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Le pilleur de troncs de l'église Sainte-Dévote en prison

Mis à jour le 22/03/2018 à 05:12 Publié le 22/03/2018 à 05:12
Un Polonais a pillé l'urne dimanche dernier en début d'après-midi.	(Archive photo Cyril Dodergny)

Le pilleur de troncs de l'église Sainte-Dévote en prison

Le tribunal correctionnel a envoyé en prison pour huit jours un Polonais se disant croyant, de passage en Principauté, qui a vidé un tronc d'église, dimanche dernier, et est reparti avec 335 euros

Quel chrétien cupide ! Méritera-t-il de brûler dans les flammes de l'Enfer à l'heure du Jugement dernier ? Pour l'instant, le dévot polonais a comparu devant la justice des hommes pour avoir pillé des troncs de l'église Sainte-Dévote, à la Condamine.

Menotté à l'audience de flagrance du tribunal correctionnel, mardi, ce quadragénaire, divorcé, sans profession ni domicile fixe, a été condamné à une peine d'emprisonnement de huit jours ferme pour le vol de quelque 335 €…

Le voleur arrêté à la gare

Ce n'est pas la vengeance divine qui a dénoncé le pillard aux policiers, dimanche dernier. Vers 13 h 30, en effet, une paroissienne venue solliciter quelque grâce auprès de la sainte patronne de la Principauté, remarque un homme en train de s'affairer auprès de l'urne destinée à recueillir les offrandes pour les âmes du Purgatoire. Dans sa quête de communication spirituelle, entre deux Pater et trois Ave, elle pense d'abord au bedeau. Mais inquiétée par la manière pas très catholique de prélever l'argent, cette fidèle va s'apercevoir des véritables intentions de l'individu.

Quand il repart en direction de la gare, la bonne dame alerte les services de sécurité et donne un signalement précis du voleur présumé. Alertés, les policiers, en patrouille dans la station ferroviaire, l'interpellent sur le quai d'embarquement à destination de Nice. Conduit dans les locaux de la Sûreté publique, il reconnaît les faits.

« J'ai peur du diable »

Face aux juges, ce personnage assez bigot demande pardon. « Je ne connais pas les raisons de mon comportement. Je suis croyant. J'ai peur du diable. Je suis prêt à donner tout mon argent au prêtre… »

Le président Florestan Bellinzona repousse forces célestes et démoniaques, mais il s'autorise un petit sermon. « On a retrouvé sur vous trois morceaux de plastique, deux rouleaux d'adhésif double face et 450 € dans vos poches. Certainement pour récupérer les billets. On n'a pas pu chiffrer le préjudice. Il semble que vous n'avez jamais eu de problème auparavant avec la justice. Étiez-vous venu à Monaco pour faire spécialement les troncs d'églises ? »

Le prévenu louvoie pour répondre. « Je suis venu vers midi, dimanche, par le train. Mon rêve le plus cher était de gagner au loto afin d'acheter la maison de mes rêves en Principauté… »

Le magistrat répète la question en ajoutant : « Le curé estime qu'il récupère 800 € par semaine en moyenne dans les troncs ! » Le coupable réfute avoir pris pareille somme. « J'avais au début 788 €, dont 600 € gagnés au jeu de grattage. J'ai dépensé sur le trajet. Il me restait 450 €… » À nouveau, l'intéressé sollicite la grâce les mains jointes suivies de quelques inclinations.

« La bassesse de son comportement »

L'utilisation de la dîme par des voleurs qui font référence à l'opulence monégasque pour puiser une part de richesse jusqu'au fond des troncs, est dénoncée par le premier substitut Olivier Zamphiroff. « Il peut donner la somme empruntée à l'autorité ecclésiale, cela n'enlèvera pas la bassesse de son comportement. Sans l'accabler, vous allez condamner ce personnage indélicat à un mois de prison ferme. »

Plaintes et clémence sont implorées par le prévenu pour sa défense. Le tribunal en tiendra compte.


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