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La retraitée aide des réfugiés : 1 500 euros d'amende

Mis à jour le 19/12/2015 à 05:15 Publié le 19/12/2015 à 05:15
De nombreux militants étaient venus hier soutenir Claire Marsol, au tribunal de Grasse.

De nombreux militants étaient venus hier soutenir Claire Marsol, au tribunal de Grasse. Xavier Depoilly

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La retraitée aide des réfugiés : 1 500 euros d'amende

Le tribunal correctionnel de Grasse l'a jugée coupable d'avoir transporté deux migrants en voiture, de Nice à Antibes, afin de leur permettre d'échapper à un contrôle de police

Ironie du sort c'était hier la journée internationale des migrants. Claire Marsol, 72 ans, maître de conférence niçoise à la retraite depuis 2004, a été condamnée à 1 500 e d'amende. Jugée coupable par le tribunal correctionnel de Grasse « d'aide directe, ou indirecte, à l'entrée, la circulation, le séjour irrégulier de deux étrangers en France ». En fait, une migrante de 22 ans, et un adolescent de 15 ans, tous deux Érythréens.

La défense voulait en faire le procès du droit à la solidarité. Le ministère public celui d'une femme ayant aidé des migrants en situation irrégulière. Une passeuse en quelque sorte.

Claire Marsol, cheveux grisonnants, bien mise, est une militante de l'association Habitat et Citoyenneté, qui vient en aide aux réfugiés. Elle se trouvait le 13 juillet dernier en gare de Nice pour « observer le travail de la police », selon ses propos à la barre du tribunal correctionnel de Grasse.

Délit de solidarité ?

C'est alors qu'elle a pris en charge les deux réfugiés. Elle les a véhiculés de Nice à Antibes, pour qu'ils puissent reprendre un train là-bas. « C'était sciemment, pour éviter les contrôles de police », interroge le président du tribunal, Alexandre Julien. Elle acquiesce.

Tout le débat portait autour du délit de solidarité. « Est-ce une passeuse qui s'est enrichie ? Ou est-ce une bénévole instruite, active, humaine, solidaire, qui a voulu aider un mineur et une femme seule dans une situation catastrophique », questionne son avocate, Sarah Benkemoun, penchant évidemment pour la deuxième solution. Le délit de solidarité était au cœur des débats. La loi permet théoriquement à la justice de faire la distinction entre un trafiquant qui s'enrichit sur la détresse d'un réfugié et un citoyen solidaire qui tend la main à son semblable.

Le fil de l'accusation était ténu, mais c'est finalement du côté de la culpabilité que le tribunal a penché. Estimant qu'elle les aidait à esquiver le contrôle de police. « Si vous la condamnez, vous nous condamnez tous, vous condamnez la solidarité, les valeurs de la France », avait plaidé quelques minutes plus tôt son avocate, Me Sarah Benkemoun.

« C'est une honte », a-t-on entendu dans la salle à l'issue du délibéré. « C'est la solidarité qu'on condamne », s'emporte une femme.

Une foule de militants, des associations, étaient venus la soutenir à l'audience. Son avocate a annoncé son intention de faire appel.


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