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Neuf mois ferme pour les cambrioleuses serbes

Marina et Kimberley ont été reconnues coupables du cambriolage d'un appartement du Larvotto. Selon le parquet, les voleuses font partie d'un réseau

J.-M. F. Publié le 21/06/2016 à 05:05, mis à jour le 21/06/2016 à 05:05
Le tribunal de Monaco.Illustration Palais de Justice de Monaco
Le tribunal de Monaco. Photo Michaël Alesi

Le cambriolage de deux appartements. C'est ce qui était reproché à ces deux filles de l'Est. Marina et Kimberly, deux Serbes âgées respectivement de 28 et 26 ans, étaient soupçonnées d'avoir « visité » deux appartements du boulevard du Larvotto et du boulevard d'Italie. Bijoux, pièces de monnaie monégasques, montre, articles de maroquinerie ou encore chéquier avaient disparu.

Soit un préjudice total estimé à 26 000 €. Relaxées pour le second vol, elles ont écopé d'une peine de neuf mois de prison ferme chacune et le versement de 14 000 € de dommages.

Le 8 juin dernier, deux frères s'absentent de leur domicile situé dans un immeuble bordant la voie rapide. Ils claquent juste la porte « sans la fermer, par tradition depuis leur jeunesse ». À leur retour, l'appartement a été fouillé. Sans effraction ! Au cours de l'enquête de voisinage menée par les policiers, Marina et Kimberly sont reconnues sur des photos. Elles avaient sonné chez d'autres personnes présentes…

Un peu plus tard, le domicile d'un résident du boulevard d'Italie est cambriolé dans les mêmes conditions, toujours sans effraction. Les enquêteurs lancent un avis de recherche.

 

Connues en Suisse, en Allemagne, en France

Dans le box, menottées, ces deux femmes, sans profession et résidant dans un camp de gens du voyage à Nice, écoutent le président Sébastien Biancheri. « Le lendemain, on vous retrouve au boulevard de Suisse, où vous avez sonné chez une personne. Vous êtes interpellées à la sortie de la résidence. Au cours de la fouille, on trouve dans vos poches des pièces de Monaco. La vidéosurveillance démontre votre présence pendant vingt-cinq minutes dans l'immeuble. Où est le butin de la veille ? » Marina assure l'avoir « remis au donneur d'ordre » mais réfute le vol du boulevard d'Italie : « Les pièces de monnaie m'ont été rendues par un commerçant… »

Le magistrat interroge alors Kimberly. « Vous ne travaillez pas et vous avez des sacs Vuitton à plusieurs milliers d'euros. Expliquez-nous ! » Une sorte d'injonction incompréhensible est lancée par sa cousine. Qui baisse la tête… « Un sac à main m'a été prêté par une copine. L'autre, mes parents me l'ont acheté dans une boutique d'occasion… » Mensonges ?

« Vos empreintes, poursuit le président, correspondent à celles répertoriées par la police suisse entre 2008 et 2015 pour des vols par effraction [commis par des prévenues ayant] des prénoms différents pour compliquer l'identification. Et par le tribunal pour enfants de Bordeaux… » L'autre prévenue est connue d'Interpol en France et en Allemagne…

« Ce sont de grandes professionnelles »

Le procureur Cyrielle Colle notera : « Il est facile d'ouvrir la porte avec un bout de plastique retrouvé au cours de leur interpellation. Ce sont de grandes professionnelles, mais elles ne connaissent pas la subtilité de la place monégasque. Les pièces permettent de faire le lien, ainsi que tout l'attirail et leur façon d'éviter, avec gants et chaussettes, les dépôts de traces ADN. Marina est mise en cause dans vingt-six procédures en Allemagne et trois en France. Kimberly, sous différents alias, est citée dix-huit fois ! Elles font partie d'un réseau… Un an ferme pour chacune ! »

 

Pour leur défense, Me Gérard Baudoux, du barreau de Nice, demandera au tribunal « de ne pas juger au poids de la monnaie, mais sur les faits le second cambriolage ! Quant au premier, il est reconnu ! » Puis l'avocat a rappelé la « liberté entravée de ces dames. Oui, on m'a bien demandé de venir ici. Il y a des réseaux… Faire cesser ces vagues de cambriolages est utopique. Celles que vous jugez, ce sont de la chair à prison. Il faudra juste le temps pour trouver des remplaçants. Tant qu'on ne remonte pas à la tête du réseau, on ne résoudra rien. Ne vous trompez pas de cible ».

Le tribunal atténuera les réquisitions du ministère public et prononcera la relaxe pour le second vol.

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