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Procès Veyrac: la parole aux principaux accusés, le verdict attendu dans la journée

Mis à jour le 27/01/2021 à 09:54 Publié le 27/01/2021 à 09:00
Verdict aujourd’hui dans l’affaire du double enlèvement de Jacqueline Veyrac.

Verdict aujourd’hui dans l’affaire du double enlèvement de Jacqueline Veyrac. Photo archives Dylan Meiffret

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Procès Veyrac: la parole aux principaux accusés, le verdict attendu dans la journée

Le 24 octobre 2016, Jacqueline Veyrac, richissime propriétaire du palace cinq étoiles le Grand Hôtel de Cannes, alors âgée de 76 ans, est enlevée, en pleine rue, par des individus près de son domicile. La septuagénaire sera retrouvée deux jours plus tard. En 2013, cette figure de la Côte d'Azur avait déjà été victime d'une tentative d'enlèvement dans les mêmes circonstances. Le procès des ravisseurs de Jacqueline Veyrac, 80 ans, s'est ouvert il y a deux semaines. Sur les quatorze accusés renvoyés à Nice devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour avoir participé de près ou de loin au rapt de la femme d'affaires, treize sont présents.. Au terme de trois semaines et demie de procès, la cour se retirera ce mardi matin pour délibérer. ce mardi, les avocats de la défense ont pilonné les réquisitions de l’avocate générale.

Il est de bonne guerre que, dans une cour d’assises, les avocats de la défense réfutent les arguments de l’avocat général. Ce mardi, ils n’ont pas réfuté. Ce fut un pilonnage. En bande organisée. Ils ont estimé qu’Annie Brunet-Fuster avait eu la main trop lourde. La veille, l’avocate générale avait réclamé de 2 à 30 ans.

Pour illustrer son propos, Me Eric Scalabrin, conseil de Phillip Dutton (25 ans requis), a exhumé l’affaire de l’enlèvement du baron Empain: 63 jours de détention, un auriculaire coupé, une fusillade sur l’autoroute.

"Les commanditaires ou exécutants ont écopé de 15 à 20 ans de réclusion. 25 ans, c’est ce qu’on réclame à Marseille pour des affaires dites de barbecue, ces gens qu’on brûle dans les coffres de voitures. Comment peut-on demander autant dans le dossier de Mme Veyrac?", s’est-il insurgé.

Plus tôt, Me Marylou Diamantara, avocate de Ali Gueffaz (18 ans requis), plaidant la relaxe, avait dénoncé le marasme du dossier. Mais aussi des hypothèses "élastiques" de la part des enquêteurs.

"Je reproche à la police de manquer de hauteur, de recul, d’humilité et d’un chouïa de modestie", avait attaqué Me Adrien Verrier, conseil de Luc Goursolas. Il a plaidé la relaxe des charges criminelles et une peine juste pour le délit de non-dénonciation de crime.

"Trop loin"

L’avocate générale avait en effet laissé ouvert la possibilité d’abandonner les poursuites criminelles contre l’ex-paparazzi. "Quand un avocat général vient requérir une peine subsidiaire c’est qu’il n’est pas sûr de sa position", enfonce Me Verrier.

Me Béatrice Eyrignoux a, elle aussi, dénoncé les carences de l’enquête, plaidant la relaxe. Regardant l’avocate générale, elle a martelé que deux ans requis, pour un innocent, "ce n’est pas acceptable".

Elle défend Kabil Raouafi. Me Audrey Vazzana, pour Achraf M’Hamdi (10 ans requis), a aussi sorti l’artillerie lourde pour dénoncer les réquisitions. "Je n’ai pas eu de démonstration de culpabilité pour les dix années de culpabilité qui ont été requises."

Plaidant l’acquittement elle en a appelé aux jurés: "Rendre une décision qui n’est pas en corrélation avec les demandes du ministère public, ce n’est pas un échec."

Idem pour Me Marie Seguin, avocate de Bassem Ben Fekih (18 ans requis). "Vous êtes allée très loin madame l’avocate générale, trop loin." Me Seguin a démoli une enquête de téléphonie "approximative". "La téléphonie, c’est une aide, pas une certitude." Dénonçant l’absence d’ADN, d’empreintes, elle a requis la relaxe.

Ce matin, 9 heures, la parole, la dernière, sera aux accusés. Verdict dans la journée.

"Serena n’est en rien l’instigateur"

Me Corentin Delobel avait une lourde tâche : défendre Giuseppe Serena, considéré comme le cerveau de l’affaire. "La loi doit s’affranchir de la passion", a-t-il entamé, convoquant Aristote à la barre.

L’avocat du restaurateur italien a tenté de démonter l’argumentation de l’accusation: "Je ne suis pas là pour dire que M. Serena ne savait rien. Il a avoué avoir été au courant dans l’enlèvement de 2016. Mais il n’est en rien l’instigateur."

Sans notes, Me Delobel a souligné que, quoi qu’il arrive, la peine délivrée serait "l’équivalent d’une peine de mort".

Diabétique, Giuseppe Serena, 67 ans, reçoit chaque jour une piqûre d’insuline. Il a subi une ablation des deux grands lobes du poumon droit et est équipé d’un défibrillateur automatique. "C’est un homme malade, âgé, qui présente des excuses que je pense sincères." 

Selon lui, Giuseppe Serena ne peut être considéré comme le grand ordonnateur: "Objectivement, matériellement, on ne peut pas déterminer qui était le cerveau. Il y a tellement de scénarios qui sont envisageables dans cette affaire qu’on ne peut pas ne pas avoir de doutes. (...) Où est la maîtrise de M. Serena sur le projet alors qu’il n’a même pas l’argent pour payer un logement à MM. Urso et Dutton, c’est incohérent."

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