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Refoulé, il était en Principauté pour jouer au P.M.U.: quinze jours ferme

Mis à jour le 25/07/2017 à 09:28 Publié le 25/07/2017 à 05:12
Image d'illustration d'un joueur de PMU remplissant une grille

Image d'illustration d'un joueur de PMU remplissant une grille Photo archives Serge Haouzi

Refoulé, il était en Principauté pour jouer au P.M.U.: quinze jours ferme

Un ressortissant tunisien résidant à Nice a été interpellé en gare de Monaco. L'homme au casier judiciaire déjà bien rempli avec notamment des condamnations pour viols, est pourtant interdit de territoire.

Vingt et une condamnations pour vol, viol, agressions sexuelles, évasion, stupéfiants, ivresse… Un "sauf-conduit" pas du tout apprécié par les autorités de la Principauté, concernant un ressortissant tunisien qu'ils ont d'ailleurs refoulé du territoire. Pourtant, ce même individu vient de comparaître, menotté, devant le tribunal correctionnel. Il était jugé pour avoir cheminé, dimanche 16 juillet, sur l'avenue Prince-Pierre, malgré l'interdiction notifiée le 16 avril 2016. Condamné à une peine de quinze jours ferme, il effectuera également le mois d'emprisonnement avec sursis écopé à l'audience du 21 février dernier.

Tout commence par une tentation subite de parier au P.M.U., du côté de l'ancienne gare SNCF. Repéré par le fonctionnaire chargé de la vidéosurveillance, l'individu, demeurant à Nice et sans profession, était aussitôt interpellé par les policiers vers 14 h 40. Dans un premier temps, il donne un nom paronyme de sa véritable identité. Mais ses propos sont hésitants. L'agent, méfiant, le fouille et tombe sur une carte de bus qui dévoile son véritable patronyme.

"Vous pénétrez sans autorisation sur le territoire monégasque, constate le président Jérôme Fougeras Lavergnolle. C'est interdit ! Que faisiez-vous?"

Le prévenu fait part d'une visite à un ami de Beausoleil. À l'issue du déjeuner, il est passé par Monaco afin de jouer au P.M.U. pour la course dominicale, avant de rejoindre son domicile niçois. "J'avais perdu pas mal d'argent et je comptais me refaire grâce à un éventuel gain." Le magistrat a de la mémoire. "Lors de votre précédente comparution, vous m'aviez servi la même excuse…"

Le détenu fait mine de n'avoir rien entendu et ne manque pas d'aplomb! "Si vous m'accordez pour cette fois une fleur, je le jure, vous ne me verrez plus jamais à Monaco. Je suis malade…"

Le président n'a aucune envie d'acquiescer! "Tant que vous n'aurez pas entrepris les démarches pour lever l'interdiction, vous ne devez plus mettre un pied en Principauté. Même pour aller à l'hôpital ! Avec toutes ces mentions inscrites sur votre casier, vous avez une idée de votre temps passé en prison?"

"Dans la spirale de la délinquance"

Il n'y a pas plus sourd que le prévenu qui ne veut pas entendre… Comme pour les raisons d'avoir donné un prénom et un nom tronqués de leurs dernières lettres. Des justifications du fautif, le premier substitut Olivier Zamphiroff n'en a cure.

"Depuis 1985, cet homme est dans la spirale de la délinquance. Il semble pratiquer une attitude du non-respect des règles simples et applicables. Cette fois la tourmente a pour motif de se refaire une santé financière après avoir perdu beaucoup d'argent. Je ne demande pas la clémence : un mois ferme!"

Quant à Me Alice Pastor, elle mettra en exergue, avec une forte conviction, le moyen de gagner de l'argent honnêtement de la part de son client.

"Il est venu à Monaco pour jouer et rompre avec cette addiction infernale de voler. Il n'avait pas l'intention de faire du mal et de violer la loi. D'ailleurs, il doit avoir prochainement un entretien d'embauche en tant que livreur. Sa compagne travaille sans relâche. Lui, l'aide au plan administratif car elle ne parle pas le français. Constatez la relative misère de cet homme qui essaie de mettre la tête hors de l'eau. Une peine fractionnée serait une chance pour son emploi."

Le tribunal réduira de moitié les réquisitions du ministère public. Mais les juges ne pourront pas révoquer la peine avec sursis, car elle s'ajoute si le coupable a subi une condamnation antérieure au délai de cinq ans.


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