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Policiers en force, proches en larmes... A Nice, les go-fast conduisent à une série d’arrestations à la barre

Cinq prévenus libres en ont suivi deux autres en prison, ce mercredi à Nice. Le tribunal a prononcé des peines allant jusqu’à 7 ans ferme pour un trafic de stups entre l’Espagne et le quartier de l’Ariane.

Christophe CIRONE Publié le 26/05/2022 à 07:30, mis à jour le 25/05/2022 à 20:49
Les policiers de la compagnie départementale d’intervention (CDI) sécurisent le palais de justice, au moment du délibéré, hier à Nice. Photo C. C

Le tribunal correctionnel s’apprête à rendre sa décision, ce mercredi à Nice, quand les policiers investissent une salle d’audience déjà bondée. Leur nombre laisse peu de place au doute. Le président Christian Legay confirme les craintes de la défense: la plupart des prévenus présents sont arrêtés à la barre. Une scène rare.

14h15. La tension est palpable, au troisième et dernier jour de ce procès de trafic de stups, quand résonne le cliquetis des menottes. Des proches fondent en larmes. Tendent un sac de vêtements. Tour à tour, ils étreignent ce conjoint, ce fils qui va retourner en prison, voire la découvrir. "Je fais un an, je sors", tente de rassurer l’un d’eux. "C’est rien, c’est rien..." Tension palpable, mais zéro incident.

Discrets convois

Six mandats de dépôt, un maintien en détention, trois mandats d’arrêt et une relaxe. Ainsi se conclut cette affaire dans laquelle étaient jugés douze prévenus.

Elle débute sur un renseignement anonyme, fin 2017, qui déclenche une enquête de la police judiciaire de Nice. La brigade des stups remonte ensuite la trace de convois entre l’Espagne et le quartier de l’Ariane, à Nice. Elle interceptera deuxgo-fast.

 

À vrai dire, le terme est quelque peu galvaudé. Naguère, les trafiquants roulaient à tombeau ouvert en Audi ou grosse Merco. De nos jours, ces convois font profil bas. Lesgo-fast stoppés en 2018 puis 2019 mettent en scène des Megane, Smart ou Twingo. Plus discret.

Le principe, lui, reste le même (une voiture ouvreuse, une autre avec la came, une voiture-balais). L’objectif aussi. Les policiers saisissent 127kg de résine de cannabis à bord du premier convoi. Puis 33kg, lors d’une livraison entre Antibes et Nice. Et ils interpellent deux équipes successives, même si certains suspects parviennent à s’enfuir.

Trois mandats d’arrêt

La salle des pas perdus se vide sans incident, sous le regard des policiers. Photo C. C.

Pour les autres, difficile de nier leur implication dans ces deuxgo-fast. La PJ, elle, a pu en observer une dizaine. Entre surveillances physiques et téléphoniques, ses limiers ont mis au jour un trafic plutôt bien structuré. La défense relativise, pointe un certain amateurisme.

Surtout, les avocats insistent: leurs clients ont coopéré et sont insérés. Certes, deux prévenus, Adil Ferraq et Karim Ouzil, sont en fuite. Un troisième, Hocine Djebari, manque à l’appel au moment du délibéré. Mais tous les autres sont là, bien qu’ils aient senti venir le vent du boulet.

Deux prévenus libres

Mardi, le procureur Jean-Philippe Navarre a fait courir un frisson dans leur échine. Il a requis jusqu’à 8 ans de prison, voire 10 pour les deux fugitifs. Et plusieurs prévenus sont en état de récidive légale.

 

Le tribunal réduit les sanctions, mais prononce de lourdes peines. 7 ans ferme et mandat d’arrêt pour Ferraq et Ouzil. 6 ans pour Omar Beneddine et Alladine Ben Salah. 5 ans pour Yannes Feddouz. 4 ans ferme pour Hocine Djebari et Ramzi Jemei, 3 ans pour Jean Torres et Wissem Omri, 2 pour Marius Couloubrier.

Seul Mickael Maamri (un an) et un douzième prévenu, relaxé, ressortent libres. Le tribunal inflige en outre des amendes de 10.000 à 100.000 euros. Mais pour les familles en pleurs, à cet instant, l’essentiel est ailleurs.

1. Mes Audrey Vazzana, Adrien Verrier, Bastien Caire, Béatrice Eyrignoux, Paul Sollacaro, Gérard Baudoux, Aziza Abou El Haja et Carole Borghini.

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