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"Je n’ai pas fait ça pour la tuer". Accusée d'avoir étouffé sa patronne avec un coussin, l'auxiliaire de vie fataliste

Mis à jour le 03/07/2020 à 06:12 Publié le 02/07/2020 à 21:55
Le meurtre de Danièle Ritorto a-t-il été prémédité? Cette question sera au centre des débats ce vendredi.

Le meurtre de Danièle Ritorto a-t-il été prémédité? Cette question sera au centre des débats ce vendredi. Photo DR

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"Je n’ai pas fait ça pour la tuer". Accusée d'avoir étouffé sa patronne avec un coussin, l'auxiliaire de vie fataliste

Danièle Ritorto, 74 ans, est morte étouffée sur son lit le 29 mars 2016 à Menton. Son auxiliaire de vie, accusée de l’assassinat, admet s’être battue sans jamais avoir eu l’intention de la tuer.

Il y a d’un côté Valérie Pisano, quinquagénaire fluette de 48kg, auxiliaire de vie.

De l’autre, Danièle Ritorto, septuagénaire obèse et cardiaque. Toutes deux se retrouvent assises côte à côte sur le rebord d’un lit, l’après-midi du 29 mars 2016. L’une est criblée de dettes, l’autre ne fait pas mystère de son aisance financière.

Le climat n’est pas au beau fixe. La veuve aisée a compris que son employée lui avait dérobé trois chèques. Elle a menacé de déposer plainte. Valérie Pisano vient de lui promettre, de la rembourser rubis sur l’ongle les quelques centaines d’euros indûment perçus.

Que s’est-il alors passé? Les deux femmes ont déjeuné ensemble devant "les Feux de l’Amour" et semblaient avoir réglé leur différend.

Valérie Pisano évoque un coup de canne, un tirage de cheveux, des griffures. Le combat est a priori inégal. Pourtant, sur les photos de la reconstitution diffusées sur les écrans de la cour d’assises, Valérie Pisano a pris le dessus.

Elle est à califourchon sur Danièle Ritorto. Elle maintient un coussin sur le visage de sa patronne. La lutte des classes se transforme en combat fatal.

"Il est arrivé ce qui est arrivé", résume l’accusée, l’air désolé.

Un calmant dans le café

Valérie Pisano secoue Danièle Ritorto, lui jette un verre d’eau au visage mais il n’y a plus rien à faire. Sauf à appeler les secours. Ce qu’elle ne fait pas.

Ce que lui reproche Didier Guissart, le président de la Cour. Elle claque la porte de l’appartement et s’enfuit. Il faudra attendre plus d’un an avant son interpellation par la brigade criminelle.

Les images de la police confirment les hypothèses du médecin légiste, qui exclut "une strangulation manuelle mais plutôt l’utilisation d’un coussin".
 La compression de la cage thoracique combinée au blocage des voies respiratoires a été fatale.

"D'autres lésions traumatiques restent sans explication", ajoute cependant le médecin, ce qui laisse supposer que l’accusée n’a pas tout dit.

Quant aux médicaments psychotropes retrouvés dans les analyses de la victime, l’expert estime qu’ils ont pu diminuer sa capacité de résistance.

Dans le box des accusés, Valérie Pisano, qui vient de passer une journée tranquille, tant les débats se sont focalisés sur le chauffeur de la défunte, est sommée de s’expliquer.

Assassinat ou coups mortels?

Le jour du drame, Danièle Ritorto lui avait donné rendez-vous. Une nouvelle auxiliaire de vie avait été embauchée la veille. Valérie Pisano avait déjà l’assurance que le 30 mars, une généreuse commerçante monégasque allait lui prêter 3.000 euros.

La situation n’était donc pas désespérée. Le président Guissart cherche vainement à comprendre:  
"- Vous dites à Mme Ritorto que vous allez partir. Elle râle, précisez-vous.
- Oui. Et au moment où je pars elle me met un coup de canne.
- Pour autant vous ne partez pas mais en plus vous allez chercher son courrier et vous lui préparez un café dans lequel vous mettez un médicament.
- Oui je le mets et je l’enlève.
- Dans quel but?
- Je voulais l’apaiser. Partir dans de bonnes conditions. Elle m’a attrapée par les cheveux, je me suis retrouvée à genoux entre ses jambes. Il fallait qu’elle arrête de hurler."

La présence de plusieurs psychotropes dans le sang de la défunte, qui se plaignait d’être inexplicablement diminuée, a poussé le juge d’instruction à renvoyer l’accusée pour assassinat.

L’avocat général Clotilde Ledru-Tinseau tentera de démontrer (ce qui n’est pas évident au regard du dossier) que Valérie Pisano a mûrement préparé son crime. Me Matthieu Bottin, l’avocat de la défense pense au contraire qu’il s’agit de violences qui ont dégénéré.

Les bras ballants, mains ouvertes, Valérie Pisano le répète encore incrédule, des sanglots dans la voix: "Je me retrouve du jour au lendemain criminelle. Je n’ai pas fait ça pour la tuer quand même!"

Verdict ce vendredi.

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