Rubriques




Se connecter à

La fête d'anniversaire clandestine tourne à la bagarre et finit au tribunal à Monaco

En pleines restrictions sanitaires pour éradiquer la pandémie, une soirée festive entre jeunes est allée à vau-l’eau à cause de la boisson à Monaco.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 05/06/2021 à 12:05, mis à jour le 05/06/2021 à 12:05
les faits se sont déroulés en janvier dernier à Monaco. Photo Jean-François Ottonello

Si le confinement est fréquemment synonyme de violences, il ne rime pas pour autant avec impunité. Le tribunal correctionnel de Monaco s’est penché sur cette condition humaine en abordant un dossier constitué de brutalités commises le 10 janvier dernier.

A cette date, confinement et couvre-feu n’avaient pas suffi à écarter une conduite à risque pour un étudiant de 24 ans.

"Vous avez giflé une jeune femme…"

Insouciant, il avait organisé cette nuit-là un anniversaire dans l’appartement de ses parents. La boisson aidant, vers 4 heures, on allait au clash! Une remarque contrariante provoque la colère de l’hôte et les coups partent!

Pourtant, des mesures strictes de restriction des libertés fondamentales avaient été prises par l’exécutif. Largement considérées comme le moyen le plus sûr pour éradiquer la pandémie, ces privations devaient justement éviter entre autres des soirées arrosées.

 

"Vous avez giflé une jeune fille et donné des coups au visage à un invité, observe le président Florestan Bellinzona, quand il a voulu s’interposer. Au service des urgences, il était diagnostiqué œdèmes, hématomes, traces de coups et angoisses." Les victimes sont ressorties avec deux jours d’ITT chacune.

"Mes parents n’étaient pas au courant…"

Le prévenu est formel: "Je n’ai pas pu le frapper. Certes, j’étais stressé avec les voisins qui s’étaient manifestés à deux reprises. Et surtout mes parents n’étaient pas au courant de l’organisation de cette fête chez eux".

Un plaignant évoque néanmoins à la barre un état d’énervement indescriptible suivi de violences.

Alors, pour le magistrat, "les témoins mentent. Le couvre-feu, c’était évidemment pour éviter de boire".

 

L’étudiant persiste dans ses déclarations. "Je ne trouvais pas gentil leur comportement. Je les accueillais chez moi. C’était pour faire plaisir à ma copine. Je suis une personne sensible. Il s’agit peut-être d’un geste malencontreux. Je le regrette."

Le ministère public est déçu de constater les difficultés du prévenu à assurer sa responsabilité. "Il commet des violences parce que la victime l’a trouvé bizarre, remarque le premier substitut Julien Pronier. Il avoue juste la tentation de frapper. Et les certificats médicaux? Je ne comprends pas que l’on vienne se défier à l’audience. Il faut éviter que l’on se comporte encore de la sorte: trois mois avec sursis et liberté d’épreuve."

"Peut-être une altercation verbale"

Côté défense, l’anxiété, la peur, l’incertitude auraient attisé les tensions. Le prévenu ne connaissait pas vraiment ses invités.

La plaidoirie de Me Arnaud Cheynut fait particulièrement place à la personnalité de son client. "Il a un profil de brave garçon au point de rendre service à sa petite amie. Que se passe-t-il en fait? Les déclarations des témoins sont contradictoires. On peut douter de la légitimité des coups quand il est aperçu et rapporté un seul geste. Les certificats? Ils étayent des doléances, car les blessures ont été constatées deux jours plus tard. Cela ne prouve pas d’avoir reçu les coups avant. La police est intervenue. Aucune déclaration. Peut-être une altercation verbale. Il manque l’élément essentiel: rien ne le prouve. La relaxe!"

 

Le tribunal prononcera une peine d’amende de 300 euros.

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.