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Me Patrice Lorenzi quitte sa robe d’avocat en pleine audience

Mis à jour le 20/07/2018 à 11:16 Publié le 20/07/2018 à 11:09
En sa qualité de doyen de l’Ordre des avocats et du palais de justice, Me Patrice Lorenzi a dit au revoir à la formation collégiale du tribunal correctionnel.

En sa qualité de doyen de l’Ordre des avocats et du palais de justice, Me Patrice Lorenzi a dit au revoir à la formation collégiale du tribunal correctionnel. Photo J.-M.F.

Me Patrice Lorenzi quitte sa robe d’avocat en pleine audience

Le doyen de l’Ordre des avocats et du palais de justice, Me Patrice Lorenzi a dit au revoir à la formation collégiale du tribunal correctionnel de Monaco, lors d'une audience pleine d'émotion

Séquence émotion rarissime au tribunal correctionnel! Cédons à l’exceptionnel pour une fois, avec la cessation des fonctions judiciaires de Me Patrice Lorenzi. Audacieuse allégation révélée à la barre après cinquante ans d’une brillante carrière!

L’avocat monégasque ne portera plus la robe, cet accessoire indissociable du plaideur! Suffisant pour émouvoir les juges, prévenus sur-le-champ de cet arrêt sans signature ni contreseing. Et avantage à la défense encline à une oralité éloignée des traditions.

"Cette procédure, entame l’homme de loi, aurait dû faire l’objet de ma dernière plaidoirie. Mais vous avez renvoyé l’affaire car la victime avait sollicité tardivement l’assistance judiciaire. Alors, j’exposerai les faits autrement. Je m’en souviens comme si c’était hier: quarante-huit heures après ma prestation de serment, j’étais commis d’office pour un flagrant délit. Mon client avait tenté de voler une mobylette. Aujourd’hui on parlerait de scooter. Comme il n’arrivait pas à faire démarrer son deux-roues, il était interpellé et arrêté par un véhicule de police au cours de sa ronde. C’était un délinquant maladroit, comme l’était certainement son avocat à l’époque. Mais nous avons eu droit, tous les deux, à l’indulgence de votre tribunal…"

émotion intense

Certes, l’émotion ressentie ne se prêtait pas facilement à l’analyse. Mais pareille sensibilité avait-elle accéléré son rythme cardiaque? Le sentiment était encore trop intérieur pour s’en assurer.

En revanche, sur son visage, langage émotionnel par excellence, l’émoi était perceptible. La voix de l’auxiliaire de justice se brisait et impossible de cacher ses pupilles. S’étaient-elles déjà autant contractées? Quelques larmes d’attendrissement se mettaient en travers de ses mots, révélées par de courts silences.

Si l’avocat ne maîtrisait pas au mieux l’élan de sensibilité, il lui en donnait au moins la beauté du sens.

"Vous avez toujours été un avocat extrêmement loyal"

"Durant toute ma carrière de simple fantassin du Droit, reprend Me Lorenzi, j’ai toujours eu à l’esprit la volonté de ne jamais tromper votre tribunal. Bien au contraire: je m’efforçais d’apporter un éclairage différent sur un dossier afin d’en apprécier à souhait toutes les facettes et de le juger en toute sérénité. Merci de m’avoir donné l’occasion de vous livrer la teneur de mes sentiments en cet instant des plus difficiles pour moi. Merci également pour l’excellence de nos relations au cours de toutes ces années que je n’ai pas vu passer… En ma qualité de doyen de l’Ordre et du palais de justice, je vous dis au revoir." 

Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle (*), troublé par ces propos, a assuré l’avocat d’avoir eu "beaucoup de plaisir à vous entendre plaider. Vous avez toujours été un avocat extrêmement loyal. L’ensemble des membres du tribunal, dont je suis le porte-parole, vous regretterons amplement. Nous vous souhaitons une excellente et profitable retraite…"

La promesse d'un livre

Après trois générations d’avocats, soit plus d’un siècle de barre, la famille Lorenzi tire un trait (définitif?) sur la profession. Même si sa fille Deborah n’a pas claqué la porte à la justice, elle a remisé sa toge noire au placard. La jeune mère de famille a entamé son transfert de compétence en embrassant les nouvelles fonctions d’administrateur judiciaire.

Alors, que reste-t-il aujourd’hui de toutes ces années qui ont permis de distinguer le bien du mal? Des souvenirs indélébiles! Comme les plaidoiries aux côtés des ténors Émile Pollak (Marseille), Jacques Vergès (Paris)… Ou les affaires retentissantes de la faillite de la Banque industrielle de Monaco; ou ce Leiduc, l’homme qui avait escroqué les grandes firmes allemandes… La promesse d’écrire un ouvrage sur les intrigues policières qui ont marqué la région. Et la robe d’audience, sera-t-elle transmise à cette autre génération en herbe déjà imprégnée de justice?

* Étaient également présents: le premier substitut Olivier Zamphiroff, les assesseurs Edouard Levraut et Séverine Lasch.


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