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Quatre affaires de passeurs lors d’une seule et même audience à Nice

Ce n’est plus une surprise, mais c’est toujours étonnant. Quatre affaires de passeurs ont été examinées lors d’une seule et même audience correctionnelle, vendredi après-midi à Nice. En tout, une dizaine d’affaires de ce type ont rythmé la semaine judiciaire. Cette cadence soutenue traduit une tendance de fond.

Christophe CIRONE Publié le 04/12/2021 à 09:00, mis à jour le 03/12/2021 à 22:42
La surveillance accrue à la frontière franco-italienne se traduit par de nombreuses affaires au tribunal. Photo Cyril Dodergny

"2021, année record dans les Alpes-Maritimes."

Le constat de notre dossier sur la crise migratoire, le 26 novembre dernier, se confirme jour après jour. Mi-novembre, les forces de l’ordre avaient déjà intercepté 482 passeurs. Un record absolu. Vendredi, quatre affaires et six prévenus se sont succédé devant le tribunal correcitonnel, pour « aide à l’entrée ou au séjour irrégulier d’un étranger en France ».

"C’est la première fois et la dernière"

La première affaire jugée est un cas d’école. Tant pour le profil du passeur que pour son scénario.
Rabia El Attrache, Marocain de 40 ans, est plombier en Italie. Il peine à trouver du travail. Il affirme qu’un Pakistanais lui a proposé 100 euros pour se muer en passeur. « C’est la première fois que je fais ça. J’ai fait cette erreur, je m’en excuse. C’est la dernière fois », assure-t-il. « Il s’est laissé embarquer dans un mécanisme », plaide Me Sophie Andrieu.

Rabia El Attrache a été interpellé avec quatre Afghans à son bord. La police aux frontières avait repéré sa BMW roulant à vive allure depuis l’Italie. Il a débarqué ses passagers sur la bande d’arrêt d’urgence de l’A8, à hauteur de la Turbie. Son conducteur était censé les déposer sur une aire d’autoroute. Mais il aurait paniqué en se voyant suivi.

 

Outre « l’aide à l’entrée », la justice lui reproche des « conditions exposant à un risque immédiat de mort ou d’infirmité permanente ». Le procureur Marie-Eve Parant requiert 18 mois de prison dont 12 ferme. Le tribunal présidé par Audrey Albertini s’en tient à 6 mois ferme, et le maintient en détention.

Les forces de l’ordre maillent le terrain

Les affaires s’enchaînent et ne se ressemblent pas forcément. Deux Tunisiens contestent, eux, avoir profité de la détresse humaine. En attendant d’en avoir le cœur net, le tribunal les place en détention provisoire. à leur demande, leur procès est renvoyé au 3 janvier.

D’ici là, il y a fort à parier que d’autres affaires conduiront la crise migratoire jusque dans les prétoires. Pour Jean-Philippe Navarre, adjoint au procureur de la République de Nice, cette vague d’interpellations tient « à une forte mobilisation de toutes les forces de l’ordre », autant qu’à une pression migratoire accrue.

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