Quand deux voleurs dans un supermarché livrent d'étranges versions aux policiers venus les contrôler

Un Biélorusse et un Italien, contrôlés par les policiers, étaient incapables de fournir la moindre preuve d’achat des courses effectuées au supermarché Casino.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 22/12/2022 à 17:00, mis à jour le 22/12/2022 à 14:45
Les deux hommes avaient subtilisé des produits de luxe au supermarché Casino. Photo archives Cyril Dodergny

Deux "pieds nickelés", se sont approchés de la barre. Ils comparaissaient devant le tribunal correctionnel pour des faits de vol commis le 2 septembre dernier dans le supermarché Casino.

C’est une drôle d’histoire, dans des conditions assez étranges, évoquée par le président Florestan Bellinzona. Elle met en scène les péripéties fallacieuses d’un Biélorusse de 37 ans et d’un Italien de 45 ans. Respectivement cuisinier et déménageur au noir, ces personnages d’un cynisme ubuesque étaient arrivés de Cannes en voiture dans la matinée. Leur véhicule tombait en panne au port de Cap-d’Ail.

Alors, sans trop se poser de question sur l’aide nécessaire d’une entreprise de dépannage, le duo préférait passer la journée à Monaco. En fin de soirée, ils revenaient sur leur pas pour reprendre leur automobile (pourtant en panne). Amère surprise: ils constataient la crevaison d’un pneu…

Un contrôle à 5h30 du matin

"Comme il n’y avait plus de bus ni de train pour retourner dans la cité cannoise, a commenté le magistrat, vous vous installiez sur un banc du boulevard Albert-Ier afin de roupiller. Mais vers 5h50, des policiers vous sortaient de votre sommeil afin de procéder à un contrôle. D’autant que vous étiez en possession d’un sac à l’effigie du supermarché tout proche. À l’intérieur s’entassaient gel, parfum, biscuits, rasoir, lames, whisky, canettes de boissons… Quand les agents vous interrogeaient sur la provenance de ces affaires, c’étaient tout simplement des emplettes effectuées dans les environs. Dans l’incapacité de produire un ticket de caisse et désargentés, les fonctionnaires vous demandaient de les suivre jusqu’à la supérette Casino."

Versions contradictoires et une vidéosurveillance

En visionnant les enregistrements de la vidéosurveillance, les images montraient les deux compères, quelques heures auparavant, en train de dérober les divers objets, pour un montant de 209,76 euros. S’ensuivait une succession de versions aux faits aussi invraisemblables que cela puisse paraître. "Dans un premier temps, énumère le président, certains produits ne venaient pas du supermarché. Puis, ils avaient été achetés à une personne russe qui n’était connue ni par l’un ni par l’autre. C’est un tel mélange que les propos sont mêmes contradictoires suivant leur auteur."

Finalement, le personnage d’origine slave estimait qu’il n’avait rien à voir dans cette affaire. Il n’avait rien volé. Il est à la recherche d’un emploi et il vit grâce à l’aide de parents.

Des produits de luxe

Dans leurs casiers judiciaires, des condamnations pour stupéfiants et ivresse apparaissent en 2012 et 2016. Autre particularité, ce même individu est connu sous trois identités différentes dans le pays voisin.

Quant à l’Italien, son casier mentionne plusieurs vols et violences dans la cité cannoise. "Quand on est déménageur au noir, c’est être voleur, en a déduit le premier substitut Valérie Sagné. D’ailleurs, plusieurs objets concordaient avec ceux manquant au supermarché. Et non des moindres! Il s’agissait du butin le plus précieux: des produits de luxe achetés à un prix très promotionnel. Il y a bien vol et recel de vol. Pour le premier prévenu, il est accessible au sursis à hauteur de quinze jours. Le second, avec son casier fourni en soustractions multiples, ce sera le double et ferme. Mais vous pourrez assortir cette sanction du sursis."

Le tribunal s’en est tenu aux réquisitions du ministère public, avec le choix d’une peine ferme pour le second prévenu.

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