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Le jardinier avait bu du désherbant croyant que c'était de l'eau... deux de ses collègues condamnés

Le tribunal correctionnel de Monaco a relaxé le directeur de l’Aménagement urbain et le chef du service des Jardins, mais condamné deux jardiniers pour leur négligence.

La rédaction Publié le 01/09/2018 à 08:07, mis à jour le 01/09/2018 à 08:19
Jardinier / Illustration Photo D.L.

Ce vendredi matin, le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle a lu la décision rendue par le tribunal correctionnel dans l’affaire Alex Rossi. Cet employé de la Direction de l’Aménagement urbain avait avalé du désherbant transvasé dans une bouteille alimentaire vide le 18 juin 2015.

" Les deux jardiniers de la Direction de l’Aménagement Urbain (DAU), [qui s’occupe de la voirie et de la signalisation, de l’ensemble des espaces plantés, publics et privés, de l’assainissement et des concessions de la Principauté] sont déclarés coupables du délit de blessures involontaires. Ils sont condamnés à une peine de 2.000 € d’amende avec sursis. Le directeur de l’Aménagement urbain et le chef de la section jardins sont relaxés. Enfin, les demandes formées par la partie civile sont déclarées irrecevables."

Le liquide, de l’acide acétique, avait été oublié sans étiquette ni surveillance par du personnel du service des Jardins et laissé sur une étagère du local mitoyen avec le vestiaire. Incidemment, ce jour-là, Alex Rossi voulait étancher sa soif. Il avalait une bonne gorgée de cet herbicide en croyant se désaltérer avec de l’eau de source.

Cet homme n’avait plus d’odorat à cause d’une cloison nasale fracturée à plusieurs reprises. Il réussissait néanmoins à échapper à une mort certaine par empoisonnement après des mois de souffrances et d’hospitalisation.

 

>> RELIRE. Le jardinier croyait boire de l'eau et avait avalé de l'herbicide... La justice cherche à savoir qui est responsable

Ce jardinier n’avait toutefois pas pu assister au procès, en raison de son décès accidentel lors d’un accident de la route à Cap-d’Ail, le 6 mars dernier.

>> RELIRE. Ce que l'on sait de l'accident qui a coûté la vie à un cycliste ce mardi matin à Cap-d'Ail

Possible appel du jugement

À l’audience de ce vendredi, fait assez rare pour être souligné, le magistrat a commenté la décision: "Les peines pour les deux jardiniers sont motivées respectivement par l’absence d’étiquette sur la bouteille d’acide acétique, et pour ne pas avoir jeté la bouteille ou mis un pictogramme afin d’en signaler la dangerosité."
Et de poursuivre: "Pour les deux responsables de la DAU, le tribunal a estimé qu’ils n’avaient pas commis d’infraction. Car des mesures avaient été prises au niveau des consignes données aux agents sur la manipulation des produits toxiques. Ce n’est pas l’insuffisance de ces instructions qui aurait pu provoquer les blessures commises sur la victime. Quant aux demandes de la partie civiles, elles sont irrecevables car l’employé de la DAU était sur son lieu de travail. À ce titre, la procédure doit être mise en place devant le juge des accidents du travail."

 

À ce sujet, rappelons que le jour du procès, Me Philippe Dutertre, au nom de la famille Rossi, estimait qu’au moment du transvasement, les règles n’avaient pas été respectées. Le demandeur n’a jamais cru au hasard et s’avouait surpris par la légèreté de la législation et une gestion aléatoire des pesticides, aggravée par la routine, où tout le monde se servait avec des contenants non adaptés à cet effet.

Pour le ministère public, il s’agissait plutôt d’un enchaînement d’imprudences et de négligences suffisantes pour engager la responsabilité des quatre personnes mises en cause. Enfin, Mes Jean-Louis Deplano, Julien Darras, Franck Chouman, du barreau de Nice, et Me Hervé Campana, réclamaient la relaxe de leurs clients.
Les avocats des prévenus condamnés réfléchissent à un éventuel appel.

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