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Les "loups" de la place financière condamnés

Mis à jour le 29/07/2016 à 11:20 Publié le 29/07/2016 à 11:17
La forte lignée des avocats défenseurs.De gauche à droite : Maîtres Arnaud Cheynut, Julien Darras et Gérard Baudoux (du Barreau de Nice), Christophe Ballerio, Thomas Giaccardi et Jean-Charles Gardetto.

La forte lignée des avocats défenseurs.De gauche à droite : Maîtres Arnaud Cheynut, Julien Darras et Gérard Baudoux (du Barreau de Nice), Christophe Ballerio, Thomas Giaccardi et Jean-Charles Gardetto. Photo J.-M. F.

Les "loups" de la place financière condamnés

Quatre traders britanniques consommateurs de cocaïne ont écopé de sursis et lourdes amendes. Leurs trois dealers ont été condamnés à un an, trente mois et cinq ans de prison ferme

L’argent, ladrogue, l’alcool et bien d’autres tentations étaient à portée de main pour quatre traders britanniques de la place monégasque! Trop n’étaient jamais assez pour ces professionnels de la Bourse! Quand ils ont comparu devant le tribunal correctionnel, leurs récits pour décupler leurs facultés physiques et psychologiques dans les marchés financiers grâce aux stupéfiants, ont rappelé des scènes du film Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese, avec Leonardo DiCaprio!

L’affaire éclate en avril 2014 à partir de dénonciations anonymes. Des employés bancaires consomment de la cocaïne en grande quantité. Très vite l’enquête se dirige vers les milieux boursiers de la Principauté. Il est alors notoire qu’après leurs salles de marché, «Le Jack», établissement sur le port Hercule, est devenu pour ces anglo-saxons leur «maison blanche». Les lignes téléphoniques y ont été remplacées par les lignes «sniffées».

Ils ne se cachent même pas. Au cours de leurs multiples allers et retours aux toilettes, ils absorbent de 1 à 3 g de coke par semaine et acquièrent en commun une quantité phénoménale, presque 1 kg par an. Car adrénaline et cocaïne doperaient les salaires de ces génies de la finance à coups de bonus à six chiffres! De quoi faire rêver dans le prétoire…

Les quatre prévenus invoquent pour se justifier, un «métier difficile avec un rythme usant, parfois onze à douze heures de présence devant les écrans, motivé par l’appât du gain…». Ils regrettent tous leurs dépendances et appétits de drogue. Après avoir fait amende honorable devant les juges, ils annoncent tous la reprise d’une vie normale.

Le président Jérôme Fougeras Lavergnolle s’adresse ensuite aux fournisseurs. Il y en a trois et ils utilisaient des pseudos. Mario (en réalité Mohamed Ali, un Niçois avec cinq condamnations sur son casier judiciaire français) et Serge (Sargis, un Arménien déjà condamné à Monaco et quatre fois en France pour stupéfiants et proxénétisme), tous deux incarcérés à la maison d’arrêt depuis le 29 septembre 2015. Easy (Eslam, un Ukrainien) remis en liberté deux mois plus tard après paiement d’une caution.

«Vous preniez tous ces risques pour un bénéfice de 20 euros par dose?», demande le magistrat à Mario. «Oui, répond-il. C’était pour rembourser les frais du voyage. J’étais ignorant… Mais d’un autre côté c’est tellement banal de vendre de la drogue, car tout le monde en consomme. À Monaco, il y a beaucoup de demandeurs, mais peu de dealers. Alors, je me fournissais dans les quartiers Nord de Nice, vers la sortie de l’autoroute. Je conais du monde… Au bout de dix mois de détention, j’ai réfléchi à mon erreur…

Serge, quand il a été interpellé le 26 septembre 2015, était au Larvotto en compagnie de deux amis arméniens. «Drôles de fréquentations, commente le président. Le premier était recherché pour meurtre, le second pour proxénétisme! Vous aviez 17760 euros sur vous et les policiers ont trouvé 56 g de coke à votre domicile et du bicarbonate…» Outre des réponses fantaisistes et farfelues sur la provenance de l’argent: «ventes de champagnes, tableaux de maîtres, préservatifs…», le prévenu justifie le bicarbonate pour ses «soins de bouche…»

Et trouve logique le numéraire puisqu’il n’a pas de comptes bancaires… Il avouera cependant avoir «rendu service à plusieurs personnes, car je consomme de la coke depuis deux ans et j’en ai toujours sur moi. Je l’achetais à Beausoleil où beaucoup de monde en vend, 100 euros le gramme et je la revendais entre 120 et 150 euros.» Enfin, il se défendra d’avoir « fourni des femmes».

Quant à Easy, plusieurs témoins le mettent en cause pour avoir vendu de la poudre blanche. L’Ukranien réfute toute accusation de revendeur. «Je suis entretenu par un milliardaire! On achetait ensemble des boulettes compressées d’une dizaine de grammes. J’ai consommé avec les courtiers et quelquefois servi d’intermédiaire. Mais jamais à Monaco: il y a trop de caméras!»

Sans entrer dans le détail, le procureur Alexia Brianti démontrera «l’ampleur du trafic de drogue dans les établissements de nuit de la Principauté. Une Principauté festive où il faut éviter la banalisation. Les consommateurs sont dans l’ignorance des risques qu’ils encourent, car ils font venir les vendeurs». Elle réclamera cinq ans ferme pour Serge, trois ans ferme pour Mario et un an ferme pour Easy. Peines complétées par dix années d’interdiction de territoire pour chacun. Dix-huit mois avec sursis et 10.000 euros d’amende seront requis pour les quatre traders.

Côté conseils, les six avocats présents défendront bec et ongles leurs clients respectifs. Ils clameront des peines excessives et atténueront les responsabilités des prévenus en démontrant que ce sont les consommateurs qui ont fait venir les dealers. Réduction de la peine ou la relaxe était réclamée en finalité.

Les traders ont pris chacun un an avec sursis et de 20.000 à 10.000 euros d’amendes. Les trois dealers écoperont respectivement d’un an, trente mois et cinq ans de prison ferme. Des avocats réfléchissent à un éventuel appel.


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