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L’attachée de direction licenciée avait récupéré des données confidentielles au sein de sa banque

Mis à jour le 07/12/2018 à 11:48 Publié le 07/12/2018 à 13:55

L’attachée de direction licenciée avait récupéré des données confidentielles au sein de sa banque

Vengeance ou fatale méprise? Tromperie inconsciente ou mensonge? Le tribunal correctionnel a eu à trancher un dossier sensible concernant une secrétaire de direction d’une grande banque de la place.

L’infraction? L’atteinte frauduleuse à des données informatiques. Les raisons? Cette jeune Bulgare semble avoir réagi dans l’urgence pour trouver un emploi à l’annonce de son licenciement, le 23 février dernier. Elle transfère sur sa boîte mail des données particulièrement délicates sur les clients de l’établissement.

À la barre, on la sent un peu perdue dans ses réponses, face à la pression, à la fois de la justice et des plaignants qui craignent une publicité déshonorante dans la sphère financière. Et pour cause: dans ces fichiers classés "top secret": comptes, montants, patrimoines des plus gros investisseurs y sont répertoriés minutieusement. Évidemment, si de telles données tombaient entre les mains de la concurrence ou d’investigateurs peu scrupuleux, les répercussions sonneraient le glas de la succursale monégasque. Alors, l’employeur se couvre et dépose plainte…

"Je ne savais pas comment déchiffrer ces fichiers"

Le président Florestan Bellinzona entreprend l’instruction du dossier avec un long chapitre sur "l’expédition discursive" des documents bancaires confidentiels.

La prévenue commente, d’emblée, les conséquences de son licenciement. "Je suis seule! Sans famille! Je ne m’attendais pas à cette décision aussi brutale. J’ai aussitôt collecté et transféré les courriels afin d’obtenir une liste de contacts pour trouver un prochain emploi…" 

Selon toute apparence, cette résidente beausoleilloise aurait récupéré à la hâte les fichiers, sans se rendre compte qu’ils contenaient des pièces jointes sensibles.

Quand le magistrat estime "l’inutilité de ces fameux documents, sur la situation financière de vingt-trois clients les plus importants, pour trouver une autre place", l’intéressée réfute toute intention de nuire.

"Je me suis rendu compte de mon manquement quand j’ai comparu devant le conseil de discipline. Cela dit, à mon niveau, je ne savais pas comment déchiffrer ces fichiers…" 

"Je n’ai jamais eu l’intention d’aller voir un rival"

Certes, un concurrent n’aurait eu aucun mal à décoder ces éléments où figurent des précieuses indications sur des fortunes colossales…

La prévenue s’en défend véhément: "Je n’ai jamais eu l’intention d’aller voir un rival de la banque ou de vendre ces fichiers… D’ailleurs, j’ai supprimé la totalité des cinquante-quatre mails…"

Il sera également reproché une déclaration sur les conflits d’intérêts, matérialisée par une case mal cochée sur des fonctions parallèles de directrice de société. Finalement, une sottise abyssale l’aura installée dans le chômage de longue durée…

"On se moque
de nous!"

Représentant la partie civile, Me Thomas Giaccardi est amer. "On se moque de nous! Tous les extraits de publications sur l’ensemble des informations légales, économiques et financières relatives à la vie des entreprises est consultable sur le Journal officiel de Monaco. Le concours de circonstance n’est pas convaincant! Le secret bancaire doit être respecté… Nous réclamons l’euro symbolique plus 5.000 euros pour les frais de procédure."

Tout a été calculé pour le procureur Alexia Brianti. "Les données n’ont pas été récupérées par hasard, mais détournées au préjudice de son employeur. Elles pouvaient lui être utiles. 2000 euros d’amende pour les deux infractions." 

"Il y a surtout
une volonté de vindicte
de la banque"

En défense, Me Hervé Campana prend le mors aux dents.

"Non! Je ne partage pas pareilles réquisitions. On prête à ma cliente des intentions qu’elle n’a pas sur la manipulation de ces données sensibles. Or, ces noms, tout le monde les connaît en vérité. Licenciée, elle perd toute lucidité. Relaxez-là! Il n’y a rien de faux. Il y a surtout une volonté de vindicte de la banque et une exagération sur le préjudice subi. Avec cette erreur, elle ne retrouvera plus jamais d’emploi à Monaco." 

Le tribunal suivra les réquisitions du ministère public et prononcera une relaxe pour la fausse attestation. Pour sa part, la partie civile percevra l’euro symbolique et 1500 euros pour le préjudice matériel.


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