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Prison ferme pour une escroquerie de 26.342 € à la carte bancaire à Monaco

Il avait réglé ses achats dans plusieurs boutiques de Monaco, Cap-d’Ail et Nice avec des coordonnées bancaires récupérées sur les tickets destinés aux vendeurs.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 23/03/2021 à 18:55, mis à jour le 24/03/2021 à 15:32
Huit mois ferme ont été requis contre l’accusé. (Photo Jean-François Ottonello)

C’est une de ces techniques bien ficelées, mais déjouée à temps par la police monégasque, qui a conduit devant la justice un homme de 38 ans. Dans le box, menotté, ce ressortissant canadien, sans profession, a été condamné à une peine de huit mois de prison ferme pour avoir sévi dans des boutiques entre Monaco et Nice.

Des transactions à distance

Les coordonnées de cartes de paiement, récupérées frauduleusement sur les tickets destinés aux vendeurs et stockées sur son portable, permettaient de valider des transactions à distance sur les terminaux des enseignes. Son butin, d’une valeur totale de 26.342 euros, a été retrouvé dans son véhicule et restitué aux plaignants.

Comment a-t-il été repéré?

Les inspecteurs de la Sûreté publique ont été mis sur la piste de l’escroc à la suite d’une dénonciation, le 23 octobre dernier, par une détentrice de carte bancaire. Un message l’informait d’une transaction de 5.300€ euros avortée pour insuffisance de provision sur son compte. Et ce n’était pas un coup d’essai pour l’individu.

À l’aide des images vidéo, les policiers repéraient l’immatriculation d’une voiture de location suspecte en provenance de Mulhouse afin d’identifier son utilisateur, descendu au Monte-Carlo Bay.

 

Surveillé, l’escroc était interpellé au cours d’un trajet en Principauté, en possession des lunettes, vêtements, montres extorqués.

Il avouait et reconnaissait les faits. Il était incarcéré le 27 octobre.

Mais à l’audience, le président Florestan Bellinzona ne se satisfait pas des seuls aveux réitérés. Il veut les détails du modus operandi. "Vous n’avez jamais présenté votre passeport. Sans les caméras, il était impossible de remonter jusqu’à vous!"

Le prévenu ressasse alors son recours aux codes stockés sur son téléphone portable.

 

Recherché dans d’autres pays

D’après le magistrat, il serait recherché à Paris, en Allemagne et en Grande-Bretagne (vols).

Fallait-il conclure à l’appartenance d’un éventuel réseau spécialisé avec ses commandes ciblées?

Le prévenu s’en défend. "Tous les vêtements correspondaient à ma taille. Je n’ai rien revendu. Je devais retrouver des amis de l’armée américaine à Rome. Mais j’ai interrompu mon voyage à mi-chemin à cause de la Covid. C’est la raison de ma présence à Monaco."

L’expertise de cinquante pages effectuée au CHPG, ajoutée à la complainte du Canadien, détermine en partie son comportement.

L’état d’esprit du prévenu

Texte et propos décrivent une enfance difficile, avec un départ à l’adolescence pour le Canada. D’où sa volonté de reconnaissance sociale, une fois adulte, basée sur des intentions délictueuses.

 

Il a peu de compassion pour ses victimes car il considère qu’elles sont couvertes par les assurances.

Il ne reconnaît pas plus la gravité de ses actes. Il a donc des chances de récidiver. Seule l’image d’un père délinquant l’indispose vis-à-vis de ses enfants.

Le préjudice important, 26.342 euros, pendant les quatre jours passés sur la Côte est rappelé par le premier substitut Cyrielle Colle.

"On ne sait rien de ses faits antérieurs. Un document joint détaille les 112.000 escroqueries sur Paris entre décembre 2019 et septembre 2020. Ne croyez pas à son repentir. Car il n’a même pas respecté les instructions judiciaires françaises. C’est un délinquant. Un an d’emprisonnement ferme est adapté à la gravité des actes et au préjudice."

Pour la défense

La culpabilité de son client ne fait aucun doute pour la défense. Mais Me Clyde Billaud veut alléger la peine par un rappel des "environnements violents, enfance passée dans la peur et la pauvreté, début de vie difficile. Mais ses regrets sont sincères. Il a très mal vécu les cinq mois de détention préventive. Toutes ses demandes de remise en liberté ont été refusées. Il n’a plus vu depuis sa famille. Les biens ont été récupérés. L’absence des huit victimes déclarées en témoigne. Préférez le sursis."

 

Le tribunal a prononcé une peine de huit mois ferme. Une fois le temps d’incarcération déduit, il restera reclus à la maison d’arrêt pour les trois prochains mois.

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