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Münegu Connexion : prison ferme pour deux dealers de coke

Un nouvel épisode de la « Münegu Connexion » a été longuement évoqué dans une précédente audience.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 15/02/2019 à 10:12, mis à jour le 15/02/2019 à 10:12
La consommatrice était aussi dealer...	(Illustration Ph. Bertini)
La consommatrice était aussi dealer... (Illustration Ph. Bertini)

Un nouvel épisode de la « Münegu Connexion » a été longuement évoqué dans une précédente audience. Les juges viennent de rendre leur délibéré en prononçant plusieurs condamnations. Un succès à mettre à l’actif de la cellule « anti-stups » de la Sûreté publique grâce à des informations fournies par les policiers niçois.

Dix consommateurs et dealers agissant sur le territoire de la Principauté ont été pris dans le piège tendu par les enquêteurs monégasques. Leurs investigations, les nombreuses heures de surveillance, les recoupements, recherches et interpellations ont permis de conduire toutes ces personnes devant le tribunal correctionnel. À cet important travail d’enquête, rappelé par le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle, s’est ajoutée l’audition des prévenus afin de parvenir à l’exactitude des faits allégués.

La consommatrice monégasque suivie à la trace

 

Il faut remonter au 3 octobre 2016. Les policiers sont informés qu’une ressortissante monégasque a été entendue par la brigade niçoise de lutte contre la délinquance. Son audition intervient dans le cadre du démantèlement d’un trafic de stupéfiants. Au fil de la procédure française, la jeune femme apparaît comme une importante consommatrice de cocaïne.

Cette professionnelle de l’immobilier avait acquis, entre les mois de septembre 2015 et 2016, quelque 150 grammes de coke pour un montant total de 14 000 e auprès d’un dealer, incarcéré pour une autre affaire à la maison d’arrêt de Nice. Mais pour les enquêteurs locaux, cette quinquagénaire n’aurait-elle pas également approvisionné en drogue les soirées festives de la Principauté ?

Surveillance rapprochée et écoutes téléphoniques apportent de précieux indices aux enquêteurs monégasques. La prévenue a l’habitude de fixer des rendez-vous au bas de son domicile de Monte-Carlo. Le dispositif mis en place permet d’observer deux transactions effectuées les 17 et 24 novembre 2016 avec deux jeunes femmes sans emploi. Une d’entre elles arrive au volant de son véhicule et un échange a aussitôt lieu de la main à la main.

Le 1er décembre, cette même personne fait un détour par Fontvieille. Au niveau de l’esplanade du stade Louis-II, elle remet des produits stupéfiants à une tierce personne, une secrétaire comptable. Le trio est interpellé dans la foulée et avoue les faits. Au cours de la fouille, les inspecteurs retrouvent la quantité de 0,80 gramme de cocaïne remise sur l’esplanade. Interrogée, la revendeuse confesse se fournir auprès de plusieurs personnes à Menton, à Nice et auprès d’un client des établissements de nuit de Monaco.

 

Longue planque sur le port Hercule

Pour coincer cet individu, le 10 décembre, les limiers de la Sûreté publique planquent sur le port Hercule. À l’issue de plusieurs heures de vigilance, le fameux client est repéré. Ce magasinier est interpellé avec un de ses amis, un entrepreneur. Il ne cache pas sa fonction de fournisseur de drogue après des jeunes femmes. Sans omettre de dénoncer cinq à six acheteurs réguliers dans son entourage, dont une serveuse, un commerçant monégasque, un assistant administratif et un trentenaire sans emploi.

Le magistrat commence à cerner les responsabilités de chacun. Parmi les dix prévenus, « il y a deux revendeurs, détaille-t-il. La femme sans emploi et le magasinier qui auraient vendu au total 180 grammes de cocaïne. Les autres sont des consommateurs. »

Sur les détentions, consommation, offre et cession de cocaïne, la professionnelle de l’immobilier a déclaré : « J’étais malade, addict ! J’en prenais le matin afin de pouvoir tenir la journée à cause d’un divorce conflictuel… »

« Un nouveau comportement festif nocturne »

 

À l’heure des réquisitions, le procureur général adjoint Hervé Poinot a relié ce dossier à un « nouveau comportement festif nocturne. On ne s’imagine plus de s’amuser avec de l’alcool. Maintenant, il faut de la drogue. Au cours de sa détention niçoise, le chef de réseau a fait des révélations sur ce trafic. Les peines doivent être un électrochoc qui laisse espérer une prise de conscience et le rejet, dorénavant, de toute consommation. Vous prononcerez cinq mois de prison ferme pour les deux revendeurs, et de quatre à six mois avec sursis pour les autres ».

Au cours des plaidoiries, les sept avocats monégasques et un niçois ont minimisé les faits de leurs clients respectifs et demandé la plus grande clémence. Le tribunal s’est rapproché des réquisitions du ministère public avec six mois ferme pour les deux dealers. Entre un, trois, quatre et six mois avec sursis pour les autres.

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