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Ivres, ils agressent un touriste homosexuel: deux étudiants devant la justice à Monaco

Ils n’avaient pas apprécié d’être éconduits par la victime, accompagnée de deux amies, au sortir d’une boîte de nuit de Monaco. Rixe et insultes homophobes ont suivi. Deux étudiants ont comparu devant le tribunal correctionnel de Monaco. Ils ont écopé d'une peine de prison avec sursis.

Jean-Marie Fiorucci Publié le 25/08/2021 à 12:30, mis à jour le 26/08/2021 à 07:15
Vers 6 heures, bien éméchés, les prévenus ont frappé à coups de pied et insulté un touriste homosexuel. Photo archives J-F. O.

Mauvaise stratégie ou lamentable plan? Deux étudiants de vingt ans, en vacances en Principauté, ont surtout privilégié un plaisir médiocre le samedi 14 août, au sortir d’une discothèque.

Vers 6 heures, bien éméchés, ils ont frappé à coups de pied et insulté un touriste homosexuel accompagné d’un couple d’amies. Les deux Franciliens n’avaient pas accepté d’être repoussés par le plaignant mosellan, qui n’avait d’ailleurs aucun intérêt à se laisser intimider.

Mais à vouloir trop prétendre, ces frustrés, transformés en mufles, n’avaient pas hésité à mettre la pression et harceler avec insistance le trio afin de draguer lourdement les jeunes femmes.

"Qu’ils repartent en messagers de la rigueur monégasque"

Les deux prévenus ont comparu menottés à l’audience de flagrance, où ils ont réfuté tous propos homophobes. Ils niaient également toute implication dans les violences reprochées. S’il y a eu quelques gestes brutaux, c’était uniquement pour se défendre réciproquement.

Comment reconnaître la vérité dans cet imbroglio entre des différentes déclarations discordantes des détenus, des témoins et de la victime? Ce n’est pas un problème pour le président Jérôme Fougeras Lavergnolle d’instruire ce genre d’affaire. D’ailleurs, le magistrat a obtenu d’un des prévenus, certes du bout des lèvres, l’aveu d’un coup porté dans le dos du Mosellan et l’autre lui a confié être l’auteur de sa chute. Et d’entendre communément que les trois jours d’incarcération les ont choqués.

 

"Les caméras confirment vos délits, a conclu le président, toutefois vos casiers sont néants." Ce sont tout de même des faits détestables de violence qui laissent pantois le procureur général adjoint Olivier Zamphiroff.

"Que faut-il penser quand on agresse une personne et que l’on est traumatisé par la garde à vue, la prison? Mais où est-on? C’est un droit à Monaco de sortir librement le soir. On est aussi en droit d’attendre de la courtoisie! Ne vous laissez pas assujettir à l’équation jeunesse-alcool. Où est la confusion? L’incarcération n’a pas été bénéfique à une réflexion. On préfère critiquer le système. Il n’est toutefois pas utile de garder ces personnes en Principauté. Mais qu’ils repartent comme des messagers de la rigueur monégasque. Quatre mois avec sursis plus 800€ d’amende pour le plus jeune. Majorez la peine pour l’autre qui n’en a tiré aucune leçon: sept mois avec sursis."

La défense prédit bon courage pour démêler le vrai du faux.

La défense pourrait faire appel

"C’est plus complexe pour ces jeunes de confession juive, clame Me Thomas Brezzo. Balayez les injures, car aucun élément ne permet de confirmer les propos attribués à mes clients. Relaxez-les! Les violences? C’est aussi une cacophonie. Les prévenus reconnaissent partiellement leurs faits. Du côté des témoins, aucun n’évoque des coups portés à terre. Et la vidéo ne permet pas d’identifier ou d’affirmer avec certitude les véritables auteurs de l’infraction. Oui, le taux d’alcool va leur donner des ailes quand ils prennent la défense de leurs amis. Voilà la vérité de ce dossier bête et méchant. Trois jours à la maison d’arrêt leur ont fait passer l’envie de revenir devant d’autres juridictions pour des faits similaires. J’ai suffisamment porté de crédit à cette demande de relaxe."

 

Relaxe pour les injures. Mais le tribunal reste inflexible pour les violences : six mois avec sursis pour chacun. L’avocat réfléchit à un éventuel appel.

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