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L'amant profite des largesses financières de sa richissime maîtresse affaiblie par la maladie

Mis à jour le 28/03/2018 à 17:55 Publié le 28/03/2018 à 05:09
« Ils sont amants depuis vingt ans… Et il ne se rend pas compte, même s'il n'y a plus de relations intimes, que cette femme est atteinte du syndrome d'Alzheimer ? », s'est offusqué l'avocat de la partie civile.

« Ils sont amants depuis vingt ans… Et il ne se rend pas compte, même s'il n'y a plus de relations intimes, que cette femme est atteinte du syndrome d'Alzheimer ? », s'est offusqué l'avocat de la partie civile. Photo d'illustration Var-matin

L'amant profite des largesses financières de sa richissime maîtresse affaiblie par la maladie

Un Français de 79 ans qui entretenait une relation extra-conjugale depuis 20 ans avec une richissime femme d'affaires est accusé d'abus de faiblesse. Le prévenu a été reconnu coupable d'avoir empoché plus de 500.000 euros en cinq ans en profitant de la maladie de sa maîtrise

Dans cette double vie de longue durée entre un modeste retraité de la région grassoise, marié, et une richissime femme d'affaires de Monaco, divorcée, est-ce l'argent ou l'affectivité qui a scellé leur relation illégitime? Autrement dit, cet amant galant, âgé de 79 ans au moment de sa comparution, a-t-il profité des largesses financières de sa maîtresse, atteinte de troubles de la mémoire depuis 2009, donc vulnérable, comme le soutient la partie civile? Pour les juges, la dénaturation de la liaison amoureuse ne fait aucun doute. Ils ont condamné l'ami cupide à dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis et au versement de 3.001 euros à la partie civile.

Qu'en est-il véritablement de cette histoire sentimentale initiée en 1990 et évoquée à l'audience à l'issue d'une plainte déposée le 12 juillet 2014 par le fils de la victime? Le plaignant est alerté par les multiples retraits sur le compte bancaire de sa mère au bénéfice du prévenu, et l'achat fréquent de bijoux.

L'exploitation des comptes démontre l'acquisition de huit véhicules, surtout des Mercedes, entre 2012 et 2014. De nombreux chèques et virements, pour un montant de quelque 200.000 euros, sont établis au nom du retraité. Un manipulateur? À la barre, cet homme réfute tout abus.

570.565 euros encaissés en 5 ans…

"Cette dame avait toute sa tête et je ne me suis jamais aperçu de l'altération de ses facultés mentales. On ne vivait pas ensemble. Mais on se voyait régulièrement. Au sujet des voitures, elle signait les chèques pour en financer l'achat! Je n'ai fait aucun bénéfice. Un jour, elle a voulu absolument m'acheter un appartement et remis un chèque de 260.000 euros. Il n'a pas été encaissé car le compte n'était pas suffisamment approvisionné. Je ne suis pas un voleur!"

Certes, le prévenu n'a jamais été condamné. Mais aurait-il pu être tenté de piocher dans un patrimoine chiffré à 15 millions d'euros et 1 million sur le compte?

À la suite d'un rapide calcul, le président Jérôme Fougeras Lavergnolle remarque: "Vous avez encaissé en totalité, d'après vos relevés bancaires, 570.565 euros sur cinq ans. Comment est-ce possible de toucher autant quand vous gagnez 2.000 euros par mois? Où est parti cet argent perçu?"

L'intéressé, âgé, affaibli par la maladie et le visage consterné, ne s'en souvient pas: "Je n'en sais rien…"

... 1 euro symbolique réclamé

Ce n'est pas l'avis de Me Thomas Giaccardi, conseil de la partie civile.

"Le prévenu ne dit pas la vérité. Ils sont amants depuis vingt ans. Il partage sa vie! Et il ne se rend pas compte, même s'il n'y a plus de relations intimes, que cette femme est atteinte du syndrome d'Alzheimer? Pour les véhicules, il achète avec l'argent de Madame et il les revend en conservant l'intégralité du produit des ventes. Il a trouvé le moyen de s'enrichir. Nous sommes arrivés au sommet de l'abus de faiblesse. Nous réclamons l'euro symbolique et 7.000 euros pour les frais de procédure."

Cet homme ment sans vergogne pour le procureur Alexia Brianti. "Il oublie ou se souvient quand ça l'arrange. Est-ce donc lui la victime à plaindre dans ce dossier? Non! Le fautif s'est enrichi et il a profité de la dépendance et de la vulnérabilité de cette femme qui n'avait plus le sens de l'argent. Argent qui était devenu le sien! Même aujourd'hui, cet individu n'est pas crédible. Il mérite de la prison ferme." Mais vu son état de santé, il sera requis deux ans avec sursis.

Quelle confusion pour la défense. "Comme mon client n'avait pas d'argent, plaide Me Patrice Lorenzi, son amie lui donnait les sommes correspondantes pour qu'il règle les véhicules. Car elle aimait les belles voitures. Dans ce dossier de 2.700 pages, toutes à charge, c'est une montagne de documents qui accouche d'une souris. Où est le vol? Personne n'en a jamais parlé. L'expertise ne fait pas état de dépendance. Le délit n'est pas établi. Prononcez la relaxe!"

Le tribunal ne l'a pas suivi.


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