Prison avec sursis pour le déménageur qui avait renversé un piéton à Monaco

Si un mois de prison ferme a été requis, les juges ont condamné le chauffeur de 35 ans à quatre mois avec sursis et une interdiction de conduire à Monaco pendant trois ans.

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Jean-Marie Fiorucci Publié le 29/12/2022 à 09:20, mis à jour le 29/12/2022 à 08:17
Le prévenu avait 19 condamnations sur son casier judiciaire. Photo Jean-François Ottonello

Dans la série des personnages distraits, on peut citer un chauffeur étourdi d’une entreprise de déménagement. Déjà, il a fait irruption dans le prétoire, quasiment à la fin de l’audience qui jugeait sa culpabilité dans une affaire de conduite sous l’influence de produits stupéfiants et de blessures involontaires. Autre égarement beaucoup plus sérieux: le 10 octobre dernier, il a consulté un bon de livraison sur le siège passager de son "Renault Master" et répondu en même temps à un appel téléphonique de son patron.

Enfin, occupé à autre chose au lieu de rester vigilant au volant de son utilitaire, il y a la gravité de l’infraction. Le déménageur a renversé un piéton qui traversait dans un passage protégé du boulevard d’Italie.

25 jours d’ITT

Il était 9 h 40, à hauteur de l’immeuble "Le Puccini", quand l’accident est arrivé. Alertés, les policiers, sont intervenus rapidement sur les lieux et ils ont fait aussitôt évacuer la victime vers le service des urgences du CHPG, dont les blessures lui ont valu vingt-cinq jours d’ITT. Le manque d’attention était-il la seule cause de cet événement malheureux? Non! L’homme avait fumé la veille du cannabis pour célébrer son anniversaire. Pourtant, à l’audience, le joint ne semblait avoir aucune incidence sur son comportement incompréhensible.

"J’ai freiné d’un coup, rapporte le prévenu, mais le camion surchargé n’a pas pu stopper net. J’étais conscient. J’ai aidé le monsieur à se relever. Je ne l’ai pas fait exprès. Je ne me suis pas échappé. Mais c’est ma faute. Vous savez, j’ai perdu mon emploi de chauffeur-livreur et je travaille actuellement à temps partiel pour m’en sortir avec ce job à 800 euros mensuel."

Tous les éléments sont bons pour amener le président Florestan Bellinzona à privilégier la clémence à l’heure du jugement. Mais un regard sur le casier judiciaire devrait inverser la tendance indulgence avec dix-neuf condamnations au compteur: vols, refus d’obtempérer, violences, outrages, stupéfiants, absence d’assurance…

Plus encore, le conseil de la partie civile s’est étonné de l’attitude du prévenu. "Il n’hésite pas à se présenter comme une victime, proteste Me Christophe Sosso pour manifester son mécontentement. S’il y a eu cet accident, rien n’est sa faute. Alors, on ne peut plus sortir de chez soi? Traverser? Soyons sérieux: il faut faire attention quand on conduit. Mon client a des séquelles. Les conséquences? Rien n’est consolidé ! Nommez un expert judiciaire et obligez le versement d’une provision de 3 000 euros."

"Oui, c’est bien votre faute"

Le parquet n’est pas plus enclin à accorder une once de circonstances atténuantes. Elles seraient plutôt aggravantes d’après les réquisitions du premier substitut Julien Pronier. "Passer toute la nuit à faire la fête avec des stupéfiants et on reprend le camion au matin. C’est désolant. Vous avez passé votre temps à rabâcher que ce n’était pas votre faute. Oui, c’est bien votre faute ! La peine doit être en adéquation avec vos antécédents judiciaires. Un mois de prison et interdiction de conduire pendant cinq ans. »

Panique à bord ! Le prévenu ne pensait pas faire de la prison. "Je n’ai jamais eu d’accident, avance-t-il tétanisé. J’essaie de m’en sortir sur tous les plans. Je paierai financièrement pour la victime. Oui, j’ai fait des bêtises. Mais jamais du mal. J’avais déjà effectué quatorze livraisons. J’étais fatigué et j’avais des problèmes pour stationner…" 

Que s’est-il passé dans le secret du délibéré? Le tribunal a condamné ce prévenu de 35 ans à quatre mois d’emprisonnement… assortis du sursis. Plus une interdiction de conduire pendant en Principauté pendant trois ans. Une expertise est ordonnée, tout comme une allocation de 1 500 euros.

Avant de passer à l’affaire suivante, le magistrat a patiemment expliqué au chauffeur la marche à suivre pour une prise en charge des dommages par l’assurance. Car les sommes à payer, à l’heure du renvoi sur intérêts civils, pourraient être de l’ordre de dizaines de milliers d’euros.

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