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L'agent du lycée condamné pour un acte obscène

Mis à jour le 20/07/2017 à 05:05 Publié le 20/07/2017 à 05:05

L'agent du lycée condamné pour un acte obscène

Un employé du lycée Albert-Ier a comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre d'un comportement déplacé à l'égard d'une élève, mineure de surcroît.

Un employé du lycée Albert-Ier a comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre d'un comportement déplacé à l'égard d'une élève, mineure de surcroît. Il est soupçonné d'avoir, au self-service de l'établissement, embrassé de force la lycéenne tout en lui touchant les fesses. Les juges ont condamné ce Monégasque quinquagénaire à une peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis, liberté d'épreuve pendant trois ans, obligation de soins. Il devra également verser l'euro symbolique réclamé par la victime.

Une victime qui a préféré ne pas se présenter à l'audience, probablement pour ne pas avoir à revivre l'agression. Elle était représentée par son conseil.

« La seule personne que j'ai draguée, c'est ma femme »

Le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle a commencé par décortiquer les faits survenus le 20 octobre dernier à l'heure du déjeuner. « Vous souvenez-vous d'avoir eu une conversation avec la lycéenne ? », demande-t-il au prévenu qui conteste d'emblée toute faute.

« Je ne la connais pas, répond-il. Et on n'a pas le droit de parler aux élèves. Les seuls mineurs que j'embrasse, ce sont mes petits-enfants… » Le magistrat reprend quelques passages de la déposition de la plaignante, au moment où elle a déposé son plateau : « Un agent de service m'a appelé par mon prénom. C'est flippant ! Il m'a dit qu'il habitait Fontvieille et m'a demandé mon numéro de téléphone en disant : "Je t'aime bien, je voudrais te revoir…" Puis il m'a fait une bise appuyée en posant sa main sur ma fesse droite. J'étais choquée. J'en ai parlé à mes copines. »

L'employé persiste dans ses dénégations.

« Un témoin raconte qu'en février 2014, poursuit le président, vous l'aviez embrassée en la tenant par la taille. Une autre copine affirme : "J'ai eu des soucis avec cet individu en mars 2016. Il me tournait autour avec un regard insistant et un comportement pervers et il a commencé à me parler du genre "Je te vois souvent seule et ça me fait de la peine". »

Le fautif affirme ne pas connaître la fille qui a témoigné et concernant la seconde, c'était un compliment. Il nie formellement les autres accusations à la barre.

« Comment expliquez-vous, rectifie le président, qu'un surveillant s'est senti obligé d'intervenir, et que le proviseur vous ait fait des reproches sur votre comportement ? Avez-vous vu un psychologue ? » Réponse catégorique : « Non ! Je n'ai rien fait de mal. Je suis peut-être trop familier, mais sans arrière-pensées. J'ai fait une seule chose : mon travail ! Je suis bien dans ma tête. La seule personne que j'ai draguée, c'est ma femme… »

Un « fantasme d'adolescente » ?

La partie civile s'interroge : « Je suis en face d'une personne dans le déni total, constate Me Thomas Giaccardi. Faut-il donner du crédit aux affirmations de ma cliente ou aux dénégations du prévenu ? C'est un mode de défense inquiétant. Monsieur est un menteur professionnel qui a une pathologie… Nous réclamons l'euro symbolique. »

L'avocat n'est pas le seul à relever que le prévenu ne répond qu'à demi-mot dans la recherche fastidieuse de la vérité. Le procureur Alexia Brianti aussi. « La victime n'a aucune raison de mentir. Cet homme, à la personnalité inquiétante, serait victime d'un complot. Or, embrasser une élève de 17 ans est un acte impudique, obscène. On est dans une école publique. Afin qu'il se tienne à carreau, je requiers six à huit mois d'emprisonnement assortis du sursis. »

La défense instillera le doute. « Y a-t-il dans ce dossier une preuve de culpabilité ? clame Me Franck Michel. Les faits se sont-ils produits ? Il n'y a aucun témoin et une présomption d'innocence. Les déclarations de l'une et de l'autre ne sont pas des éléments probants. Donc, on n'a rien ! On fait tout pour monter ce dossier en épingle. Mettre la main sur la hanche, embrasser sur la joue, cela n'a rien d'obscène. La victime n'est-elle pas mythomane ? Cette histoire, c'est du fantasme d'adolescente. Mon client est peut-être maladroit, mais ce n'est pas un pervers. Si vous le condamnez, il perd son poste… »

Le tribunal optera pour une réduction des réquisitions du ministère public.


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