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Le cardinal Pell, ex n°3 du Vatican, condamné à six ans de prison pour pédophilie

Mis à jour le 13/03/2019 à 09:11 Publié le 13/03/2019 à 09:09
Le cardinal George Pell.

Le cardinal George Pell. Photo AFP

Le cardinal Pell, ex n°3 du Vatican, condamné à six ans de prison pour pédophilie

Le cardinal australien George Pell, ancien numéro trois du Vatican tombé en disgrâce, a été condamné mercredi à six ans de prison pour agressions sexuelles "éhontées" contre deux enfants de choeur dénoncées par le juge comme un "grave" abus de pouvoir.

Plus haut représentant de l'Eglise catholique jamais reconnu coupable de viol sur mineur, George Pell, 77 ans, devra passer au minimum trois ans et huit mois derrière les barreaux.

Le cardinal, qui clame son innocence et a fait appel de sa condamnation, a été reconnu coupable en décembre de pénétration sexuelle et de quatre chefs d'attentat à la pudeur contre les deux adolescents alors âgés de 13 ans. Mais ce verdict n'avait pu être annoncé que fin février pour des raisons juridiques.

Le juge Peter Kidd a expliqué avoir tenu compte pour rendre sa sentence des "crimes odieux" commis par un prélat ayant profité de sa position d'autorité sur les jeunes victimes. Mais il a aussi mis dans la balance son âge avancé, ses problèmes cardiaques et le fait qu'il avait "par ailleurs mené une vie irréprochable". "Vous pourriez ne pas vivre assez longtemps pour sortir de prison", a-t-il relevé.

Le cardinal Pell, vêtu d'une chemise noire, sans son habituel col romain, est resté impassible, les mains croisées sur les genoux, alors que le juge décrivait avec force détails difficiles à entendre les agressions "incroyablement arrogantes" commises contre les garçons.

Le cardinal risquait jusqu'à 50 ans de réclusion criminelle.

Les victimes ont témoigné de leur déconvenue face à ce jugement relativement clément et une procédure judiciaire qui n'est pas terminée.
"C'est difficile de trouver du réconfort" dans cette décision, a déclaré une victime identifiée seulement par l'initiale "J", par la voix de son avocate Vivian Waller. "Je suis reconnaissant que le tribunal ait reconnu ce qui m'a été infligé quand j'étais enfant mais je ne connais pas le repos" car "plane l'ombre de la procédure d'appel".

Pas le procès de l'Eglise

Le père de l'autre victime décédée en 2014 d'une surdose d'héroïne a fait part de sa "déception".

En décembre 1996, le prélat avait imposé une fellation à une victime et s'était masturbé en se frottant contre l'autre, alors que les deux garçons s'étaient cachés dans la sacristie de la cathédrale St Patrick de Melbourne pour y boire du vin de messe.

Deux mois plus tard, il avait poussé l'un des adolescents contre un mur et lui avait empoigné les parties génitales.

"Il existe un degré de dégradation et d'humiliation supplémentaires en ce que chacune des victimes savait que l'autre était témoin des abus", a déclaré le juge. Ces actes ont eu des répercussions "profondes" et "durables" pour les victimes.

Le prélat est très connu en Australie où il comptait parmi ses amis des Premiers ministres et des magnats de l'industrie. Son avenir au sein de l'Eglise est désormais plus qu'incertain.

Partout dans le monde, l'Eglise catholique a été minée par une vague de scandales de pédophilie. Mais le juge de Melbourne a souligné que c'était le procès d'un individu, pas celui de l'institution. "Vous ne devez pas servir de bouc émissaire", a-t-il ajouté. "Je ne suis pas là pour juger l'Eglise catholique".

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