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Mougins : sueurs froides et gouffre financier

Mis à jour le 22/02/2016 à 05:13 Publié le 22/02/2016 à 05:13
Philippe Westelynck (à droite), président du club d'aïkido, et Matthieu Joly, président du comité départemental, autour d'une des imprimantes facturées à prix d'or.

Philippe Westelynck (à droite), président du club d'aïkido, et Matthieu Joly, président du comité départemental, autour d'une des imprimantes facturées à prix d'or. Patrice Lapoirie

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Mougins : sueurs froides et gouffre financier

Une imprimante valant sur le marché 3 500 euros, facturée au final...

Une imprimante valant sur le marché 3 500 euros, facturée au final... 34 000 euros. Le club d'aïkido de Mougins, celui du Tignet et le comité départemental de la discipline ont eux aussi plongé dans cette duperie, dont même certains magistrats estiment qu'elle était parfaitement montée. Manquant de ruiner plus de vingt ans de travail et de dévouement de l'éducateur sportif d'aïkido Denis Drogy. Le Tennis-club de Mougins a lui aussi été victime de l'escroquerie. Et les autres victimes sont nombreuses dans les Alpes-Maritimes.

Des berlines siglées Samsung

Au départ, c'est une commerciale de « Var Solutions Documents » qui appelle, en août 2013, l'éducateur du club d'aïkido de Mougins. Elle propose rapidement un sponsoring de la part de Samsung. « Juste avant les vacances, on s'était justement dit qu'il fallait qu'on trouve des sponsors, car les subventions ont tendance à diminuer », expliquent Denis Drogy et Matthieu Joly, président du comité départemental d'aïkido.

Le deal ? « Elle nous a dit qu'elle avait un reliquat de sponsoring de Samsung, 20 000 euros, qui allait se perdre si elle ne trouvait pas un club avant la fin août. »

Un rendez-vous est organisé au club. Les « commerciaux » garent sur le parking deux grosses berlines commerciales siglées Samsung. Pour le club d'aïkido de Mougins, la commerciale propose une enveloppe sponsoring de 2 000 euros par an. « On leur demande ce qu'ils veulent en échange, explique le président du club d'aïkido mouginois, Philippe Westelynck. Ils nous ont répondu que Samsung était suffisamment connu et qu'ils n'attendaient rien de particulier en retour. Ils mettaient d'ailleurs en avant de gros sponsorings, réels. Mais ils nous ont dit que prendre une imprimante ou un ordi en location, permettrait de leur faire un peu de pub au niveau local. »

Un leasing sur… 63 mois

Coût de la location de deux imprimantes : 900 euros par mois. Mais VSD s'engageait à couvrir la quasi-totalité du leasing par une remise commerciale, ne laissant qu'un reliquat de 40 euros par mois à la charge du club. Et promettait en sus, donc, 2 000 euros de sponsoring annuel. « On gagnait sur tous les tableaux », soupire Philippe Westelynck. Le matériel arrive, l'argent du sponsoring et la remise commerciale aussi. Tout va pour le mieux. Mais, au bout de trois mois, les versements s'interrompent brutalement. Mais pas la location qui, elle, continue à hauteur de 900 euros par mois… Un gouffre.

« Une part de l'arnaque, décrypte Matthieu Joly, c'est que quand nous avons signé, un cache blanc avait été placé pour que nous puissions, prétendument, signer au bon endroit, sans dépasser. Sauf que sous le cache, il était inscrit que nous étions redevables d'une location, non pas à VSD, mais à une grande société financière, General Electric Capital. Et pas sur les 24 mois promis, mais sur 63 mois ! »

Quand le contrat définitif arrive, le club de Mougins, mais aussi celui du Tignet, le comité départemental d'aïkido et le Tennis-club de Mougins qui ont également signé, découvrent le pot aux roses. « Une vraie catastrophe. Fin 2014, au club d'aïkido de Mougins, on avait déjà mangé toutes nos réserves de trésorerie », explique Philippe Westelynck. Une alerte du comité départemental olympique et sportif leur permet de découvrir qu'ils sont tombés, comme des avocats, des associations, des bureaux d'étude, dans un système « à la Madoff » (1).

Denis Drogy est estomaqué : « J'étais à dix mille lieux de penser qu'on pouvait escroquer des associations sportives, et même une association d'handicapés ! » Les clubs d'aïkido ont cessé les paiements rapidement, mais se retrouvent avec une ardoise de plusieurs milliers d'euros, et les frais d'avocat continuent à courir. La société financière internationale, elle, qui n'est pas impliquée dans cet accord douteux, mais simple intermédiaire, continue de leur réclamer chaque mois la somme due. « Nous avons informé nos adhérents. La cotisation a été augmentée, les stages gratuits pour les enfants sont devenus payants », regrette Philippe Westelynck. La mairie de Mougins, contactée, indique « qu'elle sera présente auprès des clubs en cas de difficultés de trésorerie ».

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