“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Le coiffeur se faisait-il payer en nature ou en drogue?

Mis à jour le 27/06/2017 à 11:37 Publié le 27/06/2017 à 05:24
L'employé se présentait comme étant le dirigeant

L'employé se présentait comme étant le dirigeant Photo d'illustration Ph. A.

Le coiffeur se faisait-il payer en nature ou en drogue?

On ne saura jamais si le troc proposé par le coiffeur-diva, une coupe gratuite en échange d'une prestation sexuelle, a véritablement attiré une large clientèle au salon « So. B Monte Carlo » du Larvotto.

 D'autant qu'aucune plainte n'a été déposée à ce sujet. À la barre, seules les deux cogérantes et les trois employées se sont constituées parties civiles. Quant au prévenu, absent mais représenté par son conseil, il estime n'avoir rien à se reprocher et réfute toutes les accusations.

Par courrier adressé au tribunal, cet Italien quadragénaire décrit une conspiration ourdie par les deux patronnes dès l'annonce de sa décision de quitter sa fonction pour aller travailler en Suisse. Pourtant, il est poursuivi pour vol, abus de confiance, harcèlement, détention et usage de stupéfiants !

Cette affaire, empreinte de concupiscence, prend de l'ampleur à partir du Grand Prix 2014. Une personne embauchée temporairement au salon pendant cette période dénonce aux responsables une succession de divagations sur ce coiffeur déjanté. Il se sert copieusement dans la caisse - les fiches clients pour établir la facturation sont détruites afin d'empocher la totalité du montant des prestations, des femmes paient brushing, couleurs, mèches… en nature dans les toilettes de l'hôtel attenant. Les deux responsables de l'enseigne, loin de se douter d'un tel comportement, décident d'aller à la Sûreté publique…

"En clair, résume le président Florestan Bellinzona, ce professionnel faisait une coupe contre une fellation ! Auparavant, le 7 avril 2009, il avait été condamné pour stupéfiants à neuf mois avec sursis. En garde à vue le 13 août 2014, il s'estime pourtant victime d'une dénonciation mensongère…"

Une plaignante rajoute alors la mésaventure arrivée à une cliente qui s'était risquée de lui donner son numéro de portable: "Elle recevait au milieu de la nuit des textos obscènes pour l'inciter à des mœurs libertines. Il partait souvent en Ukraine pour faire des coupes facturées 5.000 euros. Au salon, comme il consommait de la drogue, des personnes payaient moitié en espèces, moitié avec du cannabis."

Face à tous ces reproches, le président lit des extraits de la lettre envoyée de Genève par le fautif où il se justifie. "Quand je prenais dans la caisse, c'était des avances sur salaire. S'il m'arrivait de surfacturer, je versais le montant du tarif affiché au profit du salon et j'empochais uniquement la différence de prix. Tout le reste n'est qu'invention… J'ai fait gagner beaucoup d'argent aux dirigeantes et elles ont perdu la poule aux œufs d'or avec mon départ de la Principauté. Depuis, on ne cesse de me nuire!"

En réaction, les plaignantes formulent avec véhémence d'autres semonces. "Cet employé se présentait en tant que dirigeant et il avait une forte emprise sur les jeunes coiffeuses : elles étaient terrorisées ! Quand on l'attrapait à la sortie d'un local en train de s'essuyer le nez, c'est qu'il avait sniffé ! Mais il prétendait s'être mouché… Il rendait les gens dépendants… Aujourd'hui, il est impossible de faire la balance entre les coiffures et produits effectifs et la partie fictive. Nous réclamons l'euro symbolique." Deux employées optent pour la poursuite de l'action civile.

Ce personnage coloré, fantasque a un comportement inacceptable pour le premier substitut Olivier Zamphiroff.

"Mettre les mains aux fesses, sur les seins, mimer des sodomies et des fellations, voir les langues se percuter dans les bouches ! Voilà, sans ambiguïtés, les humiliations inadmissibles subies par les victimes. Le traumatisme des employées est établi avec sa façon d'assouvir ses pulsions de domination. Cela va provoquer son licenciement. Cet homme nie tout. Mais les témoignages sont là. La cocaïne aussi. Comme le droit de prélever sa dîme. Ses sommes occultes culminent à 500 euros par jour ! Soyez sévère avec cet individu. Passez à seize mois d'emprisonnement ferme."

C'est l'incompréhension pour la défense. "La drogue?", s'interroge Me Sarah Filippi. "Personne n'a jamais rien vu ! Le vol dans les caisses ? On va débaucher mon client avec un salaire de 15 000 euros mensuel parce qu'il allait apporter des clients et rapporter des euros ! Et on lui reproche d'avoir pris 15 euros pour payer un repas ? Le harcèlement ? Au niveau du droit, le texte est clair : nous n'avons aucune altération de santé physique des victimes. Même pas un certificat médical ! Pour le mettre en prison, il faut un maximum de preuves tangibles. Il n'y en a aucune ! Dans ce dossier on doute. Cela doit profiter à mon client. La relaxe s'impose d'elle-même."

L'avocate conclura subtilement en demandant qu'en cas de condamnation il serait bon de rester sous un quantum adapté à l'amnistie*

Le tribunal a reporté sa décision au mardi 11 juillet, à 9 heures.


*D’après l’ordonnance du 5 janvier 2015, annoncée à l’occasion des naissances des jumeaux princiers, les faits seront amnistiés s’ils sont antérieurs au 10 décembre 2014 et la peine d’emprisonnement prononcée par le tribunal inférieure ou égale à deux mois, et non de plein droit.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct