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L’ahurissante intervention de "Monsieur gendre" pendant le procès Pastor

Mis à jour le 10/10/2018 à 12:05 Publié le 10/10/2018 à 12:04
Wojciech Janowski durant le procès Pastor.

Wojciech Janowski durant le procès Pastor. Dessin Rémi Kerfridin

L’ahurissante intervention de "Monsieur gendre" pendant le procès Pastor

Dix personnes sont jugées devant la Cour d'assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence, pour les assassinats à Nice en mai 2014 de la richissime femme d'affaires monégasque Hélène Pastor et de son chauffeur Mohamed Darwich, dont le gendre de la milliardaire. Plaidoiries des parties civiles à partir de ce mercredi avant le réquisitoire de l’avocat général. Ce sera au tour de la défense la semaine prochaine pour un verdict attendu mercredi ou jeudi

La cour d’assises d’Aix en Provence a été frappée de stupeur ce mercredi matin. Une sidération confinant au malaise, voire au haut le cœur.

"C’est ignominieux", glisse Me Gérard Baudoux, l’un des avocats de Gildo Pastor, fils de la victime, à l’interruption d’audience. "Monsieur gendre", alias Wojciech Janowski, a en effet demandé la parole, à la surprise générale, vers 9h45.

Le procès courait alors calmement vers son épilogue avec l’intervention des parties civiles devant débuter ce mercredi en fin de matinée. Le verdict est attendu en milieu de semaine prochaine.

Le prix du yacht préoccupe l’accusé

Ce quart d’heure d’intervention, accordé au gendre polonais par le président de la cour d’assises, devait être consacré à ses affaires financières.

Depuis le début du procès, cet aspect préoccupe l’accusé au plus haut point. En ce mercredi matin, le banc de Me Eric Dupond Moretti et de Me Luc Febbraro, ses avocats, est vide. Une collaboratrice est présente pour représenter la défense.

Depuis la diffusion devant la cour d’assises de l’enregistrement vidéo des aveux, venant dynamiter la théorie de Wojciech Janowski sur une prétendue maltraitance lors de sa garde à vue, le ténor s’est montré discret. Il n’a fait que de brèves apparitions.

Prenant la parole, avec un "merci monsieur le président" obséquieux, Wojciech Janowski a d’abord tenu la feuille de route annoncée. Malgré l’incongruité de la déclaration, il revient sur le prix du yacht acheté avec sa compagne. "Sylvia parle du prix du bateau. Le prix catalogue était 5,4 millions hors taxe. J’ai négocié le prix du bateau et je l’ai redescendu en dessous de quatre millions d’euros. Dans ces quatre millions d’euros vous avez tous les extras. Car Sylvia a complètement changé le bateau, le système de navigation, le cockpit, la distribution des pièces." Le malaise est palpable.

Bons et mauvais points sur les parties civiles

Puis, assez vite, il se lance dans un long monologue, donnant son avis sur chaque partie civile. Les familles des victimes.

Gildo Pastor ? (ndrl : fils de la victime) "Je l’ai connu, il avait dix neuf ans, un jeune homme en pleine santé, d’une grande intelligence, d’une grande capacité, il vivait sa passion des voitures."

Assez étonnamment, il passe la brosse à reluire.

Puis il parle de la compagne de Gildo Pastor (…) "Sa femme... Je n’arrivais pas à comprendre comment ils sont tombés amoureux, ils sont tellement différents. Mais quand Gildo est tombé malade (ndrl, un AVC) , elle a tout donné, elle était omniprésente, une femme de grande valeur ."

L’intervention dure, la cour est stupéfaite, la salle d’audience retient son souffle. Wojciech Janowski égrène ensuite les parties civiles, laissant entrevoir sa haine de l’une d’elles, l’accusant d’actes atroces. Un "ohh" de réprobation monte de la salle.

Le président, Pascal Guichard, intervient: "Je croyais que vous deviez évoquer les aspects financiers, je ne suis pas sûr que c’est le sujet que vous souhaitiez aborder. Cela fait déjà quinze minutes que nous vous entendons donner des appréciations sur les parties civiles, c’est un peu difficile pour elles."

De nouvelles accusations contre Dauriac

Wojciech Janowski ne tient pas compte de la mise en garde du président. Il évoque alors ceux qui sont "dans la cage", "l’aquarium". Il veut parler du box des accusés. Il affirme que Pascal Dauriac avait une grosse somme d’argent, non déclarée, dont il ne savait que faire. C’est nouveau dans le dossier. "J’ai dit à Dauriac, achète un terrain, et commence à construire. Je lui ai dit qu’il devait être honnête, régulariser sa situation." On a dépassé la demi heure.

Alors que « Monsieur Gendre » s’apprête à continuer, le président coupe court. "M. Janowski, vous ne tenez pas vos engagements, regagnez votre place !" Mais l’accusé aura l’occasion d’aller plus loin, à la faveur d’une question de Me Baudoux qui le met face à ses contradictions.

Durant l’enquête il avait en effet chargé Gildo Pastor. "Quand dites vous la vérité?", interroge l’avocat.

"Tout est vrai, reprend Janowski. Tout Monaco, sûreté monégasque incluse, était convaincue que Gildo avait contacté Dauriac ou quelqu’un pour faire tuer sa mère." La partie civile encaisse de nouveau.

"Je suis très cohérent"

La coupe est pleine. Me Baudoux : "Vous osez dire ça ? Il faudrait que vous soyiez cohérent dans votre système de défense."

  • Wojciech Janowski d’une voix haut perchée : "Je suis très cohérent."

- Me Gérard Baudoux : "Vous ne percevez pas les contradictions dans la défense que vous soutenez?" L’avocate de Janowski n’intervient pas.

Me Thomas Giaccardi, avocat de Gildo Pastor, après avoir interrogé l’accusé sur une nouvelle incohérence gronde : "Vous vous moquez du monde !"

Le coach, Pascal Dauriac, invité à donner son avis sur les toutes nouvelles déclarations de Wojciech Janowski lâche: "C’est à vomir".

Interruption d’audience. La nausée a envahi les rangs des parties civiles. Le public refait le film de cette déclaration hors sol. Effondré, Gildo Pastor quitte la salle les yeux brillants.


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