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Quinze jours ferme pour avoir roulé ivre dans le Café de Paris

Une Grassoise de 49 ans a été jugée, hier à Monaco, en comparution immédiate pour avoir roulé volontairement jusque dans l'établissement de la place du Casino sous l'empire d'un état alcoolique

axelle truquet Publié le 15/03/2016 à 05:13, mis à jour le 15/03/2016 à 05:13
La voiture s'est immobilisée au milieu des machines de jeux. Photo J.-M. F.

Manifestement, Violaine ne comprend pas où est le problème. Hier, le tribunal l'a condamnée à 15 jours de prison ferme pour avoir pénétré, au volant de sa voiture, jusque dans la salle des machines à sous du Café de Paris, à Monaco, samedi soir, le tout sous l'empire d'un état alcoolique (nos éditions d'hier). Il n'y a pas eu de victime ni de dégât matériel. Alors non, Violaine ne voit pas où est le souci.

Âgée de 49 ans, cette comptable grassoise avait décidé ce week-end de frapper fort. Depuis plusieurs années, elle est interdite de jeu à Monaco. « J'ai demandé à plusieurs reprises la levée de cette interdiction. J'ai envoyé un courrier recommandé avec accusé de réception. Je n'ai eu aucune réponse. Alors samedi, je suis venue pour la énième fois. J'ai demandé à parler au commissaire aux jeux. On m'a dit de refaire un courrier, vous trouvez ça normal ? », lance la prévenue.

Une maîtrise toute relative

« Cela ne vous a pas plu alors vous êtes allée à la Sûreté publique, poursuit le président du tribunal Florestan Bellinzona. Comme ils vous ont dit qu'ils ne pouvaient pas intervenir, vous avez décidé de prendre le rond-point de la place du Casino à contresens au volant de votre Scénic, de monter sur le trottoir et d'aller tout droit jusque dans la salle des jeux. Par chance, il n'y a eu aucun dégât ! »

« Pas par chance, par conscience ! », rétorque Violaine, sûre d'elle.

 

Sauf que… la conductrice avait bu : elle présentait un taux de 0,61 mg/l. Pour autant, pendant la demi-heure qu'a duré la comparution immédiate hier, la prévenue qui n'avait pas souhaité se faire assister d'un avocat, nie le danger qu'elle a fait courir aux clients et au personnel du Café de Paris. Elle martèle qu'elle « maîtrisait [son] véhicule ».

Le président l'a pourtant mise face à ses contradictions : « Est-ce que vous vous rendez compte de la dangerosité de vos gestes ? » Et la femme de répondre : « L'état de fatigue peut aussi expliquer beaucoup de choses, quand on passe la journée au travail et ses nuits à Monaco. » « Mais personne ne vous oblige à passer vos nuits à Monaco. » « Si, l'addiction au jeu », répond-elle. C'est le serpent qui se mord la queue. Car toute cette histoire découle justement de l'interdiction de jeu dont Violaine est l'objet et qu'elle entend faire lever.

Un enfant seul… avec un portable

On finit par apprendre qu'elle est mère de deux enfants, l'un majeur, le second de 11 ans. Et pendant ces virées nocturnes, le cadet est seul à la maison « mais avec un portable ! » précise-t-elle.

Dans son réquisitoire, le procureur Alexia Brianti a regretté le fait que le droit ne reconnaisse pas le délit de mise en danger de la vie d'autrui. « Pour autant, vous devez en tenir compte dans la peine prononcée à son encontre. C'est miraculeux que personne n'ait été blessé. » Et de demander « une peine d'emprisonnement ferme qui ne soit pas inférieure à 20 jours ». Finalement, le tribunal décidera de la condamner à 15 jours.

Samedi, il est 23 heures lorsque Violaine décide (après avoir consommé de l'alcool), de pénétrer dans la salle de jeux du Café de Paris. Elle emprunte le rond-point de la place du Casino à contresens au volant de sa Renault Scénic. Puis « en ralentissant à peine », selon les dires du président du tribunal s'appuyant sur les bandes des caméras de vidéo surveillance, elle s'engouffre dans le Café de Paris. Elle s'immobilise entre les machines à sous. Certaines personnes présentes s'enfuient en courant. Mais plus surprenant, des joueurs restent stoïquement à leurs machines.

 

À peine la conductrice sous l'empire de l'alcool est-elle sortie de son véhicule, que deux policiers la menottent.

À 23 h 15, la voiture avait déjà été enlevée. Aucune trace ne laissait suggérer qu'un tel événement avait pu se produire quelques minutes plus tôt.

Rappel des faits

Samedi, il est 23 heures lorsque Violaine décide (après avoir consommé de l’alcool), de pénétrer dans la salle de jeux du Café de Paris. Elle emprunte le rond-point de la place du Casino à contresens au volant de sa Renault Scénic. Puis «en ralentissant à peine», selon les dires du président du tribunal s’appuyant sur les bandes des caméras de vidéo surveillance, elle s’engouffre dans le Café de Paris. Elle s’immobilise entre les machines à sous. Certaines personnes présentes s’enfuient en courant. Mais plus surprenant, des joueurs restent stoïquement à leurs machines. À peine la conductrice sous l’empire de l’alcool est-elle sortie de son véhicule, que deux policiers la menottent. À 23h15, la voiture avait déjà été enlevée. Aucune trace ne laissait suggérer qu’un tel événement avait pu se produire quelques minutes plus tôt.

C'est bel et bien par cette porte qu'est entrée la conductrice au volant de sa Renault Scénic, jusque dans la salle de jeux, tout au fond, sans toutefois causer de dégât matériel ni humain. Michael Alesi.

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