Rubriques




Se connecter à

Pour sauver sa société, il achète pour 41.000€ de bijoux avec des chèques en bois à Monaco: le directeur condamné

Le directeur d’une société, absent à l’audience du tribunal correctionnel de Monaco, a été condamné à 2.000€ d’amende avec sursis pour le délit et à 3.000€ de préjudices pour la partie civile.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 18/05/2022 à 05:02, mis à jour le 18/05/2022 à 10:34
Le directeur de la société pensait par ce subterfuge sauver son entreprise d’une nouvelle déroute financière. DR

Si les bijoux vendus étaient bien en or, les chèques émis pour s’acquitter de leur montant de 48.510 euros étaient malheureusement en bois pour le bijoutier de Monaco. Un directeur de société pensait sauver de la déroute financière l’entreprise dont il assurait la gestion avec un important achat de joyaux en Principauté.

La soi-disant dépense, réfléchie, permettait en fait de récupérer une somme conséquente en euros par le biais de la revente des bijoux à prix d’or. Avec un avantage conséquent: éviter de nouveaux embarras de trésorerie puisque ces pièces d’orfèvrerie étaient payées en monnaie de singe. Ce subterfuge était peut-être habile. Mais le dessein s’est avéré peu propice pour échapper aux conséquences de la justice monégasque.

"Il savait…"

Une magouille qui n’a laissé aucun doute au président Florestan Bellinzona dans son instruction du dossier. "Le prévenu signait un premier chèque de 21.995 euros le 7 octobre 2020. Or, il connaissait la situation de son compte bancaire au moment de l’achat. Mais il tablait sur une revente instantanée des bijoux pour couvrir sa dette sans sortir le moindre argent. Face à la pression de la commerçante, il remettait un second chèque de 48.510 euros, le 25 septembre 2021, afin de s’acquitter de la totalité de la somme. À nouveau, il savait pertinemment que l’absence de provision sur un compte à sec ne pouvait honorer son paiement."

"Il a tout entrepris pour privilégier sa situation"

Absent à l’audience, et à part les propos recueillis par la Sûreté publique, ce ressortissant canadien ne livrera aucune autre explication. Même si les déplacements permanents du prévenu afin d’assurer son activité professionnelle sont évoqués, comme un casier vierge, pour Me Charles Lécuyer, le délit est bien caractérisé par deux chèques impayés. "Notez la mauvaise foi de ce personnage à la conduite inconvenante. Il dénonce un bijou estimé faux. Pourtant, il a bien procédé à sa vente et la somme a été affectée à la situation financière de sa société pour la sauver d’une déconfiture. Malgré ses deux comptes bancaires déficitaires, il a tout entrepris pour retarder et privilégier sa situation. La victime sollicite la totalité du paiement, plus 3.000 euros pour les préjudices moral et financier."

 

La demande de remboursement rejetée

Sans s’étendre sur une infraction reconnue, le substitut Emmanuelle Carniello a requis une peine d’amende de 5.000 euros assortie du sursis. Si tout accuse son client dans une lecture simple du dossier, Me Thomas Brezzo a positionné toutefois le curseur sur la véritable responsabilité du quinquagénaire.

"Quelle est sa fonction dans le cadre de cette affaire? Quelles sont ses obligations? Pouvait-il émettre des chèques au nom de la société? On n’a pas recherché sa qualité exacte. Il a établi des chèques sans provision au nom de l’entreprise. Il aurait dû être représenté par un administrateur et non cité à titre personnel. Je réclame la relaxe du prévenu ou bien tenez compte de sa situation de primo-délinquant."

Le tribunal correctionnel de Monaco a déclaré le directeur coupable et il a prononcé une peine de 2.000 euros d’amende avec sursis. En revanche, il a rejeté la demande de remboursement de la dette par la partie civile en lui allouant 3.000 euros pour les seuls préjudices.

Offre numérique MM+

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.