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Prison ferme pour un conducteur ivre... qui avait déjà tué à scooter

Mis à jour le 31/01/2020 à 11:23 Publié le 31/01/2020 à 11:23
Le deuxième prévenu, «arrogant» face à la police, écope de prison ferme aussi.

Le deuxième prévenu, «arrogant» face à la police, écope de prison ferme aussi. J.-F. Ottonello

Prison ferme pour un conducteur ivre... qui avait déjà tué à scooter

Monaco En état de récidive, ce jeune chauffard niçois de 19 ans écope de deux mois ferme

Boire un petit coup devient vite désagréable dès que l’on dépasse les deux unités. Justement, deux individus ont comparu menottés à l’audience de flagrance pour ne pas avoir restreint leurs libations à la limite recommandée dans la soirée du 20 janvier 2020.

Le premier, un étudiant niçois, est un admirateur de bolides. L’occasion rêvée : il emprunte une Audi R6 à son copain pour faire un tour… Bonjour la frime avec 400 chevaux sous le capot dans les rues de Monaco. Mais vers 22 heures il effectue un dépassement dangereux sur le boulevard du Jardin-Exotique. Mauvaise idée : une patrouille veille et les policiers interpellent rapidement le jeune conducteur à l’instant où il se retrouve complètement à contresens sur une centaine de mètres, avec une alcoolémie de 0,77 mg/l.

Dans le box, le prévenu, les yeux hagards, et visiblement mal à l’aise de se retrouver devant un tribunal, déclare ne jamais boire. Il s’est juste « laissé entraîner au plaisir de la boisson au cours de cette soirée entre amis sans mesurer le danger associé à l’excès ».

« Vous avez déjà tué une personne »

Toutefois, le président Florestan Bellinzona est plus préoccupé par le cas de récidive. « Vous avez déjà tué une personne en conduisant votre scooter sous l’emprise de stupéfiants. C’est identique à l’alcool. Décidément, ça ne rentre pas ! Et si un piéton traversait au même instant, que faisiez-vous ? »

Le jeune homme baisse la tête. La honte de sa faute le contraint au silence et à la remarque d’avoir « l’estomac vide ». Peu importe la notion de repas ou non pour le magistrat : « le taux d’alcool c’est mécanique ». Plus inquiétant encore pour premier substitut Cyrielle Colle, « cet étudiant va entrer dans la vie active, déjà confronté à la délinquance routière. À 19 ans, il n’a pas compris… Le seul moyen de le faire réagir ? Confrontez-le à la dure réalité de la détention. Une peine fractionnée de deux mois plus 495 euros de contraventions pour le franchissement de la ligne continue et la vitesse excessive. Avec un permis français, et sans le pouvoir de le suspendre, prononcez une interdiction de conduite en Principauté pendant deux ans. »

« Vous avez dégradé la cellule de dégrisement »

Le second détenu est également récidiviste avec une infraction identique en mars 2017. Ce businessman américain, résidant à Monaco, théâtralise ses propos avec son physique de play-boy.

Il s’explique sur son infraction. Le même jour, vers 18 h 20, son Audi R8 roule sous le tunnel Louis-II. Impatient de faire vrombir les 540 chevaux des soupapes de son supercar, il dépasse un véhicule… banalisé de la police. Rattrapé dans la rue Grimaldi, le conducteur est ivre. Il a une alcoolémie quatre fois supérieure au taux autorisé : 1,05 mg/l.

« Arrogant et menaçant, remarque président Florestan Bellinzona, vous avez dégradé une partie de la cellule de dégrisement… » Le prévenu s’excuse et affirme n’avoir « plus conduit depuis sa précédente condamnation. Je suis prêt à tout faire et vous écouter ! Mais ne me remettez pas en prison. Je veux conserver mon travail à Monaco. » De belles promesses ? Cela n’empêchera pas une sévérité imposée du côté du parquet. « Ce tunnel est très dangereux, rappelle le premier substitut Cyrielle Colle. On ne double pas et on ne roule pas vite. Il n’y a pas eu assez de morts à cet endroit ? 3 000 € euros d’amende n’ont pas suffi la première fois. Mettez du sursis pour la seconde, mais avec une période de cinq mois de soins et 450 € de contraventions. Je ne vais pas demander l’annulation du permis de conduire, mais m’inspirer de la politique de la commission administrative : une suspension de deux ans. »

« Ne pariez pas sur une future catastrophe »

Me Sophie-Charlotte Marquet fait part de l’inquiétude de son client pour son avenir professionnel. « Il n’a pas pu informer sa hiérarchie de son absence pendant le temps d’incarcération et risque des sanctions. N’étant pas en état de conduire, il lui était difficile d’anticiper les éventuels problèmes au volant de son véhicule. Car il voulait à tout prix rejoindre les locaux de son employeur par grande conscience professionnelle. Ne pariez pas sur une future catastrophe… »

Le tribunal a prononcé une peine identique pour les deux prévenus : deux mois d’emprisonnement ferme avec le bénéfice de l’exécution fractionnée. Donc une réservation assurée pour demeurer les huit prochains week-ends à la maison d’arrêt. 345 euros de contraventions et suspensions du permis de conduire pendant un an pour l’un et interdiction de conduire sur le territoire monégasque pour une même période pour l’autre.


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