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La banquière a-t-elle profité de l'argent des clients?

Un épais dossier d'escroquerie a été évoqué à l'audience du tribunal correctionnel. Dans cette affaire d'argent au sein d'une agence bancaire de Fontvieille, l'employée modèle aurait ponctionné des comptes de clients en encodant des cartes permettant de retirer des espèces via le distributeur de billets placé hors de l'établissement.

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 06/07/2016 à 05:08, mis à jour le 06/07/2016 à 05:08
À la barre, la prévenue a farouchement nié les faits. Michael Alesi

Ni vu ni connu ? Les ennuis débutent en 2013. Un client donne l'alerte, en remarquant un mouvement surprenant de 1 000 € sur son relevé bancaire. Il n'a jamais effectué pareille opération et son compte s'en retrouve pourtant débité. La banque mène alors une procédure interne. Une opération de retrait du même montant apparaît le 14 décembre 2012, à 14 h 30, réalisée avec une carte express remise au guichet. Une enquête est lancée et les bandes de vidéosurveillance sont exploitées minutieusement.

« Tous les employés peuvent émettre une carte de retrait »

« On vous voit sortir de l'agence avec un portable, souligne le président Jérôme Fougeras Lavergnolle. Vous allez en direction du distributeur. Dans ce même créneau horaire, les enregistrements montrent tous les employés occupés. Sauf vous ! Concomitamment, la direction apprend que des faits identiques ont été commis auparavant. Les deux personnes étaient vos clientes. Chaque fois vous étiez présente et vous avez interrogé leurs comptes à l'écran… »

La jeune femme réfute toute malversation. « Quand je gère leurs portefeuilles, j'effectue de multiples manipulations informatiques. Et je sors plusieurs fois dans la journée pour fumer avec une amie… »

Le président réagit aussitôt : « Alors, vous auriez dû voir quel collègue était allé au distributeur… » La prévenue reste vague : « J'ai été mise au courant de l'affaire deux mois plus tard. Je ne m'en souvenais plus à l'époque. Pourtant, quand il manque de l'argent on s'en aperçoit tout de suite ! Mais ce soir-là, personne n'a rien dit. Et sur le bordereau apparaît la signature de ce même client que je n'ai d'ailleurs jamais vu de ma vie… »

 

Comme pour hameçonner cette Italienne, le magistrat note : « Au cours de la garde à vue, vous avez avoué le retrait d'argent afin de ne pas aller en prison pour 1 000 €. Or, le 30 octobre, on note le même modus operandi ! » Réponse : « Tous les employés de l'agence peuvent émettre des cartes de retrait pour les clients ! Tous ont aussi accès aux ordinateurs. »

Délibéré le 12 juillet

Me Jean-Marie Canac, du barreau de Nice, « déplore l'attitude de Madame, contraire à la confiance accordée. Elle était devenue déléguée du personnel pour se protéger. La partie civile que je représente ne l'a jamais licenciée. Mise à pied par la suite, on la paye… Soyez sévère ! Nous réclamons 10 000 € pour le préjudice moral ».

L'audience apporte peu d'éclairage pour le procureur général adjoint Hervé Poinot. « L'escroquerie existe. Or, les deux clients sont absents. D'abord, la prévenue nie les faits. Puis, elle fait des aveux circonstanciés. Elle se rétracte à la seconde audition. On met des idées insidieuses dans la mémoire du tribunal et Madame est prête à mettre en cause tout le monde. Quand la place de Monaco représente 10 milliards d'euros, la confiance est le maître mot ! Neuf mois avec sursis. »

 

C'est trop cher payé pour la défense. « Ma cliente n'est pas devenue subitement folle pour 2 000 €. Aucune preuve directe ! Aucun témoin l'identifie ! Il faudrait être c… pour faire des retraits sur les comptes de ses propres clients. Quant à la banque, ses preuves vidéo ne sont pas fiables : les trois systèmes ont un horodatage différent. Il y a quelque chose de malsain dans cette affaire. Vous relaxerez… »

Le tribunal a mis l'affaire en délibéré jusqu'au 12 juillet.

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