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"Miraculeux que notre cliente soit toujours en vie": un jardinier violent accablé par ses ex-compagnes

Mis à jour le 04/02/2021 à 21:18 Publié le 04/02/2021 à 21:02
La quadragénaire a reconnu à l’audience avoir acheté deux flasques de vodka qu’elle a bues aussitôt dans sa voiture.

La quadragénaire a reconnu à l’audience avoir acheté deux flasques de vodka qu’elle a bues aussitôt dans sa voiture. Photo Jean-François Ottonello

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"Miraculeux que notre cliente soit toujours en vie": un jardinier violent accablé par ses ex-compagnes

Lors du procès à huis clos au tribunal criminel de ce quinquagénaire, jugé pour viols, violences volontaires et tentatives d’assassinat, elles sont venues témoigner de son recours à la violence.

Faut-il parler d’une victoire à la Pyrrhus? Au cours de la précédente journée réservée au procès du jardinier poursuivi pour viols, violences volontaires et tentatives d’assassinat, trois ex-compagnes du quinquagénaire phallocrate sont venues à la barre du tribunal criminel (*).

Elles ont fait front commun pour évoquer leurs peurs, leurs pleurs, leurs heurts, leurs douleurs… L’horreur, vécue dans la sphère conjugale par ces trois femmes – sans cesse angoissées par d’éventuelles répercussions – a ému les avocats de la victime.

À l’issue des débats Me Anne Bouillon, du barreau de Nantes, a égrené en partie leurs propos et dénoncé ces violences, à la fois sexistes et sexuelles.

"Sauvée par son fils et des voisins"

"À synthétiser les reproches de ces personnes courageuses de témoigner, de raconter les comportements de leur compagnon à l’époque, chacune, dans le cadre de sa période de concubinage, fait apparaître un point commun. On est face à un homme où toutes les relations amoureuses ont systématiquement recours à la violence verbale, physique. Leurs déclarations sont constantes. Elles ont été violentées à des degrés divers mais importants. Immanquablement, chaque fois, la brutalité est allée crescendo…"

Les yeux embués, l’éloquente oratrice observe un court silence et reprend de la voix. "Le coup d’arrêt est porté par ma cliente ce 10 octobre 2017. Le jour où ce personnage sanguin s’est déchaîné sur sa elle après une énième dispute. Il a failli la tuer! Heureusement, elle a été sauvée par son fils et des voisins…"

Avait-on le pouvoir, la possibilité, de stopper ce genre d’agression bien plus tôt? "Oui! Car toutes ces femmes n’ont pas été entendues par les services concernés."

Les réactions de l’accusé? "C’est effarant! Il invoque à chaque fois la légitime défense. Ou plus simplement il se victimise. Pourtant, rien ne le justifie. Mais cette utilisation démontre qu’il a des failles affectives familiales béantes. Finalement, il fait preuve d’un mode opératoire coercitif afin de maintenir sa domination."

"L’indifférence des proches est révoltante"

Le second avocat de la victime et de ses enfants, le bâtonnier Régis Bergonzi, déplore pour sa part les multiples obstacles pour libérer la parole des victimes de violences conjugales.

"La peur du prochain passage à tabac, des mains courantes laissées sans suite. La crainte que l’on s’en prenne à ses gamins. L’indifférence de proches du couple est particulièrement révoltante. Comment dénoncer les faits lorsque ces mêmes amis détournent le regard ou relativisent?"

Et d’enchaîner: "Puisqu’il est 'sympa', c’est qu’elle a dû sûrement le provoquer! Or, la victime est laissée en sang et tente de cacher son visage tuméfié au regard de ses enfants.

Heureusement, les paroles de femmes courageuses en dénonçant les coups de l’accusé, se sont libérées dans cette affaire. D’une sorte de démolition psychologique de leur être. Il le fallait pour mettre en exergue les déchaînements de violences inouïs.

Mais ils sont souvent semblables quand on compare les nombreux aspects décrits entre les unes et les autres. C’est tout simplement miraculeux que notre cliente soit toujours en vie."


* Pour juger ces faits qualifiés de crimes par la loi, la juridiction se compose de la présidente Françoise Carracha; des juges assesseurs. Sébastien Biancheri et Aline Brousse, du premier substitut Cyrielle Colle.

Une défense silencieuse… pour l’instant

Et la défense, comment va-t-elle s’y prendre pour épauler son client ? Me Thomas Brezzo reste silencieux pour l’instant. Il semble guetter l’heure propice.

Il sait très bien qu’en matière criminelle il ne faut rien précipiter. Son client peut "jouer" une bonne partie de sa vie. Peut-être plus encore.

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