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L'ex-militant de la guerre sainte ne devait pas revenir à Monaco…

Mis à jour le 11/10/2018 à 05:10 Publié le 11/10/2018 à 05:10
Sous le coup d'une enquête en France pour port d'armes, le résident de Cap-d'Ail n'était jugé «que» pour infraction à mesure de refoulement.

Sous le coup d'une enquête en France pour port d'armes, le résident de Cap-d'Ail n'était jugé «que» pour infraction à mesure de refoulement. J.-F. Ottonello

L'ex-militant de la guerre sainte ne devait pas revenir à Monaco…

Quel personnage déroutant !

Quel personnage déroutant ! Arrivé menotté devant le tribunal correctionnel, ce résident de Cap-d'Ail reste calme et posé au cours de sa comparution pour infraction à mesure de refoulement. Pourtant, passé et passif ne plaident pas en faveur de cet homme à l'âme mercenaire. Militant pour la guerre sainte, il croyait qu'un conflit allait éclater entre chrétiens et musulmans. Il a alors émis l'intention de rejoindre les troupes de Bachar el-Assad.

Une information judiciaire a d'ailleurs été ouverte en France pour détention d'armes. Un véritable arsenal militaire, composé de kalachnikovs, fusils d'assaut, pistolets et munitions avait été découvert à son domicile. Il faut y ajouter huit condamnations pour vol, dégradations, violences, outrages…

Voilà pour le portrait peu flatteur de ce magasinier de 31 ans et les raisons de son interdiction de fouler le sol monégasque, notifié de 31 décembre 2014. Dimanche dernier, ce Français d'allure sportive n'en a pas tenu compte. Vers 15 h 40, les policiers le trouvent sur le boulevard de Belgique en compagnie d'une femme.

« Que veniez-vous faire à Monaco ? demande le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle.

- J'étais venu chercher mon ancienne copine à la gare.

- N'était-il pas préférable d'aller la prendre à la station ferroviaire de Cap-d'Ail ?

- À vrai dire, je ne me suis pas posé la question. Quand les policiers m'ont arrêté, nous étions sur le chemin du retour afin de rejoindre mon domicile. »

« J'en ai terminé avec la Syrie et l'Irak »

Le président l'interroge sur d'éventuels problèmes d'ordre psychiatriques, dont une schizophrénie paranoïaque. « Oui, avoue l'intéressé. Je suis toujours suivi par les médecins. J'avais mis le feu à l'appartement de mon frère et j'ai été interné. Aujourd'hui, j'ai arrêté complètement la drogue. L'alcool ? De temps en temps. Je travaille depuis cinq ans à temps complet. J'en ai terminé avec les projets de partir en Syrie ou en Irak… »

Le magistrat confirme que, depuis le 16 novembre 2012, l'individu se tient tranquille. De son côté, le premier substitut Olivier Zamphiroff précise : « Il faut juger cet homme pour des faits d'infraction à refoulement. Sans s'occuper de l'instruction en France pour port d'armes. Une peine de huit jours de prison ferme me paraît proportionnée au dossier et adaptée à la personnalité du détenu. »

« Avez-vous pensé à l'amour ? »

Me Hervé Campana, en défense, s'interroge : « Pourquoi, ce Monsieur, conscient de la mesure de refoulement, a-t-il bravé l'interdiction pour récupérer son ancienne amie à la descente du train ? Certes, il y a ce trouble psychiatrique qui perturbe encore son discernement. Avait-il, alors, toute sa tête au moment des faits ou bien était-il en état de démence ? Évidemment, le doute doit lui profiter avec une altération mentale. Mais n'avez-vous pas pensé à l'amour ? Car cet homme a encore des sentiments pour son ex-compagne. Laissez-vous aller à l'indulgence… »

Le tribunal s'est montré clément en prononçant une peine de quinze jours, avec le bénéfice de l'incarcération fractionnée. Il passera donc les deux prochains week-ends à la maison d'arrêt.


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