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L’avocat du marchand d'art suisse Yves Bouvier réfute l’idée de "pression" sur la Cour de révision

Pour Maître Thomas Giaccardi, avocat monégasque de Dmitri Rybolovlev, "la pression est mise sur la Cour de révision" par le juge d'instruction Édouard Levrault. Des accusations réfutées par l'avocat du marchand d'art suisse Yves Bouvier.

J.D. et T.M. Publié le 15/11/2018 à 16:35, mis à jour le 15/11/2018 à 13:07
Dmitri Rybolovlev et Yves Bouvier sont en guerre sur le terrain judiciaire dans le cadre de deux affaires distinctes mais liées. Photos C. D. et J.-F. O.

En déclenchant, le 6 novembre, une vague de gardes à vue et d’inculpations de fonctionnaires et hautes personnalités de la Principauté qui auraient gravité autour de Dmitri Rybolovlev et son avocate Tetiana Bersheda – également gardés à vue et inculpés, le juge d’instruction Édouard Levrault exerce-t-il "une pression sur la Cour de révision"? C’est la thèse qu’avançait Maître Thomas Giaccardi, avocat de l’oligarque russe, ce mardi 13 novembre dans nos colonnes.

>> RELIRE. Après Dmitri Rybolovlev, neuf autres inculpés: Monaco en plein séisme judiciaire

"Il existe une concomitance ou une précipitation à un ou deux mois de l’audience de la Cour de révision. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a une forme de pression sur la Cour qui doit dire si l’utilisation des SMS émis depuis le téléphone de l’avocate de mon client est ou non légale. Les charges sont très très importantes. Beaucoup d’investigations ont été faites depuis un an. Rien ne l’empêchait d’attendre un mois en plus."

Une "concomitance" que réfute catégoriquement Maître Frank Michel, avocat du marchand d’art suisse Yves Bouvier, inculpé des chefs d’escroquerie et de blanchiment après une plainte de son acheteur russe en 2015. Maître Frank Michel a tenu à nous transmettre sa réaction.

 

>> RELIRE. Annulation de la procédure: le marchand d’art suisse Yves Bouvier a déposé sa demande

"Une affirmation fantaisiste"

"Maître Giaccardi semble mettre en question l’objectivité du juge d’instruction (...). Cette affirmation est fantaisiste, il faut rappeler que les procédures de révision en matière pénale sont jugées sur dossier, ce qui implique qu’il n’y a pas d’audience de plaidoiries et que personne ne sait quand la décision de la Cour sera rendue, ce qui exclut qu’un quelconque "timing" ait été adopté.

En réalité, si le juge d’instruction a décidé de procéder à des inculpations, c’est parce qu’il a nécessairement estimé que les résultats de l’enquête qu’il mène depuis plusieurs mois le justifient et certainement pour aucun autre motif. Il s’agit à l’évidence d’une stratégie de défense des avocats adverses qui consiste à essayer d’éviter de parler du fond, et à essayer d’inverser les rôles en faisant passer leur client pour la victime de l’institution judiciaire."

Sur les 24 heures
de garde à vue

 

L’avocat monégasque n’a pas non plus apprécié la complainte de son confrère quant à la durée des gardes à vue.

"Maître Giaccardi semble considérer qu’il est inadmissible que son client ait été placé en garde à vue pendant plus de 24 heures. Or, Monsieur Bouvier a quant à lui été placé sous ce régime pendant plus de 80 heures d’affilée… Les faits pour lesquels le magistrat instructeur a procédé à ces inculpations sont des faits graves, a minima de collusion, dans une procédure dont l’aboutissement devait être le placement en détention de Monsieur Yves Bouvier pour des faits qu’il n’a pas commis."

>> RELIRE. Le patron de l'AS Monaco, Dmitri Rybolovlev, a passé la nuit en garde à vue.

 

"Un nombre considérable d’investigations"

Dmitri Rybolovlev a été placé en garde à vue le mardi 6 novembre jusqu’au lendemain matin – alors "que cela aurait pu être réglé en deux minutes" selon Me Giaccardi –, refusant de répondre à la moindre interrogation tant que la question de la recevabilité de l’expertise du téléphone de son avocate, Tetiana Bersheda, n’aura été tranchée.

 

Un téléphone et ses milliers de SMS qui, d’après Me Michel, "sont loin de constituer le seul élément à charge dans une procédure qui compte plus de deux mille cinq cents cotes et qui a donné lieu à un nombre considérable d’investigations par un juge d’instruction, dont il est illusoire de penser qu’il pourrait être impressionné par une mise en cause personnelle ou par une quelconque démonstration de force."

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