“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Soutenez l’info locale et Monaco-Matin > Abonnez-vous

Racket, corruption, chantage sur la Côte d'Azur... des voyous en prison et des soupçons de liaisons dangereuses entre le milieu du banditisme et le monde politique

Mis à jour le 21/11/2020 à 07:41 Publié le 21/11/2020 à 06:45
Le milieu avait-il la mairie de Menton en ligne de mire ?

Le milieu avait-il la mairie de Menton en ligne de mire ? O.P.

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Racket, corruption, chantage sur la Côte d'Azur... des voyous en prison et des soupçons de liaisons dangereuses entre le milieu du banditisme et le monde politique

Le nouveau "parrain" de la Côte d'Azur aurait mené une vaste opération de racket sur l’ensemble des Alpes-Maritimes, avec une préférence pour Menton sur fond d'élections municipales. Ce vendredi soir, au terme des comparutions, huit suspects de cette tentaculaire affaire ont été mis en examen, dont une policière et l’ancien patron de la police municipale de Nice. Un élu d’opposition de Menton a été placé sous le statut de témoin assisté.

Depuis mai 2019, le milieu azuréen reconstitué autour d’un nouveau "parrain" présumé, Aurelio Garcia, aurait mené une vaste opération de racket sur l’ensemble des Alpes-Maritimes, avec une préférence pour Menton. Les liaisons dangereuses entre ces figures du grand banditisme et les cercles politiques gravitant autour d’Olivier Bettati, candidat aux municipales à Menton, auraient eu pour mobile de faire main basse sur la ville.

C’est du moins la version de la justice au terme d’un coup de filet de la PJ de Nice et du GIR, Groupe interministériel de recherche qui regroupe, entre autres, des policiers et des gendarmes. Lundi, trente-deux interpellations avaient eu lieu à Nice, Menton, dans le Var, en Corse et en Espagne.

Huit mises en examen

Ce vendredi, au terme de 96 heures de garde à vue, huit des protagonistes de cette affaire, pour la plupart des voyous de haut vol, ont été mis en examen sous dix-sept chefs de prévention différents, allant d’association de malfaiteurs, blanchiment, extorsions, préparation des délits de corruption, à trafic d’influence, chantage et vol en bande organisée. Six d’entre eux ont été incarcérés. Un ancien patron de la police municipale de Nice, mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de corruption active et trafic d’influence, a quant à lui été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Enfin, Olivier Bettati a été placé sous le statut de témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de simple témoin et demis en examen. La veille, une fonctionnaire de police du commissariat Foch de Nice avait déjà été incarcérée.

Malgré son aspect tentaculaire, le dossier de la JIRS (Juridiction interrégionales pécialisée), basée à Marseille commence à s’éclairer. Des écoutes téléphoniques, dès mai 2019, alertent les policiers. Un système de type mafieux à l’ancienne se remettrait en place. Des dizaines de commerçants en seraient victimes à Menton, mais aussi à Nice et dans le bassin cannois. Les écoutes seraient accablantes.

Pour les enquêteurs, le milieu est en train de mettre la main sur des dizaines de restaurants, établissements de nuit, des plages privées de la Côte, mais aussi sur plusieurs entreprises du bâtiment et de promotion immobilière. Les hommes de main agiraient sur instruction d’Aurelio Garcia et de ses lieutenants.

Les patrons des sociétés visées n’ont pas d’autre choix que de payer plusieurs milliers d’euros par mois - l’impôt de "la protection" - ou d’embaucher des voyous sans ressources officielles, mais en quête d’un emploi, fut-il fictif. Malheur aux récalcitrants, la punition est automatique. Vols, menaces, intimidations physiques et pour certains promoteurs et patrons du BTP de la Côte, l’incendie criminel de leurs locaux ou de leurs engins de chantier.

Main basse sur Menton?

Le système fonctionne à merveille, notamment grâce à la complicité d’une fonctionnaire de police. Ayant accès aux différents fichiers du ministère de l’Intérieur, elle les aurait renseignés et leur aurait même prodigué ses conseils pour déjouer d’éventuelles surveillances.

À Menton, cette pieuvre locale essaierait de faire coup double. En plein combat pour les municipales, l’opposant au maire Jean-Claude Guibal apparaît parfois aux côtés de figures du milieu, mais surtout, d’un restaurateur niçois. À la croisée des chemins de la politique et du banditisme, Jean-Laurent Comparetto - très bavard sur les écoutes - assure avoir obtenu d’Olivier Bettati de réserver une place éligible à sa compagne, présentée comme un sous-marin du milieu : "On est chez nous !", aurait-il fanfaronné un peu partout.

Des éléments que la justice a jugés suffisamment probants pour qu’un élu de la République se retrouve en garde à vue, même si hier soir, au terme de sa comparution devant la magistrate marseillaise, Olivier Bettati a eu le "soulagement" d’être remis en liberté.

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.