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"Je devais aller au marché de Noël": il heurte un cycliste à Monaco avec sa berline et file sans faire de constat

Mis à jour le 24/08/2020 à 17:19 Publié le 24/08/2020 à 17:19
Le marché de Noël de Monaco

Le marché de Noël de Monaco Photo Jean François Ottonello

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"Je devais aller au marché de Noël": il heurte un cycliste à Monaco avec sa berline et file sans faire de constat

À l’arrivée des services de secours, le chauffeur de l’Audi est parti sans faire de constat. Il a été retrouvé grâce au témoignage d’un passant et l’immobilisation du véhicule.

L’affaire évoquée devant le tribunal correctionnel résultait plus du comble de l’inconscience que du délit de fuite.

Le 7 décembre 2019 à Monaco, en effet, vers 17 heures, un homme descendait l’avenue du Port à vélo sur la voie de droite. Parallèlement, une berline Audi, conduite par un chauffeur natif de Brazzaville, roulait sur l’axe de circulation de gauche.

Au niveau des feux tricolores, l’automobiliste changeait de direction pour prendre l’avenue de la Quarantaine. Il ne percevait pas le cycliste positionné sur la chaussée de droite. C’est l’accident !

Le puissant véhicule percutait l’homme à bicyclette du côté de la portière passager avant. Le cycliste, sans casque de protection, tombait sur le macadam après avoir tapé de la tête.

Là apparaît cette absence de jugement notoire dans ses actes de la part du chauffeur. Certes, il proposait à la victime, assez sonnée par le choc après s’être relevée, de la conduire à l’hôpital le plus proche.

Mais les pompiers de la Principauté, en veille permanente, dont la caserne est située à deux pas des lieux, intervenaient dans la seconde.

Face à l’arrivée des secours et la prise en charge immédiate du blessé pour le transporter au CHPG, le conducteur de l’Audi s’en allait tranquillement trouver une place de stationnement sur l’avenue de la Quarantaine proche.

Il cherchait en fait à rejoindre le marché de Noël installé sur le boulevard Albert-Ier.

"Je devais aller au marché de Noël"

À l’audience, le président Florestan Bellinzona s’étonne de cet état d’insensibilité apparente où le prévenu n’a ni perçu, ni imaginé les conséquences de son comportement. « Dans pareille situation, il fallait faire au moins un constat. En fait vous partiez sans rien dire. Grâce à des indications d’un témoin qui avait relevé votre immatriculation, on vous a retrouvé en mettant un sabot de Denver afin d’immobiliser votre véhicule. Le plaignant s’est vu prescrire tout de même quatre jours d’ITT. Pourquoi avoir réagi de la sorte ? »

À la marche, l’intéressé, âgé de 38 ans, se dédouane par un manque de lucidité mêlé à des propos brefs et assez simplistes.

« Je n’ai pas fait le lien. Quand j’ai vu tout ce monde autour de la personne à terre, et que les services de secours arrivaient, j’étais rassuré… Je devais aller au marché de Noël… »

La procureure Alexia Brianti intervient afin de remettre bon ordre dans le déroulement des faits et cibler avec justesse les responsabilités.

Deux amendes assorties du sursis

« Monsieur conteste les blessures involontaires ? Or, il s’est déporté brusquement sur la droite et a coupé la route à la victime en changeant de direction. Aujourd’hui, le plaignant a un certificat de perte de la mémoire. Vous prononcerez une première amende de 500 euros, assortie du sursis ».

Et de rajouter afin de solliciter une seconde peine pécuniaire pour le délit : « Nous ne sommes pas devant le cas d’une personne qui ne s’est pas arrêtée. L’individu est parti sur le schéma d’un cycliste qui s’est relevé et les pompiers sont intervenus entre-temps. Il s’est rendu fautif et négligent en ne laissant aucun moyen de l’identifier. Quitte à donner au moins son nom. Sans les déclarations d’un témoin, on aurait jamais retrouvé l’auteur des faits ».

Le tribunal retiendra les réquisitions du ministère public en minorant les deux montants : 400 euros et 200 euros d’amendes toujours avec le bénéfice du sursis.

* Assesseurs : Mmes Françoise Dornier et Geneviève Vallar.

L’élément intentionnel fait défaut

Les reproches faits à son client ne sont pas acceptés par la défense.

« Le manque de constat ? Cet homme était sans doute paniqué et très préoccupé par la santé du blessé, admet logiquement Me Pierre Dini, du Barreau de Nice, il n’a même pas constaté ses propres dégâts ! Quand il a été rassuré par l’intervention des pompiers, il est parti au marché de Noël. N’oubliez pas qu’il est retourné sur les lieux de l’accident… De là à proposer une sanction pénale… Le témoin ? Analysez ses propos au cours de son audition. Il ne se souvient pas très bien de sa position au moment du choc. Puis, il avait vu le cycliste pédaler sans tenir le guidon. L’élément intentionnel fait défaut. Mon client a un casier vierge et il travaille à Monaco pour des employeurs auxquels il donne une entière satisfaction ».

La relaxe est sollicitée et un supplément d’informations proposé.


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