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Nouveau procès et espoir pour le Niçois Pierre-Alain Mannoni accusé d'avoir aidé des migrants à passer la frontière

Mis à jour le 21/09/2020 à 12:44 Publié le 21/09/2020 à 12:42
Pierre-Alain Mannoni, à la fois heureux et soulagé à la sortir du tribunal de Nice en 2017.

Pierre-Alain Mannoni, à la fois heureux et soulagé à la sortir du tribunal de Nice en 2017. Photo Eric Ottino

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Nouveau procès et espoir pour le Niçois Pierre-Alain Mannoni accusé d'avoir aidé des migrants à passer la frontière

Après trois ans d'une âpre bataille judiciaire, l'enseignant-chercheur niçois Pierre-Alain Mannoni, militant de l'aide aux migrants, comparaît une nouvelle fois à la barre mercredi à Lyon pour le transport en 2016 de trois Erythréennes près de la frontière franco-italienne.

Ce nouveau procès nourrit les espoirs des militants de l'aide aux migrants après la reconnaissance du "principe de fraternité" par la Cour constitutionnelle, saisie fin 2018 par M. Mannoni et l'agriculteur de la vallée de La Roya (Alpes-Maritimes) Cédric Herrou, tous deux condamnés pour des faits similaires.

Quelques mois plus tard, la Cour de cassation avait annulé les peines des deux hommes et renvoyé ces affaires devant la cour d'appel de Lyon.

Le nouveau procès en appel de M. Mannoni a été reporté en janvier à cause de la grève des avocats puis en mars en raison du confinement.

"Est-ce qu’il faut éduquer nos enfants en disant qu'il y a certaines personnes différentes qu'il ne faut pas secourir? Comme les juifs à une autre époque... Est-ce qu’il faut réduire la définition de la fraternité ? Comme on l'a fait sous l'Occupation...", s'interrogeait l'universitaire de 49 ans dans un récent communiqué.

"Alors, voilà, j’y retourne pour que plus personne ne soit poursuivi pour avoir été humain, pour avoir accueilli comme cela s’est toujours fait partout et à toutes les époques", ajoute celui qui est accusé d’aide au séjour et à la circulation d’étrangers en situation irrégulière.

Le 18 octobre 2016, ce père de famille, spécialiste en écologie marine, avait été interpellé au péage de La Turbie (Alpes-Maritimes), près de Menton, avec dans sa voiture trois Érythréennes venues d'Italie qu'il emmenait depuis un squat à son domicile pour les héberger une nuit.

"Gravement blessées" selon ses mots, elles devaient être ensuite conduites le lendemain à la gare de Cagnes-sur-Mer à destination de Marseille afin d'être prises en charge par des associations et des médecins.

"Folle épopée judiciaire"

Relaxé à Nice en première instance en janvier 2017, Pierre-Alain Mannoni avait été ensuite condamné en septembre de la même année à deux mois de prison avec sursis par la Cour d'appel d’Aix-en-Provence.

Cette dernière avait estimé que son militantisme désintéressé ne suffisait pas à lui faire bénéficier de l'immunité pénale qui était prévue dans certaines circonstances par la loi.

Convaincu du contraire, le chercheur avait alors déposé un recours devant le Conseil constitutionnel avec Cédric Herrou, condamné peu avant M. Mannoni à quatre mois de prison avec sursis, également par la cour aixoise.

Il avait été reproché à l'agriculteur d'avoir convoyé en 2016 quelque 200 migrants, principalement érythréens et soudanais, de la frontière italienne jusque chez lui, puis d'avoir organisé un camp d'accueil.

Le 6 juillet 2018, MM. Mannoni et Herrou avaient obtenu des "Sages" la consécration du "principe de fraternité" duquel découle "la liberté d'aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national".

Cette décision, prise en compte dans la loi asile-immigration du 10 septembre 2018, avait résonné comme un coup de tonnerre dans un contexte très tendu sur les questions migratoires en Europe.

En France, le gouvernement, qui tergiversait pour accueillir quelques migrants embarqués sur le navire humanitaire L'Aquarius, avait essuyé des critiques de gauche comme de droite.

Après l'annulation de sa peine par la Cour de cassation, M. Herrou avait finalement été relaxé par la Cour d'appel de Lyon en mai, mais le parquet général s'est à son tour pourvu en cassation, invoquant "la violation de la loi et de l'insuffisance de motifs". L'agriculteur avait alors dénoncé un "acharnement" à son encontre.

"Il y a de l’espoir car nous sommes très nombreux à être humains", avance M. Mannoni, soutenu dans cette "folle épopée judiciaire" par les milieux associatif et enseignant.

Une cagnotte en ligne lancée pour payer ses frais de justice a recueilli plus de 17.000 euros et un rassemblement de soutien est prévu mercredi devant la Cour d'appel lyonnaise.


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