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Le parc informatique du dentiste bloqué par son programmeur

Mis à jour le 21/12/2018 à 09:30 Publié le 21/12/2018 à 10:30
«J’ai limité les accès au cas où la personne ne paierait pas», s’est défendu l’informaticien.

«J’ai limité les accès au cas où la personne ne paierait pas», s’est défendu l’informaticien. Photo F.B.

Le parc informatique du dentiste bloqué par son programmeur

L'informaticien avait inséré dans les programmes, des paramètres qui le bloquaient en cas de non paiement de la part du dentiste. Une précaution qui n'a pas été au goût du tribunal.

Jusqu’où peut aller un pouvoir de connaissances? Un informaticien avait, semble-t-il, réglé la question, fort de bloquer tout système installé par ses soins au moindre incident de paiement. Ce comportement a déplu à un dentiste monégasque.

À l’origine, l’analyste devait intégrer les dernières technologies numériques afin de proposer un plateau technique complet. Mais le praticien apparaît mécontent du fonctionnement de son parc informatique. Sa politique est formelle: la rémunération demeure liée à la performance.

Or, sept postes buggent… Une seule solution: sur la facture de 50.000 euros, il consent à verser une somme "forfaitaire" de 30.000 euros.

Le programmeur, dans l’espoir de voir céder son client sur ses prétentions d’honoraires, suspend alors tout accès aux applications binaires, jusqu’au paiement des arrérages. Afin de ne pas s’avouer vaincu, le dentiste fait appel à une autre société afin de "libérer" les fameux fichiers GPO. Puis, il porte plainte.

"J’ai juste inséré des paramètres restreints"

Devant le tribunal correctionnel, le prévenu joue sur les mots. En réponse aux inquiétudes du président Jérôme Fougeras Lavergnolle; il se lance dans un grand enfumage!

"Je n’ai fait aucun blocage. J’ai juste inséré des paramètres restreints afin de limiter les accès au cas où la personne ne paierait pas." Au fil des débats, il apparaît une sombre histoire de licence rattachée au concepteur du système d’exploitation, dont il faut s’acquitter mensuellement. Le magistrat veut connaître le fin mot de l’affaire et demande des explications complémentaires à l’architecte informatique.

Il n’est pas facile de digérer des propos abscons empilant tous les termes de la culture binaire. Pour la faire simple, les fameux fichiers permettent de valider les paiements avec le serveur où s’enchaînent mot de passe, data, licence, plateforme de données et autre expression d’un jargon indigeste.

À terme, le prévenu apparaît comme l’unique responsable. Lui seul pouvait intervenir sur le système mis en place. Heureusement, les autres professionnels ont pu casser les codes et redonner vie au cerveau virtuel.

"Un système de blocage volontaire mis en place"

À la barre, la partie civile évoque l’informaticien-maison dépassé qui conseille au dentiste de faire appel au confrère désigné.

"Cet homme m’a fait du chantage: “ou tu payes ou je bloque”. On n’arrivait plus à travailler et le préjudice est financier. Je demande le remboursement des sommes versées et des frais engagés. Soit un total de 36016 euros." 

Il est surprenant, pour le procureur Alexia Brianti, d’entendre "des arguments de licence dont le prévenu n’a jamais fait état devant les policiers. Il a bien mis en place un système volontaire de blocage au cas où le dentiste ne paierait pas. Dans le devis, il n’a jamais été question de paiement mensuel pour la licence. Les conséquences sont particulièrement dangereuses et le caractère frauduleux est établi. L’amende ne sera pas inférieure à 2000 euros."

Pour la défense, c’est un dossier civil et non pénal. "Où est l’infraction, l’action frauduleuse? demande Me Christophe Ballerio. Mon client n’a pas installé sciemment un fichier complémentaire et la somme réclamée englobe les prestations, la maintenance et la licence. L’expert n’a pas prouvé qu’il y ait un élément coupable. Je sollicite la relaxe…" 

Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public avec le bénéfice du sursis et le versement de 5664 euros au plaignant.


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