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Prison ferme pour un producteur de cinéma condamné plusieurs fois pour violences sur conjoint à Monaco

Le prévenu, récidiviste, avait infligé une succession d’avanies à la femme qui partageait sa vie depuis douze ans. Le tribunal correctionnel de Monaco est allé au-delà des réquisitions.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 10/03/2022 à 08:50, mis à jour le 10/03/2022 à 08:50
Face à un prévenu récidiviste aux casiers déjà fournis, les juges ont été plus sévères que les réquisitions. Photo Jean-François Ottonello

Quand une condamnation atteint les trois mois de prison ferme pour une affaire de violences sur conjoint, l’intention avérée du tribunal correctionnel est de sanctionner, la plupart du temps, un prévenu récidiviste. Cette aggravation de la peine concorde, en effet, avec des affrontements répétés au sein d’un couple résidant en Principauté, aujourd’hui séparé, et relevés au cours des diverses audiences.

Accusé d’une succession de traitements humiliants, parfois en public, à l’égard d’une femme qui partageait sa vie depuis douze ans, ce producteur de cinéma a prétendu à la barre qu’il s’agissait de malheureux concours de circonstances.

Les derniers faits remontent au 16 janvier 2021, avec une altercation en Suisse à l’aboutissement ubuesque.

Blessures répétées et multiples

Les policiers confédéraux ont conseillé à la victime de porter plainte dans son pays de résidence. A la Sûreté publique, cette dame en a profité pour dénoncer des agressions verbales régulières depuis des années.

 

Et sous l’emprise de la boisson, les violences physiques se sont accumulées et imbriquées. Entre autres manières insidieuses et perfides, en novembre 2020, le prévenu avait jeté l’ordinateur sur la figure de la plaignante. Deux mois plus tard, au retour du supermarché, il lui avait refusé l’accès au domicile.

Il a suffi au président Florestan Bellinzona de feuilleter le dossier médical de Madame, absente à l’audience, pour relever les nombreuses fois où elle s’est présentée au CHPG pour œdème au visage, traumatismes, chutes, contractures et fractures. La relation conflictuelle est évidente pour le magistrat.

Mais quelles raisons motivent ces faits sporadiques? A la barre, l’ex-concubin a réfuté toute agressivité reprochée. "Je n’ai jamais donné un seul coup. Si dans une dispute un geste a peut-être dérapé, cela n’a jamais été volontaire. Je ne suis pas violent…"

"Menaçant, rabaissant…"

"Qu’est-ce qu’il vous faut, rétorque le président assez remonté. Sur vos casiers apparaissent des condamnations pour conduites en état d’ivresse, menaces de mort, outrages, violences!"

 

Insultes, disputes, n’auraient rien à voir avec de la pure violence pour le prévenu. Quant à l’alcool, il a arrêté.

Tout aussi révolté par l’incompréhension du personnage, le premier substitut Julien Pronier se lance dans la définition lexicale de la soumission de quelqu’un par intimidation. "Il faut lui faire toucher du doigt la conséquence de ses rapports avec l’alcool et la violence. Menaçant, rabaissant, jusqu’à interdire l’accès au logement; son comportement envers ses voisins; ses antécédents interrogent sur le quantum d’une peine ferme: vingt jours pour respecter autrui."

Le tribunal ira bien plus loin que les réquisitions du ministère public: trois mois d’emprisonnement ferme.

A la connaissance de la sentence, l’avocat a manifesté aussitôt son intention de faire appel d’une décision qu’il considère anormalement élevée.

Le caractère toxique de la relation du couple ne doit pas écarter une épouse alcoolique et particulièrement violente pour Me Thomas Brezzo, bien décidé à imposer un partage des responsabilités.

"Madame a refusé de venir devant vous, comme à la confrontation réclamée par le Parquet général. Parce qu’elle a exagéré ses propos et dénonce une stratégie d’emprise, de déstabilisation bien antérieure. Les policiers ont pu constater les noms d’oiseaux… Mon client a déjà été condamné pour ces faits. Il est sorti aujourd’hui de cette spirale infernale. Pensez plutôt à une peine d’amende."

Offre numérique MM+

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