“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

La dame suspicieuse engage un privé pour suivre son compagnon. Le détective finit en correctionnelle

Mis à jour le 21/05/2019 à 07:55 Publié le 21/05/2019 à 07:05
Les investigations ont conduit le détective en Principauté afin de placer un dispositif de surveillance sur le scooter du personnage suspecté.

Les investigations ont conduit le détective en Principauté afin de placer un dispositif de surveillance sur le scooter du personnage suspecté. Photo C.D.

La dame suspicieuse engage un privé pour suivre son compagnon. Le détective finit en correctionnelle

Un détective cannois était poursuivi pour la pose d’un traceur GPS sur un scooter dans le parking d’un immeuble du Jardin Exotique. L’histoire débute au mois de septembre dernier.

Un "privé" aux traits d’espion intrusif accro à la surveillance! Ce n’est pas un titre de la série des "San-Antonio", de Frédéric Dard. Mais une affaire de pratique illégale de surveillance évoquée au tribunal correctionnel.

Une dame suspicieuse décide d’engager un professionnel pour vérifier la fidélité de son compagnon. Tous les deux s’entendent sur un ordre de mission portant notamment sur la conduite et la filature du personnage aux amours présumés volages.

Les investigations conduisent le détective en Principauté afin de placer un dispositif de surveillance sur le scooter du personnage suspecté. Pour accéder au sous-sol de l’immeuble où stationne le deux-roues, le professionnel se présente en tant que policier cannois au concierge.

Le gardien considère cette intervention assez bizarre. Par acquis de conscience, il informe la Sûreté publique et relève l’immatriculation de la moto du détective. En possession du numéro minéralogique, les enquêteurs vont identifier l’usurpateur et le convoquer courant octobre.

"Vous vous êtes fait passer pour un policier"

Car le traçage de mouvements est interdit par la loi s’il n’est pas correctement déclaré. De plus, seule l’autorisation d’un juge peut en permettre l’utilisation. Afin d’effacer toutes preuves avant de se rendre à la convocation, le privé va rejoindre le parking pour retirer le GPS espion. Il ne se doutait pas que les limiers monégasques avaient anticipé sa réaction.

Interpellé et placé en garde à vue à sa sortie, le prévenu s’est retrouvé à la dernière audience.

D’emblée, le président Florestan Bellinzona s’étonne des agissements du détective.

"Ici, vous êtes à l’étranger. Aviez-vous le droit d’enquêter en Principauté ? Ne deviez-vous pas en informer les autorités administratives monégasques auparavant ? Vous vous êtes fait passer pour un policier afin d’effectuer une opération illicite sur un scooter, en montrant une carte professionnelle, d’après les témoignages du concierge. Vous vous arrogez d’une fonction. C’est un délit, et une législation rigoureuse encadre le droit de localisation par un traceur à l’insu d’une personne."

"Je m’excuse..."

Le prévenu relativise l’infraction : "En France, il y a une tolérance pour poser ce genre d’appareil GPS. Je pensais qu’il était possible d’en faire de même à Monaco. Je m’excuse..."

Mais il réfute l’usurpation de policier. "J’ai bien montré ma carte de détective privé au concierge. Il a dû confondre..." Dans ses réquisitions, le premier substitut Cyrielle Colle rappelle les faits et annonce le risque maximum encouru par le contrevenant.

"La peine peut aller jusqu’à cinq ans de prison quand on se prétend d’une autorité militaire ou judiciaire. Vous avez franchi une frontière afin de poursuivre votre activité, particulièrement réglementée... Compte tenu du trouble porté à l’État monégasque, une peine d’un mois assorti du sursis le fera réfléchir sur l’observation des règles." Pour la défense, il y a une mauvaise appréciation dans ce dossier.

"La perquisition sur la moto de mon client par les policiers de Monaco, annonce Me Guy Ferreboeuf, du Barreau de Grasse, a eu lieu à Beausoleil. Le GPS démontre cette erreur, certes due à la particularité de la mitoyenneté des frontières dans une même voie. Le concierge n’est pas formel sur la carte de police. La victime savait qu’il y avait une balise sur son scooter et n’a pas porté plainte. Le doute doit profiter au prévenu. Évitez que la condamnation figure sur son casier. Ce serait la double peine et vous obéreriez sa carrière professionnelle."

Compte tenu de cette situation, le tribunal s’en tiendra à 1.000 euros d’amende avec sursis.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct