléphones de ses amis Chafroud, Ghraieb et Zagar.

À 22 heures, il sacrifie une nouvelle fois au rite du selfie avec doigt d’honneur, immortalisant Chafroud près d’Acropolis.

Jusqu’au bout, jusqu’au matin de la Fête nationale, Bouhlel se préparera donc avec minutie à son crime. Et pas qu’à bord du camion… L’exploitation des caméras a révélé qu’il a multiplié les opérations de repérage également à vélo. Ce vélo offert par son ami Roger Battesti quelques semaines plus tôt. Comme le 11 juillet en fin d’après midi, où Bouhlel marquera plusieurs arrêts, une fois de plus, au niveau de la pergola.

Selfies "testaments" ou accusateurs?

Le 14 juillet autour de 22h32, lorsque Bouhlel s’élance dans sa course sanglante, il n’a donc rien laissé au hasard. Rien laissé au hasard non plus lorsqu’il "oublie" une trentaine de photos bien en vue sur un meuble de son domicile de la route de Turin, perquisitionné le lendemain matin?

Des clichés parmi lesquels les fameux selfies "doigt d’honneur" qu’il a pris dans ou à côté du camion.

Pourquoi avoir pris la peine de les imprimer aussi rapidement? Craignait-il que les enquêteurs puissent les rater? Dans une bouffée perverse et inexplicable, a-t-il voulu impliquer ses trois "amis"? Ou bien a-t-il voulu laisser une preuve de leur implication, lui qui allait jouer le rôle du kamikaze? 

La justice devra trancher. 


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