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Plus de 2.000€ par mois: les serveurs empochaient les additions en douce et tentent d'accuser le patron du restaurant à Monaco

Deux serveurs, soupçonnés d’abus de confiance, ont réfuté tout acte frauduleux. Ils ont été cependant condamnés à huit et quatre mois de prison avec sursis.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 14/12/2021 à 14:35, mis à jour le 14/12/2021 à 14:34
Les deux prévenus, serveurs dans un restaurant, ont été condamnés à 8 et 4 mois de prison avec sursis Photo Jean-François Ottonello

Il semblerait que deux serveurs d’un restaurant très apprécié en son temps par la clientèle monégasque comme de passage, n’avaient pu résister à la tentation de détourner l’argent de consommations afin de satisfaire leurs propres intérêts.

Un comportement cependant réfuté à la barre par un des prévenus, et dans ses déclarations en garde à vue pour le second, absent au procès.

2.000 euros par mois détournés pendant plus de deux ans

Car il leur est reproché un délit d’abus de confiance. Une infraction lourde de conséquences avec une condamnation respective à huit et quatre mois de prison avec sursis. Plus le placement sous le régime de la liberté d’épreuve pendant trois ans, l’obligation de rembourser leur patron et un versement solidaire de 30.000 euros au plaignant.

Il faut se replonger dans les années d’avant la pandémie. L’employeur avait bien remarqué une tendance à la baisse de son chiffre d’affaires. Mais, confiant, il pensait que les serveurs s’adonnaient juste à quelques sociabilités de comptoir pour conforter les relations avec la clientèle.

 

Jusqu’au jour où une pratique l’intrigue.

Un client vient régler l’addition avec une carte bancaire. Mais la note ne sera jamais éditée. Évidemment, elle avait été effacée… Comme les quatorze autres opérations repérées par le gérant en remontant dans les écritures comptables.

Certes, seul le "cash" renonce aux traces.

Alors, les explications des deux serveurs sont plutôt ambiguës face à ces agissements déloyaux.

"Les policiers, méfiants afin de laisser peu de place à l’amalgame, vont contacter les titulaires des cartes bancaires, dévoile le président Florestan Bellinzona. Une fois la correspondance établie avec les paiements effectués, il leur est facile de relever des anomalies quasi régulières en rapport avec des paiements décalés d’une bonne heure…"

Les détournements dépasseraient les 2.000 euros par mois sur deux ans et demi.

 

Le seul des deux prévenus présent à l’audience apparaît étonné.

Le prévenu met en cause le gérant

S’il n’écarte pas une éventuelle erreur au moment de la saisie, il soupçonne une magouille du gérant.

"Il aurait mis en place une comptabilité parallèle pour des raisons fiscales. Et je ne m’étonne pas d’une cabale pour nous éliminer. Comme nous avions de hauts salaires, il était plus rentable d’embaucher des jeunes…"

Le magistrat note un dépôt sur le compte bancaire du fraudeur de 31.000 euros en liquide sur seize mois et de 7.000 euros pour son compère. Des apports en numéraires qui proviendraient uniquement, selon le prévenu, de pourboires et primes versées en espèces.

Aussitôt la victime objecte qu’il n’a "jamais inventé de machination pour se séparer de ses employés. En éludant les règlements en espèces en 2018, j’ai subi cette année-là une perte de 80 000 euros sur mon chiffre d’affaires."

A la suite, Me Maeva Zampori insiste sur "une enquête remarquable qui démontre les procédés des deux employés coutumiers des faits. Mais on préfère jeter le discrédit sur mon client et crier au complot pour se défendre. Le préjudice est estimé à 50 000 euros. C’est certainement beaucoup plus…"

 

Après avoir longuement délibéré, le tribunal a réduit les peines à huit et quatre mois avec sursis et suivi les recommandations du ministère public.

Le ministère public et la défense s'opposent

De son côté, le premier substitut Cyrielle Colle note des "manipulations effectuées quand le gérant était absent. Sur 162 jours d’ouverture, les policiers vont trouver soixante cas incohérents qui n’ont aucune concordance avec des paiements particuliers. 1.400 € de pourboires mensuels apparaissent impossibles. Ces deux quinquagénaires à la moralité douteuse devront indemniser la victime, plus une peine respective d’un an et huit mois avec sursis et liberté d’épreuve. »

Dès lors, la défense viendra semer le doute dans les esprits. "Qui a supprimé les tickets? Les notes litigieuses? Les clients n’ont jamais pu identifier le serveur concerné. Qui a utilisé la caisse? Les deux employés, le patron, son fils ou des extras? Pourquoi aucune place à l’erreur? On évoque des détournements: quels éléments le démontrent? Qui en est l’auteur? Tout cela ne tient pas. Entrez en voie de relaxe."

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