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Les juges monégasques ne plaisantent pas avec la cocaïne

Mis à jour le 08/03/2018 à 15:45 Publié le 08/03/2018 à 15:42
Des peines de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende ont été prononcés.

Des peines de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende ont été prononcés. Photo Cyril Dodergny

Les juges monégasques ne plaisantent pas avec la cocaïne

Le tribunal correctionnel de Monaco a condamné un dealer et deux consommateurs à des peines d’un à six mois de prison avec sursis, pour 1,46g de poudre blanche. Preuve que la tolérance zéro est la règle en Principauté.

Encore une énième affaire de stupéfiants. De cocaïne, en l’occurrence. À Monaco, le moindre milligramme est sanctionné, la tolérance zéro est la règle. Pour gagner cette bataille, la justice ne veut laisser aucune marge de manœuvre aux prévenus, qu’ils soient dealers ou consommateurs.

Mardi, à l’audience, un jeune Portugais, une animatrice télé et un mandataire immobilier ont été condamnées respectivement à des peines de six et un mois de prison avec sursis, et 2000 euros d’amende, pour une pincée de 1,46g de coke.

La cocaïne cachée sous le tee-shirt

Le 25 juin 2016, vers 1 h du matin, avenue de la Madone, des policiers en patrouille aperçoivent une Renault stationnée sur l’emplacement réservé aux taxis. Le véhicule avait été repéré auparavant en train de circuler à contresens après avoir franchi une ligne continue.

Les agents contrôlent logiquement le conducteur chauffard. Ils remarquent aussitôt un petit sachet transparent entre les jambes de ce livreur portugais, âgé de 22 ans. Intrigués, les fonctionnaires procèdent à une palpation. Le Lusitanien leur remet spontanément deux bonbonnes contenant 1,46 g de cocaïne dissimulée sous son tee-shirt. Au moment de fouiller le véhicule, les policiers découvrent trois téléphones portables, une sacoche avec 660 euros en espèces et des papiers au nom d’un certain Alexandre.

Forcé de s’expliquer, le livreur apparaît comme un maillon de la revente de drogue: il devait remettre la poudre blanche à une starlette de la télévision de 37 ans, résidente de la Principauté, à la suite d’un échange de textos.

Provision de coke pour faire la fête

Le portable est identifié. Le piège se referme le 29 août 2016. La jeune femme est contrôlée au volant de sa Smart au Larvotto. Placée en garde à vue, elle avoue utiliser ce procédé afin de contacter un dealer de Beausoleil pour s’approvisionner en cocaïne.

Ce 25 juin, elle avait décidé de faire la fête au Buddha-Bar et au Twiga. La drogue était partagée à moitié pour sa consommation personnelle et le reste pour un mandataire immobilier de 37 ans, résidant à Villefranche-sur-Mer.

La starlette de la télé en pleurs

Au cours des débats, le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle aura beaucoup de mal à obtenir des aveux complets. Mais sa témérité va payer. Le prévenu portugais nie toute implication dans le trafic et tente de se faire passer pour un intermédiaire insouciant qui a succombé à la tentation de se faire un peu d’argent.

Pressé de questions, le livreur va craquer. Tout comme l’animatrice, qui prétend ne se souvenir de rien. Ses propos sont mêlés aux pleurs permanents, au point d’être abscons. On retiendra le choc ressenti au moment de son interpellation: "On m’a arrêtée comme si j’étais une grosse criminelle. Je suis très fragile. Les policiers m’ont dit “Si tu ne parles pas, tu restes là”. Alors j’ai dit n’importe quoi plutôt que de finir de nombreuses heures en garde à vue…" Seul le mandataire immobilier reconnaît avoir consommé de la drogue à Monaco.

"Madame est une mythomane"

Dans ses réquisitions, le procureur Cyrielle Colle s’emporte. "Le jeune prévenu se moque de vous. L’exploitation du téléphone démontre qu’il devait faire la livraison aux alentours du casino. Son véhicule a été vu plusieurs fois en Principauté. Or, il assure n’être jamais venu. C’est agaçant de contester sans cesse des éléments probants. Avec ses antécédents, la peine sera lourde: quatre mois."

Le magistrat change alors cible: "Madame est une mythomane. Au milieu des sanglots et traumatisée, elle ne se souvient de rien et elle n’a jamais consommé. Comme elle refuse de reconnaître son addiction, ce sera deux mois avec sursis. Quant au consommateur occasionnel, ce n’est pas un délinquant: un mois avec sursis."

La défense, représentée par Mes Xavier-Alexandre Boyer pour le mandataire immobilier, Sarah Filippi pour l’animatrice et Charles Lécuyer pour le Portugais, va plaider la clémence, la dernière chance et les effets bénéfiques de la garde à vue. Tous leurs clients ont fait une croix sur la drogue et ils se sont lancés dans un nouvel emploi. Alors ne pourrait-on pas atténuer les peines requises?

Le tribunal se limitera à des sanctions avec sursis et amende.


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