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"On est escroc à tout âge": il espérait revendre plus d'1 M€ des oeuvres contrefaites à Monaco

Mis à jour le 24/07/2020 à 09:46 Publié le 24/07/2020 à 09:45
Le prévenu avait déjà effectué trois mois de détention.
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"On est escroc à tout âge": il espérait revendre plus d'1 M€ des oeuvres contrefaites à Monaco

Certificats à l'appui, le retraité italien a plaidé la bonne foi devant le tribunal. Il n'a été que partiellement entendu.

Inutile de le comparer au célèbre commerçant Fernand Legros qui a grugé de nombreux acheteurs et collectionneurs d’art. Le retraité italien avait juste exposé quatre faux tableaux: deux du portraitiste anglais Francis Bacon et deux du peintre Giorgio De Chirico.

C’était le 30 octobre 2017, au cours d’une exposition au quai Antoine-Ier, organisée par l’Hôtel des ventes de Monte-Carlo.

Certificats d’authenticité à l’appui, le Florentin espérait retirer de ses toiles le montant de leurs estimations: 1.300.000 euros. Mais pour les experts, ces originaux étaient des contrefaçons! La SAM portait plainte.

Le faussaire d’occasion, absent au procès, était condamné le 5 mars 2019 par le tribunal correctionnel à un an de prison ferme avec mandat d’arrêt. Son avocat, Me Yann Lajoux, interjetait appel de la décision.

Extradé de la Péninsule, après trois mois de détention provisoire, son nouveau procès devant la juridiction du second degré était reporté au mois de juin à cause de la pandémie du Covid-19.

"On est escroc à tout âge!"

À cette audience, la partie civile s’était désistée de son recours car le prévenu avait réglé le préjudice réclamé de 8.000 euros.

Toutefois, le retraité soutenait encore qu’il ne s’était pas rendu compte que les œuvres étaient fausses. Il l’ignorait et surtout il n’avait aucune volonté de commettre une escroquerie. En fait, il était venu à Monaco "pour connaître la vérité sur les toiles, vérifier leur authenticité."

De la fumée pour estomper l’effet de tromperie? La présidente Françoise Carracha craint l’astuce, presque imparable avec l’accompagnement des certificats d’authenticité délivrés pour ces œuvres. "D’où viennent-elles?",  s’exclame-t-elle.

"À la mort de ma mère, prétend l’ancien expert-comptable, j’ai trouvé ces documents dans ses dossiers. Elle avait acquis les peintures de Chirico auprès d’un antiquaire. Pour les deux pastels de Bacon, c’est différent. J’avais un mandat des propriétaires afin de les présenter en Principauté. En Italie, ils sont peu cotés."

Le regard lucide des magistrats exprime l’aberration des versions. Aucune n’apparaît suffisamment crédible. Inutile de jeter de la poudre aux yeux pour le premier substitut Olivier Zamphiroff, loin d’être convaincu par les arguments du prévenu.

"Ce dossier repose bien sur une tentative d’escroquerie et l’exportation de faux tableaux. Les documents? Dans une lettre, la signature a été captée et une autre atteste d’une fausse toile non enregistrée. On est escroc à tout âge! Le casier de cet individu, avec trois mentions pour des faits identiques, en témoigne. La mauvaise foi est établie. Pas d’adresse des consorts! Mais des secrets… Maintenez la peine initiale."

Relaxe partielle

À l’issue d’un temps très long pour délibérer, le septuagénaire a obtenu une relaxe partielle pour les œuvres de Francis Bacon.

En revanche, la présidente a confirmé la culpabilité pour l’importation d’œuvres contrefaites de De Chirico et la tentative d’escroquerie.

Avec une peine d’un an d’emprisonnement, dont huit mois avec sursis, le prévenu ne retournera pas en prison; la partie ferme étant couverte par la durée de la détention provisoire. Sauf s’il commet un autre délit pendant cinq ans.

À la sanction s’ajoute une amende de 20.000 euros. Alors, "l’art est-il un mensonge qui nous fait comprendre la vérité", si l’on suit la sentence de Picasso?


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