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Pour échapper à une nouvelle condamnation, il usurpe l’identité de son frère cadet à Monaco

Le prévenu a été condamné pour des faits commis précédemment sous l’identité de son frère cadet afin d’éviter une énième mention sur son casier judiciaire.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 05/04/2022 à 14:30, mis à jour le 05/04/2022 à 11:04
Une femme a dénoncé l’usurpation durant l’audience. Photo Sébastien Botella

C’était le mardi 5 septembre 2017. A l’époque, un militaire de carrière de vingt-huit ans comparaissait menotté devant le tribunal correctionnel, selon la procédure de flagrant délit, pour avoir conduit en Principauté avec un taux de 1,05 mg d’alcool par litre d’air expiré.

Les policiers l’avaient contrôlé vers 13 heures, au rond-point Wurtemberg, à cause d’une manière très étrange de conduire son utilitaire Renault. Ce taux d’alcool trop élevé avait valu à ce parachutiste une condamnation à une peine d’amende de 750€ assortie du sursis.

La défense, à l’époque, n’avait pas hésité à rappeler son implication dans de nombreuses actions en faveur des plus démunis, sa lutte contre l’excision des jeunes filles au Sénégal et sa participation dans la scolarisation des enfants du continent africain.

Une femme, présente à cette audience, alertait la justice. Le prévenu dans le box, affirmait-elle, était en fait le détenteur précaire du patronyme cité dans l’ordonnance de renvoi. Erreur? Alias? Les policiers reprenaient l’affaire et convoquaient à nouveau le personnage en question. Au cours de sa garde à vue il avouait l’usurpation d’identité.

Diverses condamnations à son actif

Reconvoqué mardi dernier devant ce même tribunal, l’imposteur n’avait pas fait cette fois le déplacement. En revanche, la victime de cette machination se tenait à la barre.

 

C’est son frère cadet. Il se constitue partie civile mais ne réclame aucun préjudice moral. Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle, après avoir commenté le délit de son "pseudo", l’a rassuré afin que sa vie ne soit pas une suite de cauchemar pour ces faits commis par l’aîné. "Vous ne serez pas condamné à tort en Principauté."

Quant aux réquisitions prononcées par le substitut Emmanuelle Carniello pour sanctionner celui qui pensait tromper autrui, elles sont sévères. "Cet individu est bien connu des services de police. Son casier français est entaché par deux condamnations pour stupéfiants et vol en réunion. Il serait d’ailleurs coutumier de délits identiques en France. Prévoyez une peine de prison de six mois ferme."

Reconnu coupable des trois infractions: conduite sous l’emprise d’un état alcoolique, usurpation d’identité et escroquerie au jugement, le tribunal a prononcé la peine requise par le ministère public.

Quel enseignement en tirer? "Tel est pris qui croyait prendre", disait La Fontaine dans sa fable "Le Rat et l’huître".

Offre numérique MM+

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