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Nu et ivre, il agresse des policiers sur le port

Mis à jour le 20/09/2016 à 05:10 Publié le 20/09/2016 à 11:03

Nu et ivre, il agresse des policiers sur le port

La scène a de quoi surprendre. Même les plus indifférents. Le Monégasque a été condamné à 18 mois de prison avec sursis.

Mercredi dernier, au petit matin, des îlotiers interviennent pour aider une femme sur une embarcation à la dérive près du quai Antoine-Ier, au niveau de La Rascasse. Simultanément, un homme accoste avec un autre bateau.

Quand il en descend, il est nu! Les policiers s'apprêtent à l'interpeller quand un détail attire leur attention: la jeune dame porte le caleçon de l'individu qui vient de débarquer. De plus, l'homme, un Monégasque, est en état d'ébriété manifeste. D'ailleurs, il se rebelle, donne des coups de tête et mord un agent…

Cet employé de la mairie de Monaco a comparu, menotté, devant le tribunal correctionnel pour outrages et blessures sur agents de la force publique. Il a été condamné à dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis, liberté d'épreuve, suivi médical, interdiction de fréquenter les débits de boisson pendant quatre ans et 200 euros d'amende. Il devra également verser 2.400 euros à la partie civile.

«Mémoire sélective»

Dans le box, le prévenu est devenu amnésique. Ce qui agace terriblement le président Michel Soriano qui le presse de questions sur sa conduite.

«Certes, vous étiez très alcoolisé. Mais votre mémoire semble plutôt sélective…»

«J'étais saoul! J'ai dû raconter n'importe quoi!»

Le magistrat: «Pourtant, vous le dites à cette audience avec un sourire narquois. Et la morsure infligée à l'agent au CHPG où vous essayez également de porter des coups avec votre tête, aucun souvenir?»

Le président, encore: «Vous demandez de prendre des photos pour témoigner des violences policières… Je ne comprends pas votre système de défense : vous contestez tout ! Mais on a un dossier. Alors, soit vous déposez plainte contre les policiers, soit vous tenez pour acquis le procès-verbal ! Je ne permets pas de mettre en doute la parole de fonctionnaires assermentés.»

À nouveau, l'homme s'embrouille, s'excuse, baisse la tête pour se retrancher derrière l'ivresse. Ivresse qui chapeaute déjà trois mentions de son casier judiciaire monégasque. Ivresse également rapportée à la barre par les agents. «Dans la voiture, assurent-ils, ceinturé et menotté, l'individu était ingérable. Furieux, à l'hôpital, il nous a insultés, mordus, outragés, donné des coups de tête en visant les parties.»

L'avocat de la partie civile, Me Hervé Campana, a mis en exergue «un métier difficile, impopulaire. Ces policiers, venus pour aider, ont été agressés et mis en danger. C'est en se débattant que le prévenu s'est fait les contusions. Il a d'ailleurs blessé par morsure l'un d'entre eux. Malgré le gant, son doigt saignait abondamment». Et de réclamer 3.000 euros en réparation du préjudice, plus 200 euros chacun pour les autres fonctionnaires.

«Il est choqué»

«Soyez fermes, lance le premier substitut Olivier Zamphiroff. Pas de peine symbolique! Trois mois de prison…»

Suit alors la plaidoirie de la défense. «Mon client ne conteste rien, observe Me Sarah Filippi. Il n'accuse personne. Il constate simplement ses blessures. C'est un réflexe de professionnel pour une avocate de réclamer des clichés afin d'étayer le dossier où il manque, sans raison, plusieurs minutes de vidéo. Comment appréhender ce qui s'est passé sans ces images ? Cet homme n'est pas de mauvaise foi. Il est choqué. Dans une position intime, il voit le bateau dériver. Il a le réflexe d'aller sur une autre embarcation. Pourquoi ne lui a-t-on pas laissé le temps d'enfiler un jeans ? On le montre comme un délinquant, alors que son seul problème, c'est l'alcool. La sanction doit être utile pour le soigner. Pour l'obliger à ne plus boire. Préférez un très lourd sursis a trois mois de prison ferme. Il doit conserver son emploi…»

Le tribunal acquiescera.


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