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Monaco : trois ans de prison pour avoir blanchi 4 M€

Mis à jour le 18/08/2019 à 10:17 Publié le 18/08/2019 à 10:17

Monaco : trois ans de prison pour avoir blanchi 4 M€

Un apporteur d’affaires dans l’immobilier a lourdement été condamné par le tribunal correctionnel de Monaco.

Un apporteur d’affaires dans l’immobilier a lourdement été condamné par le tribunal correctionnel de Monaco. La justice le soupçonne d’avoir blanchi quelque 4 millions d’euros en faisant transiter des fonds d’origine illicite sur ses comptes bancaires ouverts en Principauté entre 2001 et 2011.

Italien, membre d’une fratrie de délinquants, il est connu pour se livrer au « rip deal », une escroquerie surtout pratiquée par des ressortissants de l’Europe de l’Est (lire ci-dessous). Actuellement placé sous contrôle judiciaire en Croatie, le quinquagénaire était absent à l’audience, mais représenté par son avocat, Me Yann Lajoux.

Dépenses somptuaires et voitures de luxe

Ces transferts de capitaux sont apparus suspects au cours d’une enquête du Siccfin (1). Le dossier a alors été transmis au procureur général aux fins d’information judiciaire. Apparaît alors une valse de dollars, francs suisses et euros entre trois établissements financiers de la place et des banques étrangères. Virements, versements et autres mouvements sont effectués sans jamais obtenir les justificatifs du client.

Outre les nombreux alias, l’intéressé était des plus évasif sur ses revenus et ses dépenses somptuaires, surtout en voitures de luxe. Quant aux nombreux retraits d’espèces, ils servaient en majorité pour jouer dans les casinos.

Le président Florestan Bellinzona rappelle l’intérêt des autorités italiennes : « Elles vont saisir leurs homologues monégasques afin de connaître la totalité des biens placés en Principauté. Car le prévenu a été condamné à plusieurs reprises dans les tribunaux de la Péninsule pour escroquerie. Il ressort des faits de fausses agences de crédit où l’on recevait un an d’intérêt en liquide à titre d’avance en échange de fortes sommes remises que l’intéressé déposait dans des banques étrangères. Toute la famille a été inculpée dans ce dossier. Chaque membre avait un train de vie qui ne correspondait pas aux valeurs déclarées. » L’apporteur d’affaires, pendant des décennies, a usurpé l’identité de ses oncles croates pour éviter les radars des brigades financières ! Combien de commissions occultes a-t-il touchées sur les ventes ?

L’origine de sa carrière délinquante occupe une grande partie des réquisitions du premier substitut Cyrielle Colle. « Vols, escroqueries, associations de malfaiteurs, fausse monnaie… C’est la vie du prévenu depuis les années 70. Il n’a jamais travaillé. Ce multirécidiviste est venu à Monaco pour blanchir de l’argent et salir le renom de la Principauté. Il a recyclé en moyenne 4 Me. Une peine de deux ans, plus mandat d’arrêt, est largement à la hauteur de l’infraction. » La défense n’admet aucune présomption de culpabilité. « Certes, mon client n’est pas un enfant de chœur. Mais les sommes ont été placées à Monaco comme il est de tradition pour la majorité des Italiens. Après huit ans d’instruction, rien ne démontre la corrélation entre les délits commis en Italie et l’argent déposé dans les banques monégasques. Si les explications de mon client ne vous paraissent pas justifiées, elles sont tout de même plausibles. Il n’y a aucun lien avéré avec le délit de blanchiment. Les enquêteurs n’arrivent pas à prouver l’infraction. Je suis abasourdi par cette procédure. Avec plus de trois mois de détention provisoire et le versement d’une somme de 100 000 e, prononcez la relaxe ! »

Le tribunal ira plus moins que les réquisitions du ministère public : trois ans de prison ferme et confiscation de tous les comptes.

Le « rip deal » est une escroquerie complexe qui porte le plus souvent sur des transactions immobilières. Une partie de la vente se fait légalement, l’autre sous forme de valise de billets : le dessous de table. Une fois l’arrangement douteux accepté, le vendeur du bien, motivé la plupart du temps par l’évasion fiscale ou le blanchiment, retrouve l’acheteur (l’escroc) dans une villa pour finaliser le compromis. Ce dernier est porteur de la forte somme en liquide comme prévu dans sa mallette. Mais au cours de la négociation, il prétexte de s’absenter un court instant. Pendant cet éloignement, grâce à un tour de passe-passe bien préparé, un complice, généralement caché dans un meuble à caisson, en profite pour échanger les billets par des fac-similés. Le vendeur, certain de son gain, repart avec… de la fausse monnaie. Il hésitera à porter plainte pour une transaction entachée de fraude.


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