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Pompier électrisé dans un appartement à Monaco: peines confirmées en appel pour le couple de propriétaires

Mis à jour le 20/02/2018 à 11:38 Publié le 20/02/2018 à 11:27
Illustration/ Exercice incendie avec les sapeurs pompiers de Monaco à la Brasca à Eze.

Illustration/ Exercice incendie avec les sapeurs pompiers de Monaco à la Brasca à Eze. Photo archives J.-F.O.

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Pompier électrisé dans un appartement à Monaco: peines confirmées en appel pour le couple de propriétaires

Le couple monégasque écope de 6 mois de prison avec sursis et l’obligation de verser de fortes sommes au pompier blessé lors de son intervention et à l’Etat.

Dans son arrêt, la cour d’appel a confirmé, hier matin, le jugement du tribunal correctionnel. Les époux monégasques sont condamnés à 6 mois d’emprisonnement avec sursis, liberté d’épreuve pendant trois ans, obligation de réparer les dégâts et de verser une provision de 20.000 € pour le pompier blessé, une indemnisation de 5.000 € pour son épouse et la somme de 58.309,32 € réclamée par l’État.

Sur les faits, l’audience n’aura apporté quasiment aucun éclaircissement. On restera toujours dans le flou total dès qu’on aborde la genèse de l’incendie et de l’installation électrique artisanale dans un immeuble domanial de Fontvieille. Le couple campe toujours sur ses positions. En réponse aux interrogations du président Éric Senna, le mari confesse son intention de se rendre au sous-sol avec une cigarette allumée afin de récupérer un climatiseur. Mais il conteste fermement l’abandon du mégot dans la cave. Comme il n’avait pas les clés du local, il est retourné chez lui.

"Ma vie s’est arrêtée le 30 avril 2016"

Les époux réfutent également être à l’origine du branchement confectionné sans professionnalisme. L’installation existait déjà lors de leur emménagement.

Pour la victime, venue demander réparation pour ses blessures, l’alerte a été donnée vers 12 h. Quatre pompiers ont pénétré dans la cave. Mais au moment de ressortir, le plaignant essaie de se repérer au milieu de l’épaisse fumée. C’est à ce moment-là qu’il touche les fils…

Depuis, son état s’est aggravé au point d’être dans l’impossibilité de reprendre ses fonctions au sein de la compagnie monégasque. "Ma vie s’est arrêtée le 30 avril 2016. Depuis, j’ai perdu mon emploi et une partie de mon salaire!" Avec en corollaire cette interrogation: pourquoi n’a-t-on pas neutralisé le courant? Pourtant, c’est le protocole habituel appliqué en cas d’incendie…

"La Smeg a été informée, plaide Me Raphaëlle Svara, conseil de la partie civile. L’imprudence et l’ignorance des prévenus sont la véritable cause de cet accident qui a conduit mon client à une descente aux enfers. Nous réclamons une provision de 50.000 € pour le plaignant et 20.000 € pour son épouse."

Me Hervé Campana, le représentant de l’État, s’élève contre le reproche fait aux pompiers. Le défaut de vigilance avancé, le fait bondir: "Ces hommes risquent leur vie et les propos du couple mis en cause me choquent. Nous demandons le remboursement des 55.609 € engagés pour les soins."

Quant au procureur général adjoint Hervé Poinot, il évoque une faille.

"L’accident intervient en 2016. Il y a eu négligence de n’avoir pas mis l’installation aux normes. Le tribunal peut le constater."

Quant aux pompiers, pas question de leur reprocher d’être intervenus dans une situation d’urgence. "Devait-on laisser brûler l’immeuble, poursuit le magistrat du parquet, en attendant la dissipation de l’opacité de la fumée? Cette audience aura permis de remercier à nouveau ces hommes du corps comme la victime pour leur courage."

"Il était élémentaire de couper l’électricité"

Des qualités qui sont également mises en exergue par la défense, afin d’exalter les souffrances et l’incapacité du plaignant. En revanche, Me Thomas Giaccardi estime l’erreur possible.

"Il n’y a pas de lâcheté de parler de manquement à une règle de base: avant d’intervenir, il était élémentaire de couper l’électricité! L’installation a souffert de l’incendie. Le risque est important! On a mis l’équipe d’intervention en grand danger. Et de quelle norme parle-t-on? Il n’y en a pas en la matière à Monaco!"

Tout en s’interdisant de jeter l’opprobre avec ses propos, l’avocat réclame un regard objectif.

"On aurait pu désigner un expert pour l’appréciation matérielle des faits. Au bénéfice de ces explications, nous sollicitons la relaxe. Cela n’aura aucune incidence sur la prise en charge de la victime."

Il ne sera pas entendu.

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