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Pour protéger son client au Sass’ Café, le garde du corps intervient violemment: il est condamné

Mis à jour le 13/08/2020 à 18:12 Publié le 13/08/2020 à 18:11
Le SaSS Café.

Le SaSS Café. Photo Cyril Dodergny

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Pour protéger son client au Sass’ Café, le garde du corps intervient violemment: il est condamné

La scène se déroule sur la piste de danse de l'établissement de nuit monégasque, le 26 mai 2019. Pour avoir rudoyé un individu qui avait un contentieux avec son client, le garde du corps écope de 500 euros d'amende.

S’offrir un garde du corps dans le cadre d’une mission de protection rapprochée d’une personne de notoriété importante n’a rien d’exceptionnel. Mais il est plus surprenant de voir comparaître pareil professionnel devant le tribunal correctionnel pour violences.

Le 26 mai 2019, ce chauffeur spécial d’une société doit veiller au respect de la vie privée de son client en Principauté. Il ne quitte pas d’une semelle son riche homme d’affaires venu se divertir au Sass’ Café. Vers 2 h du matin, sur la piste de danse, le plaignant, en compagnie d’amis, sent le bras du gorille belge le serrer fort au niveau du cou. Puis il se retrouve basculé en arrière.

"Le contentieux porte sur 15 millions d’euros"

Aussitôt, les videurs de la boîte de l’avenue Princesse-Grace interviennent afin de les séparer. Le protecteur aurait-il surévalué d’éventuelles menaces ? Le lendemain, le danseur malmené se plaint de douleurs cervicales et lombaires. Il se rend au CHPG. Le médecin lui prescrit une ITT de trois jours.

À l’audience, la présidente Françoise Barbier-Chassaing veut connaître les raisons qui ont déclenché cet acte brutal.

"La personne que j’accompagnais à Monaco était en litige avec la victime, assure le prévenu qui fait part de son sens aigu de l’observation requis pour ce métier. Quand j’ai vu ce personnage, drogué et imprévisible, se précipiter sur mon client, j’ai voulu le maîtriser parce que je l’ai trouvé agressif vis-à-vis de celui que je devais protéger."

Au cours de l’intervention du conseil de la partie civile, le différend apparaît sous la forme d’une grosse affaire contestée en Belgique. "Le contentieux porte sur 15 millions d’euros, révèle l’avocate. Pour autant, mon client ne s’est pas montré agressif. Les yeux écarquillés par la drogue ? Est-ce suffisant pour déclencher une attaque gratuite ? Nous évaluons les préjudices moral et physique à 3 000 e pour chacun. Il faut éviter d’être au centre d’une émeute et d’une bagarre quand on vient sur le territoire princier." 

"On ne fait pas sa loi en Principauté"

La légendaire tranquillité monégasque sert de thème aux réquisitions de la procureure Alexia Brianti.

"Les faits se sont passés dans un contexte particulier d’une mission de sécurité. On ne peut pas tolérer que l’on fasse sa loi en Principauté. Les violences à l’encontre du plaignant sont la cause des blessures constatées par le médecin urgentiste. Le prévenu a plus causé de troubles qu’il en a évités. Une amende de 1 000 e s’impose."

Évidemment, la défense va réprouver tout recours agressif et marteler l’unique objectif : éviter justement tout débordement.  

"Il y a des lettres de menaces de la part du demandeur, lance Me Clyde Billaud. Mon client n’avait aucune envie de porter des coups. Penchez-vous sur l’attitude de ce personnage qui finit sa nuit au champagne. Il réagit beaucoup plus violemment que le garde du corps qui s’est interposé afin d’éviter un éventuel danger pour la personne protégée. Quant aux 6 000 e de dommages et intérêts, il n’y a aucune pièce versée au débat…"

Après délibération, le tribunal a prononcé une peine d’amende de 500 e et une somme identique pour dédommager la partie civile.

Offre numérique MM+

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