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"Pas de pardon sans réparation", selon le père Florini après le rapport sur la pédocriminalité dans l’Église

Après le choc du rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l’Église, débat sur le secret de la confession. À Nice, le père Florini s’inscrit dans la ligne du président des évêques de France.

FRANCK LECLERC Publié le 08/10/2021 à 19:35, mis à jour le 08/10/2021 à 19:33
Dans le confessionnal de l'église Saint-Pierre d'Arène, à Nice. (Photo Dylan Meiffret) Dylan Meiffret / Nice Matin

Le secret de la confession, plus fort que les lois de la République?

Ces mots de l’archevêque de Reims, président de la Conférence épiscopale de France, ont soulevé un tollé. Et ouvert un débat, puisque son homologue de Lyon, à propos d’une éventuelle levée de ce secret, estime que "vu la gravité des faits (...) ça vaut le coup d’y réfléchir".

À Nice, le père Gil Florini a peut-être beaucoup à confesser. Dont une singularité et une liberté de parole qui lui sont parfois reprochées. Lui qui bénit les animaux, les voitures et les téléphones portables a choisi d’autres voies que celles du Seigneur pour s’exprimer sur le sujet. Tweeter. Où il postait récemment cette position qui mérite une explication: "Il faut punir les déviants, mais la conscience prime."

"On reconnaît devant Dieu et, avec l’aveu, on demande le pardon. Mais pas d’absolution sans réparation", détaille le père Florini. Il veut rappeler que "c’est le secret qui fait la valeur". Autrement dit, si celui-ci était levé, "les trois quarts des gens ne viendraient jamais se confesser". Raison pour laquelle, selon lui, "le secret est le garant de la liberté de conscience".

 

Lui-même admet s’être déjà vu confier des faits graves. Un crime de sang, notamment. Dans un tel cas, que lui commande sa propre conscience? "Dans ma liberté, dire à l’autre que, dans sa liberté, il doit se dénoncer." Mais pas question de s’y substituer, "sans quoi l’on est excommunié".

"Cela n’empêche pas de punir"

On se fait l’avocat du diable. Plutôt son salut ou celui des victimes? Autrement dit, l’excommunication d’un prêtre serait-elle plus fâcheuse que la sécurité d’un mineur exposé? "Le problème ne se pose pas comme ça. La réparation, c’est faire que l’acte ne puisse pas se reproduire, et qu’en même temps justice soit faite." Aider la personne à prendre la bonne décision, rien d’autre. En quelque sorte, le convaincre "jusqu’aux flics".

Pour le père Florini, par un "effet de mode sociologique", le sujet de la pédophilie est "porté, exacerbé". En raccourci, "soumettre un sacrement" à ce que la société en pense à l’instant T ne serait pas la meilleure façon d’y réfléchir. "Cela n’empêche pas de punir, mais ce n’est pas la confession qui doit permettre de dénoncer", martèle le curé de la paroisse Saint-Ambroise qui voit aussi quelque vertu dans le principe de prescription. "Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas aider la victime."

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