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Le Negresco victime d'une

L'ancien responsable administratif du palace niçois a été mis en examen pour abus de faiblesse. Il aurait profité de l'état de santé de l'emblématique patronne du Negresco Jeanne Augier

Publié le 04/03/2016 à 05:14, mis à jour le 04/03/2016 à 05:14
L'emblématique patronne du Negresco, Jeanne Augier, est sous tutelle depuis 2013.
L'emblématique patronne du Negresco, Jeanne Augier, est sous tutelle depuis 2013. F. Vignola

Jeanne Augier, l'emblématique patronne du Negresco qui administre le plus célèbre des palaces azuréens depuis près de 60 ans, est-elle au cœur d'une véritable « affaire Bettencourt à la niçoise » ? Un ancien employé de l'hôtel vient d'être mis en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en juin 2014 pour abus de faiblesse.

Le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prètre, reconnaît lui-même que les deux affaires présentent des « ingrédients assez similaires » même si « les enjeux financiers ne sont pas les mêmes » : « Nous sommes en présence d'une personne d'un certain âge, résume le magistrat, qui se retrouve dans une situation de faiblesse parce que ses capacités intellectuelles sont diminuées. Et, un certain nombre de proches ou d'amis ont peut-être profité de cette situation. »

Placement sous tutelle

 

Dès mars 2013, des administrateurs qui siègent dans les différentes sociétés du Negresco avaient tiré la sonnette d'alarme. Le père Gil Florini et l'artiste peintre Isabelle de Comeiras étaient de ceux-là. Dans une interview accordée en exclusivité à Nice-Matin, ils évoquaient des conseils d'administration aux procès-verbaux tronqués, des transferts étonnants d'actions, voire la disparition de certains tableaux qui ornaient jusque-là les murs du palace.

Sous la coupole du Negresco certains administrateurs se livraient une véritable guerre froide depuis plusieurs mois. Dans quel but ? Tenter de capter le patrimoine de Jeanne Augier qui à l'époque s'apprêtait à fêter ses 90 ans ? La justice avait alors immédiatement rendu toute spoliation impossible en désignant en urgence un administrateur judiciaire pour gérer le palace, Me Nathalie Thomas, et en plaçant sa propriétaire sous tutelle. Sur ordre du tribunal de commerce de Nice deux nouvelles femmes prenaient donc la tête de ce vaisseau Belle-Epoque. Ce sont elles qui, à leur tour, ont saisi la justice... pénale, cette fois.

Embauche sous influence ?

En juin 2014 le parquet de Nice reçoit ainsi une plainte dénonçant de possibles malversations. Sans en divulguer la teneur, Me Nathalie Thomas, cosignataire de cette dénonciation, explique sa démarche : «Bien sûr nous ne disposions pas des moyens de la police, mais en tant qu'administratrice judiciaire du Negresco j'avais acquis le sentiment que certaines choses méritaient d'être portées à la connaissance du ministère public. »

 

Le « sentiment » de Me Thomas est suffisamment étayé pour que le parquet ouvre immédiatement une information judiciaire. Les investigations diligentées par la juge Valérie Tallone viennent donc de conduire à une première mise en examen. Celle d'un ancien salarié du Negresco, Pierre Couette(1). Ce trentenaire a été embauché début 2012, à une époque où Jeanne Augier n'était peut-être plus en possession de tous ses moyens. En tout cas, c'est ce que cherche à savoir la justice.

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